Éditorial Transports d’aujourd’hui.

Transports d’aujourd’hui.

Dans les derniers jours, plusieurs touristes ont sillonné les routes de l’Est-du-Québec pour leurs vacances estivales. Pour se rendre à destination, ils auront certainement dû rencontrer les « fameux » feux de circulation de la Fromagerie à Trois-Pistoles, qui causent des maux de tête à beaucoup de voyageurs. De longues filées d’automobiles en marche, moteurs au ralenti, qui doivent pratiquement rester immobiles pour plus de 90 minutes. 

Ce phénomène est un symptôme du manque de vision du Gouvernement du Québec en matière de mobilité des transports et de l’occupation du territoire. Au lieu de mettre en place un plan pour des infrastructures de transport efficaces de Gatineau à Gaspé, le Gouvernement semble davantage intéressé à répéter les mêmes vieilles recettes qui commencent à « dater ».



Il faut, dès maintenant, réfléchir à une solution qui nous permettra d’occuper intégralement notre territoire et surtout de relier les extrémités de celui-ci le plus rapidement possible. Des solutions qui seront  « en phase » avec le développement durable. 

Plusieurs solutions à court, moyen, long termes seraient envisageables pour améliorer la situation. La diversification des modes de transports comme l’amélioration du transport ferroviaire ou encore le cabotage seraient des méthodes à court terme qui pourraient aider à améliorer la mobilité dans l’Est-du-Québec, principalement pour le transport de marchandises. Bien entendu, l’éventualité de terminer l’autoroute 20 selon des méthodes modernes et en respectant les normes environnementales d’aujourd’hui serait aussi un moyen de diminuer la pression sur les infrastructures actuelles. 


Le N/M Bella Desgagnés au quai de Rimouski (Photo : Félix Mathieu-Bégin)

Pour occuper réellement notre territoire, il faut réduire le temps consacré à quitter les grands centres pour se rendre en région. Plus ce temps sera court, plus il sera facile d’accélérer les possibilités d’échanges économiques et sociaux. 

Une solution est en cours de développement et il s’agit du concept de l’« Hyperloop ». Le concept attaché à ce produit est de créer un réseau de tubes sous basse pression, aérien ou souterrain. Dans ces tubes, des véhicules seraient propulsés par un champ magnétique créé par des moteurs à induction linéaires. Par la puissance de cette force magnétique, ces véhicules pourraient voyager à des vitesses de 1 100 km/h. Pour vous donner un ordre d’idées, à cette vitesse, on pourrait compléter le trajet de 500 km Montréal-Rimouski en moins de 30 minutes ou encore celui de Gatineau et Gaspé en une heure. De cette manière, un résident de Gaspé pourrait facilement travailler au centre-ville de Montréal et revenir dormir chez lui le soir même. Plusieurs entreprises travaillent sur leur version de cette innovation, on peut notamment penser à une initiative de Toronto nommée le « Transpod ».



Une proposition d’une infrastructure Transpod (hyperloop) (Photo : Transpod)

Ce genre d’idée peut paraître farfelue ou encore irréaliste, mais s’il y a un peuple qui peut réussir à réaliser ce défi c’est bien celui du Québec. Nous avons inventé la ligne de transport de 735kV qui a été une première internationale; nous avons des ingénieurs qui se classent parmi les meilleurs au monde, bref nous avons tous ce qu’il faut pour réaliser ce grand projet du 21e siècle. 

Maintenant, il ne manque que la vision politique et un plan pour développer le Québec. Il faut dès aujourd’hui mettre en place des modes de transport dignes d’aujourd’hui, des solutions de déplacement dignes de notre époque.



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