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Nouvelle de 18 h

Essence : vers un mouvement de boycottage?

Un chroniqueur radio lance l’idée
Alors que cette station service du centre-ville affichait 1,49 $ le litre en début d’après-midi, aujourd’hui, une autre affichait 1,42 $, dans le district Sacré-Coeur. (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

Le prix de l’essence au litre a diminué ces derniers jours, à Rimouski, ce qui n’empêche pas bien des automobilistes d’être mécontents du traitement que réservent les compagnies pétrolières aux gens de la capitale du Bas-Saint-Laurent.

Juste en sillonnant les rues de Rimouski aujourd’hui, le journal a constaté que même deux stations-service situées à quelques kilomètres de distance pouvaient afficher un prix différent. Après un prix à 1,52 $ le litre d’essence ordinaire, la semaine dernière, l’auteur de ces lignes a observé deux prix différents à Rimouski, à 1,42 $ et à 1,49 $ le litre, aujourd’hui. Cette baisse soudaine pourrait nous réjouir, mais on peut s’attendre à une hausse soudaine pour la période des Fêtes, autour du 20 décembre.

Stratégie

La stratégie des compagnies pétrolières a souvent été de faire monter les prix au moment où de nombreux citoyens se retrouvent en vacances ou en période de déplacement intense. Prenez-en note et vous constaterez à quel point cela peut être vrai.

Métal du Golfe_VF

Le député à l’Assemblée nationale, Harold LeBel, a secoué les puces du gouvernement de la Coalition Avenir Québec à ce sujet, la semaine dernière. « « Ici, on paie toujours plus cher qu’ailleurs! C’est encore plus cher aujourd’hui à Rimouski qu’à Montréal. Ce n’est pas normal. Avouez que l’écart est très important! Que se passe-t-il donc à Rimouski? », constatent et demandent plusieurs consommateurs, avec raison. J’ajoute à ces observations que cette importante disparité s’explique d’autant plus mal que s’ils roulent à environ 50 kilomètres à l’Est ou à l’Ouest de chez eux, les automobilistes rimouskois paieront leur essence trois ou quatre cents moins chers le litre, à Trois-Pistoles ou à Mont-Joli. Existe-t-il donc un « triangle des Bermudes pétrolier » dans Rimouski-Neigette? », constatait notamment monsieur LeBel.

Boycottage

Lors de son intervention hebdomadaire sur les ondes de la radio CFYX, hier, le chroniqueur société et syndicaliste, Yanick Proulx, a rappelé qu’un mouvement de boycottage a déjà connu du succès à Rimouski. Un groupe de Rimouskois qui comprenait notamment l’enseignant et membre du comité de citoyens de l’époque, Côme Roy, avait organisé il y a une vingtaine d’années une campagne faisant en sorte que chaque jour, une compagnie pétrolière différente était dans la mire des citoyens mobilisés, souvent en lien avec son comportement des heures précédentes. Si la compagnie untel avait monté son prix la vieille sans une justification acceptable, elle était ciblée le lendemain et la population en était avisée.

Pourquoi pas?

« Ce que je ne comprends pas, c’est qu’à Rimouski, d’habitude et souvent, on est à fleur de peau et on a la mèche courte. On se mobilise et/ou on s’oppose lorsque les choses ne font pas notre affaire. Pourtant, pour le prix de l’essence, qui apparaît une injustice inacceptable, ce n’est pas le cas. C’est pratiquement un vol à ciel ouvert. Pendant que l’essence se vendait à 1,52 $ le litre à Rimouski, il était à 1,42 $ à Sainte-Angèle, dans La Mitis. Je suis étonné que personne ne s’indigne et accepte de payer 10 cents de plus le litre sans protester. Il serait temps de refaire un mouvement comme celui de Côme Roy, à l’époque. Je ne reconnais pas l’esprit d’initiative des Rimouskois », indique monsieur Proulx en entrevue au journal le soir.

Coopératives

Par ailleurs, comme il y a quelques stations à Rimouski qui appartiennent à une coopérative, monsieur Proulx se demande pourquoi elles n’ont pas de politique de prix plus basse que les autres, par esprit de solidarité sociale.

Des questions, beaucoup de questions

« Ce n’est pas notre rôle d’organiser un quelconque boycottage, mais il faut reconnaître qu’il y a bien des questions à se poser et des situations à déplorer. Quand je regarde le prix réaliste que la région de Rimouski devrait payer, à un moment donné, je trouve qu’à trop presser le citron, on risque de nuire à l’attractivité de notre région, alors qu’on veut recruter des travailleurs pour contrer la pénurie de main-d’œuvre. Il me semble évident que les gens sont mécontents et que la colère est palpable », note l’animateur, journaliste et directeur de la production de cette station, Olivier Therriault.

« Tant et aussi longtemps que les gens qui sont derrière les prix de l’essence ne veulent pas s’expliquer, on peut penser et de demander bien des choses sur leur comportement. »

Olivier Therriault (Photo: courtoisie)

« Ce qu’on entend surtout c’est : « Pourquoi à quelques kilomètres de route, le prix du litre d’essence peut atteindre jusqu’à 10 cents de moins qu’à Rimouski ? » Les disparités sont difficiles à expliquer. On essaie de poser des questions aux gens qui pourraient nous aider à comprendre, mais c’est la loi du silence. Personne, chez les pétrolières, ne veut nous expliquer clairement les raisons de ces disparités. Sans personne qui veut nous informer, ça laisse place à l’interprétation, ça laisse place à tous les scénarios possibles. Sans évoquer une conspiration, on peut penser à une collusion. Tant et aussi longtemps que les gens qui sont derrière les prix de l’essence ne veulent pas s’expliquer, on peut penser et de demander bien des choses sur leur comportement », note aussi monsieur Therriault.

Celui-ci a d’ailleurs invité un détaillant de la région à s’expliquer, qui a refusé tout net une entrevue à ce sujet.

Coûts importants à la hausse

Par ailleurs, le directeur du Service des travaux publics de Rimouski, Patrick Caron, confirme que l’inflation préoccupe la Ville, notamment pour les coûts de l’essence associés à sa flotte de 262 véhicules.

 « C’est sûr qu’il y a un impact sur l’approvisionnement, tant pour l’acquisition de matières premières que pour le coût de l’essence. On le voit. On a des taux négociés qui sont mensuels, mais il y a une tendance à la hausse. Ce sera à suivre. Cette année, on s’est dit : « on va travailler avec les sommes qu’on a et on va s’ajuster. » Si ça continue d’augmenter, on va rester vigilant et on va travailler sur le prochain budget. C’est la même chose dans le coût des matériaux et les contrats de déneigement. Pour le moment, nous allons devoir considérer cette inflation et réaliser une meilleure gestion de nos matériaux et de nos matières premières. »

Notons enfin que les personnes qui veulent former un comité de citoyens au sujet du coût de l’essence sont invitées à contacter le journal le soir à info@journallesoir.ca, afin que la communauté en soit bien informée.

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