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Nouvelle de 17 h

La pénurie de main-d’œuvre aurait coûté 3,15 milliards $ au Bas-Saint-Laurent

Le secteur manufacturier manque cruellement de travailleurs. (Photo: Unsplash photos)

Dix-huit milliards de dollars. C’est le montant que l’industrie manufacturière québécoise estime avoir perdu depuis deux ans en raison de la pénurie de main-d’œuvre.

Au Bas-Saint-Laurent, ces pertes sont estimées à 3,15 milliards de dollars sur deux ans.

Les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie se positionnent d’ailleurs au deuxième rang des régions du Québec affichant les pertes économiques les plus élevées. Cette conclusion préoccupante émerge de la tournée de consultations réalisée auprès d’entreprises manufacturières de 10 régions à l’échelle de la province menée par Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) et d’un sondage effectué auprès de 400 manufacturiers d’ici.

Au Québec, comme dans la région du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, la situation est alarmante. Parmi les faits saillants touchant de la région, soulignons :

→87,5 % des entreprises sondées ont dû refuser des contrats et/ou accumuler des retards de production dans les 2 dernières années à cause de la pénurie de main-d’œuvre.

→629 des postes à combler sont dans la catégorie des salaires de 20 $/h à 29 $/h.

→25 % des entreprises sondées ont envisagé de déménager une partie de leurs activités à l’étranger ou de donner davantage de contrats en raison de la pénurie de main-d’œuvre.

→Les régions de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine-Bas-Saint-Laurent souffrent davantage de la pénurie de main-d’œuvre, affichant parmi les plus hauts taux de postes vacants.

*Données combinées pour les régions du Bas-Saint-Laurent — Gaspésie Îles-de-la-Madeleine. Les données du sondage ont été récoltées entre le 19 mai et le 24 juin 2021 auprès de 401 entreprises manufacturières québécoises.

Frein à la relance

« La pénurie de main-d’œuvre est un frein à la relance économique. Combien d’argent le gouvernement est prêt à perdre dans les prochaines années? Combien d’entreprises devront refuser des contrats, délocaliser une partie de leurs activités à l’étranger ou réduire leur croissance ou fermer avant que l’on s’attaque à la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur manufacturier avec des mesures qui ont de l’impact? », mentionne Véronique Proulx, présidente-directrice générale de MEQ.

Besoins criants

 Le constat est d’autant plus préoccupant du fait que la situation est généralisée à l’ensemble de l’industrie. En effet, 98,5 % des entreprises sondées affirment avoir besoin de main-d’œuvre et 70 % d’entre-elles disent refuser des contrats ou payer des pénalités de retards de production. Plusieurs doivent d’ailleurs ralentir leurs activités et certaines songent même à déménager leur entreprise. Près d’une entreprise sur 4 a besoin de combler 20% ou plus de sa main-d’œuvre. Dans les faits, ce sont les postes aux salaires entre 20 à 29 $ de l’heure qui sont le plus en demande dans le secteur manufacturier (49%). Parmi les postes les plus difficiles à combler se trouvent les postes de journaliers, d’opérateurs, de soudeurs, de machinistes, de manœuvres, d’assembleurs, de techniciens, de mécaniciens et d’ingénieurs.

Un record de 25 000 emplois vacants

Rappelons que le secteur de la fabrication au Canada, au deuxième trimestre de 2021, a 65 905 postes vacants, dont 25 330 seulement au Québec, un record. Il y a ainsi 5 935 postes vacants de plus dans le secteur de la fabrication qu’au deuxième trimestre de 2019.

« Le bassin actuel de travailleurs actuel ne suffit tout simplement pas. Le gouvernement doit proposer des mesures spécifiques pour pallier la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur manufacturier et aligner ses programmes au manufacturier pour avoir une vision d’ensemble concertée et cohérente qui aura un réel impact. C’est le temps d’agir », explique madame Proulx.

 D’ailleurs, dans le sondage de MEQ, deux entreprises sur trois croient que le gouvernement du Québec pourrait en faire beaucoup plus pour aider à régler le problème de pénurie de main-d’œuvre. Ainsi, MEQ demande au gouvernement du Québec de revenir au même nombre de postes vacants dans le secteur manufacturier qu’avant la pandémie. Il faut ainsi passer de 25 330 postes vacants (2e trimestre de 2021) à 16 425 (4e trimestre de 2019) et donc de diminuer d’au moins 8 905 le nombre de postes vacants dans le manufacturier québécois, d’ici un an.

Mise à jour

MEQ effectuera une mise à jour de son sondage chaque année afin de mesurer l’évolution des impacts économiques et faire le point sur les différents critères évalués. Des actions spécifiques au manufacturier doivent être mises en place Pour ce faire, MEQ demande au gouvernement du Québec de mettre en place un plan d’action, le Grand Blitz pour le manufacturier, avec des mesures spécifiques pour le secteur.

Mesures

L’Association propose ainsi 13 mesures pour pallier la pénurie de main-d’œuvre, dont :

– Accès plus important aux travailleurs étrangers;

-Augmenter les seuils d’immigration économique permanente et accélérer le processus d’admission, en tenant compte des besoins du secteur manufacturier. Des délais de 18 mois sont également demandés;

-Accélérer l’arrivée des travailleurs étrangers temporaires en faisant passer le délai moyen de traitement des dossiers à neuf mois;

-Mettre en place, par région, des missions de recrutement international au sein des pays de la francophonie pour des emplois en demande dans le secteur manufacturier;

– Mieux appuyer et outiller les PME manufacturières qui font de la formation à l’interne;

– Mieux faire connaître le secteur manufacturier auprès des clientèles éloignées du marché du travail;

-Attirer les jeunes dans le secteur manufacturier;

-Accentuer le soutien financier et l’accompagnement technique des entreprises manufacturières en matière d’automatisation et de robotisation.

« Le premier ministre Legault nous dit qu’il veut augmenter le volume de produits fabriqués au Québec. Pour ce faire, nous demandons au gouvernement de prendre des actions concrètes, spécifiques au secteur manufacturier, et ce, dès maintenant. Il faut aligner les programmes gouvernementaux sur les besoins des manufacturiers si nous voulons augmenter notre empreinte manufacturière », conclut madame Proulx.

Pour consulter le plan d’action complet de MEQ concernant le Grand Blitz du manufacturier, cliquez ici.

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