Éditorial Une élection ennuyante

Une élection ennuyante

Avec près de 12 jours sur 36 de la présente campagne électorale fédérale, le mot est faible pour dire que localement, il ne se passe pas grand-chose. 

Si nous regardons la situation dans Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les-Basques, selon Élection Canada nous avons seulement le député sortant et candidat du Bloc Québécois, monsieur Maxime Blanchette-Joncas qui s’est qualifié officiellement à titre de candidat. Bien entendu, la plupart des principaux partis ont aussi confirmé des candidatures : pour le parti Libéral du Canada, madame Léonie Lajoie et pour le parti Conservateur du Canada, madame France Gagnon. Pour le Parti néodémocrate, pour l’instant, aucune candidature n’a été présentée. Mis à part des affiches électorales du député sortant, des sorties publiques et quelques communiqués de celui-ci et une affiche de la candidate libérale dans un local sur le boulevard Jessop, il n’y a pas beaucoup de mouvement dans la région. 



Aucun signe des autres candidates et candidats. C’est le silence radio, nonobstant l’invitation du journal le soir à répondre à un questionnaire personnalisé, auquel deux candidats ont répondu jusqu’à maintenant.

Pourtant, plusieurs enjeux importants pour la région méritent d’être débattus dont par exemple l’avenir de l’édifice fédéral à Rimouski ou la relance économique dans toute la circonscription.


Une affiche électorale de la candidate libérale Léonie Lajoie sur un bâtiment du boulevard Jessop à Rimouski. (Photo : journallesoir.ca, Samuel Ouellet)

Du côté d’Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia, déjà du point de vue d’Élection Canada, nous avons une candidature officielle, celle de la députée sortante Kristina Michaud qui d’ailleurs rendaient publiques, hier, ses priorités pour développer sa région dans un prochain mandat. Elle affrontera, pour le Parti Libéral du Canada, Louis-Éric Savoie, pour le Nouveau Parti démocratique Christel Marchand et Éric Barnabé pour le Parti populaire du Canada. Comme dans la circonscription voisine, il n’y a pas beaucoup d’action. Même si les choses semblent plus dynamiques, les candidats ont envoyé des communications pour signifier leur pedigree dans des sujets plus généraux. La députée sortante a actuellement le champ libre; elle est la seule, du moins pour le moment, qui a un plan de match pour défendre ses commettants à Ottawa. Il faut se souvenir que le vote par anticipation commence le 10 septembre prochain. Il est peut-être temps pour les autres de s’activer un peu.

Une élection est une belle occasion pour mettre de l’avant les meilleures idées afin de rendre nos régions meilleures à plusieurs points de vue. En ce moment, du temps se perd pour expliquer concrètement ce que les différents partis politiques ont à offrir pour les gens de chez nous. Une campagne de chef ça n’intéresse pas grand monde. Si c’est la stratégie pour noyer le poisson et bien c’est un brin antidémocratique de procéder ainsi. 



Le travail d’un candidat n’est pas seulement de mettre sa face sur un poteau, c’est aussi d’aller à la rencontre des citoyens, de mettre ses idées de l’avant sans recopier les communiqués nationaux du parti et, surtout, c’est de convaincre que lesdites idées sont les meilleures pour permettre aux gens d’ici d’améliorer leur qualité de vie en général. 

La députée sortante et candidate du Bloc Québécois dans Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia en action sur le terrain. (Photo : Facebook/Kristina Michaud)

Ce n’est pas comme s’il manquait de sujet à débattre. Il suffit de nommer la lutte à la COVID-19, la relance économique, les changements climatiques, le traitement des aînés dans notre société et plusieurs autres sujets importants pour le quotidien des gens de l’Est-du-Québec, qui ne manquent pas de vaillance ni de résilience.


D’ailleurs, il faut se rappeler une chose : l’important ce n’est pas d’avoir une députée ou un député au pouvoir, ce qui est important c’est que cette personne défende avec ardeur et passion les intérêts de sa région. Donc, il ne faut pas croire qu’une personne qui ne daigne même pas faire une campagne active auprès de ses électeurs aura plus d’énergie pour les représenter au moment d’une potentielle obtention du poste de députée ou député. 

On doit s’attendre à plus qu’une élection ennuyante, surtout à l’époque dans laquelle on vit. Dans les prochains mois et années, nous connaitrons une période charnière qui définira pour plusieurs décennies la qualité de notre avenir. Les décisions prises par les gouvernements qui nous représentent seront d’autant plus importantes, il faudrait donc s’intéresser d’autant plus à ces propositions. Par respect et surtout par conviction, pour ceux que ça concerne, il est grand temps de commencer à faire campagne et d’aller à la rencontre de ceux qui vous donneront le privilège de devenir députée ou député. 


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