Actualités Environnement Deux jeunes orignaux égarés dans les rues du centre-ville

Deux jeunes orignaux égarés dans les rues du centre-ville

Quelques Rimouskois ont eu la grande surprise, très tôt ce matin, de voir deux jeunes orignaux égarés circuler près de l’hôtel de ville, sur l’avenue de la cathédrale.

Un endroit inhabituel, selon notre chroniqueur de chasse et de pêche, Ernie Wells, car si on voit assez souvent des animaux dans le territoire urbain de Rimouski, ils se trouvent habituellement plus près du fleuve et de l’embouchure de la rivière Rimouski.



« Je suis un peu surpris. C’est plutôt exceptionnel qu’on en voit à cet endroit. Habituellement, ils vont surtout descendre la rivière Rimouski et se retrouver près des terrains d’Hydro-Québec, dans Nazareth ou jusqu’à l’île Saint-Barnabé. Il y a deux phénomènes, ici. Ce sont de jeunes orignaux d’un an, environ, qui ont été expulsés de la cellule familiale par leur mère, pour qu’ils fassent leur apprentissage de la vie. Cela signifie que la mère a eu d’autres petits et qu’elle veut s’en occuper », estime monsieur Wells.

Être autonomes


« Il faut qu’ils soient autonomes et là, ils sont un peu rebelles et perdus. Il peut arriver aussi que ce soit en raison de la prolifération de toutes sortes d’insectes, dont des mouches, à cette période de l’année. C’est plutôt rare qu’on les aperçoit près de l’hôtel de ville. Ils descendent habituellement tout le long de la rivière Rimouski pour arriver à l’embouchure, à partir souvent de la réserve Rimouski, endroit où il y a plus d’orignaux que n’importe quel autre dans Rimouski-Neigette », précise aussi le réputé chroniqueur.

Le journaliste et chroniqueur Ernie Wells. (Photo: Courtoisie)

Ça bouge en forêt



« Il faut aussi avoir à l’esprit qu’il y a beaucoup de monde en forêt ces jours-ci. La pandémie a fait en sorte que les Québécois ont redécouvert les plaisirs du plein air et de la forêt. Ils se promènent plus que jamais, observent et font un peu de tout. Ça bouge beaucoup en forêt et ça dérange les animaux, dont les orignaux. Nous sommes définitivement dans un pays d’orignal. Et il y a une explosion des populations d’orignaux ces dernières années, notamment en raison de l’application du principe d’alternance qui protège la femelle une année sur deux. Ça permet aux femelles orignal de fabriquer des petits. Ce sont de véritables usines à « bébés » », affirme monsieur Wells.

Plus de trois orignaux au km carré


« La réserve Rimouski et le lac Rimouski comptent 32 orignaux aux 10 km carrés, soit 3,2 orignaux au km carré. Il y en a beaucoup. Plus on s’éloigne de la réserve et plus la densité diminue, mais la réserve est une pouponnière d’orignaux qui alimentent la ZEC Bas-Saint-Laurent, la pourvoirie Lechasseur, les territoires libres et la ZEC Owen. Au Bas-Saint-Laurent/Gaspésie, on dénombrait, avant chasse, l’an dernier, quelque 35 000 orignaux. Cette année, il y a eu beaucoup de naissances au printemps, parce qu’on a eu un printemps hâtif. Ça a bien été de ce côté, mais à l’automne, on risque de se retrouver avec plus de tiques sur l’orignal », rappelle-t-il.

« La tique d’hiver est un parasite qui s’accroche aux orignaux vers octobre. Elle passe l’hiver dans la fourrure de l’orignal, dans les endroits les plus humides. La tique se gorge de sang et tombe de l’orignal en avril. Quand il y a encore de la neige, elle meurt, mais si ce n’est pas le cas, cela favorise leur prolifération », explique enfin Ernie Wells.


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