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Nouvelle de 18 h

« Le plan original était de me présenter pour le PQ »

Le procès contre Harold LeBel le force à abandonner sa candidature
Les péquistes choisiront leur candidat pour succéder à Harold LeBel, ici alors qu’il confirmait qu’il ne solliciterait pas un nouveau mandat, le 3 mars dernier. (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

Le député de Rimouski à l’Assemblée nationale depuis 2014, Harold LeBel, ne sera pas candidat aux prochaines élections provinciales, malgré son intention initiale et son goût de continuer de faire de la politique.

Les accusations d’agression sexuelle déposées contre monsieur LeBel il y a plus d’un an en sont la raison, non pas parce qu’il est dans une fâcheuse position, mais parce qu’il ne sera pas en mesure d’établir son innocence avant d’en appeler aux électeurs. « Je serai clair : il n’y a aucun lien entre cette décision et une potentielle présomption quant à l’issue de cette affaire », a-t-il fait savoir dans les premiers instants d’une conférence de presse, cet après-midi.

Fonction précieuse

« Dans un dossier privé pour lequel je suis interpellé, les délais de l’administration de la justice repoussent les procédures à l’automne prochain, en pleine période électorale. J’espérais vivre ce moment au printemps. C’était ce qui était prévu. Ce report, qui n’est pas de mon ressort, me place dans l’obligation de m’adresser à vous aujourd’hui. Ça me force également à prendre la décision de renoncer à ma volonté de demander à la population un troisième mandat comme député de Rimouski à l’Assemblée nationale, une fonction si précieuse à mes yeux, si chère pour moi », a affirmé monsieur LeBel.

Lien affectif puissant

S’il dit être très déçu de la situation, c’est parce qu’il a « développé un lien affectif puissant avec les gens d’ici. Un lien que je sens encore très bien présent aujourd’hui. J’aime aller à la rencontre des gens, j’aime les écouter et les représenter. J’étais prêt, avec humilité et confiance, à leur demander de continuer pour quatre autres années. »

Il dira d’ailleurs plus tard que le « plan était de me présenter à l’investiture du PQ pour un troisième mandat. »

Terminer son mandat

Il n’est aucunement question pour monsieur LeBel de ne pas mener à terme son mandat actuel d’ici sa convocation devant le tribunal.

« Je terminerai mon mandat avec sérénité. Je continuerai à défendre les dossiers de mes concitoyens et de faire le suivi de plusieurs projets dans lesquels je suis engagé. D’ailleurs, depuis lundi, j’ai entrepris une énième tournée des municipalités de la circonscription pour entendre les maires et les conseillers sur leurs ambitions pour leur municipalité. Ma vie politique a été longue et riche d’expérience. Une vie politique vécue en trois étapes, d’abord comme militant, du référendum de 1980 à l’élection de 1994, ensuite comme attaché politique ou directeur de cabinet ministériel de 1994 à 2014 et depuis, comme député et whip dans l’équipe du Parti Québécois », rappelle Harold LeBel.

Bilan

Bien qu’il ne soit pas encore parti, Harold LeBel a voulu rappeler ce qu’il a accompli dans sa carrière. Il ne sait pas encore ce qu’il fera dans sa deuxième vie. Il mentionne qu’avec ses « quelques expériences », il ne devrait pas avoir du mal à trouver à s’occuper.

« Pendant ces 42 années, la politique a fait partie de presque chacune de mes journées. Que ce soit du haut de mes 21 ans à la table du conseil exécutif national du parti avec René Lévesque, à qui je donnais mes opinions avec candeur, ou lors des rencontres de cabinet avec les Parizeau, Bouchard, Landry et Marois, et maintenant comme député de Rimouski, je pense avoir toujours été fidèle à mon engagement premier pour l’indépendance du Québec, pour le développement des régions et pour la justice sociale. »

Médecine et culture

« Je suis fier de ce que j’ai accompli comme député de Rimouski. Tout particulièrement d’avoir provoqué la mobilisation qui a permis l’établissement d’un pavillon de la faculté de médecine de l’Université Laval à Rimouski, alors qu’il était prévu qu’il n’y en ait qu’un seul à Lévis. Je pense aussi avoir été utile dans les dossiers de la réserve Duchénier, du Vieux Théâtre de Saint-Fabien, du centre multifonctionnel de Saint-Narcisse, de l’édifice municipal de La-Trinité-des-Monts, de l’ébénisterie communautaire à Rimouski, des 355 nouvelles places en service de garde annoncées ainsi que de la nouvelle école primaire à Rimouski », estime l’homme politique qui aura 60 ans l’été prochain.

Sur plusieurs années

« Je n’ai pas hésité à intervenir dans la réalisation ou le suivi de dossiers comme le Théâtre du Bic, l’avenir du port de Rimouski, le traversier, la Maison des aînés, le complexe des deux glaces, l’économie maritime et la route des Monts Notre-Dame. Je suis très heureux de l’impact du colloque Bien vieillir dans Rimouski-Neigette, que j’ai organisé il y a deux ans. Ce colloque a été la bougie d’allumage de la recherche-action sur le vieillissement dans la région et de l’engagement solidaire de nombreux partenaires. Les résultats se feront sentir sur de nombreuses années. La situation des aînés me préoccupe au plus haut point, surtout en ce temps de pandémie, d’isolement et de solitude. J’ai aussi toujours été solidaire avec le mouvement communautaire et ses revendications. Je partage ses luttes contre la pauvreté et les injustices sociales », a-t-il également fait savoir.

Dans un second texte à 19 h, nous vous présenterons les réponses de monsieur LeBel lors de la période des questions avec les médias qui a suivi sa déclaration.

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