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Économie

La région se suffit à elle-même à 35%

Dans le secteur énergétique
Une recherche évalue les ressources du territoire régional par rapport aux besoins des citoyens qui l’occupent. (Photo: courtoisie-Patric Nadeau)

Le projet de recherche-action FabRégion Bas-Saint-Laurent a établi son second portrait préliminaire de l’autonomie du Bas-Saint-Laurent.

Cette fois-ci dans le secteur énergétique, qui démontre qu’entre 2018 et 2020, la région était à 35 % d’autonomie théorique totale. C’est-à-dire que la production régionale actuelle couvrirait un peu plus d’un tiers des consommations énergétiques d’ici. L’autoportrait de l’autonomie théorique du Bas-Saint-Laurent en matière d’énergie est basé sur le diagnostic énergétique régional, réalisé en 2013 par le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL), dans le cadre de la démarche Par notre PROPRE énergie.

Métal du Golfe_VF

Ce diagnostic estime les productions d’énergie en distinguant les différentes sources d’hydrocarbures (essence, diesel, mazout, propane et gaz naturel) et d’électricité (éolienne, hydraulique, biomasse, solaire et géothermie). Il estime également les consommations selon six grands secteurs : transport, industriel, commercial, institutionnel, agricole, résidentiel.

L’énergie éolienne

Les données issues du diagnostic, ainsi que celles ajoutées pour cet autoportrait, sont des estimations, parfois issues d’extrapolations à partir de données québécoises rapportées à l’échelle du Bas-Saint-Laurent, faute de chiffres régionaux sur le sujet. Un constat central : une forte production électrique desservie par l’éolien.

Forte baisse

Du côté de la production, l’électricité provient majoritairement de deux sources au Bas-Saint-Laurent : l’hydroélectricité et l’éolien. En 2010, le Bas-Saint-Laurent comptait six sites de production hydroélectrique pour une puissance installée de 20,15 mégawatts (MW). En 2020, il n’en reste plus que trois en opération, cumulant une puissance installée de 8,5 MW. Les capacités de production hydroélectrique ont donc connu une forte baisse de près de 60 % dans les dix dernières années. Par comparaison, la puissance installée des éoliennes était de 279,75 MW avec seulement trois projets opérationnels en 2010, alors que 11 sites éoliens sont en opération en 2021.

Plus 20% de consommation

La puissance installée a été multipliée par trois, pour atteindre 1114,65 MW. Les consommations en hydrocarbures ont augmenté de 20 % au Bas-Saint-Laurent depuis 2013. La majorité (56 %) des consommations énergétiques sont liées aux hydrocarbures pour lesquels il n’existe aucune production locale.

« Les objectifs de durabilité de FabRégion Bas-Saint-Laurent et les enjeux liés au réchauffement climatique impliquent que la production d’hydrocarbures n’est pas une voie souhaitable pour augmenter l’autonomie du Bas-Saint-Laurent. Il est maintenant clair que le principal enjeu pour l’autonomie énergétique régionale réside plutôt dans les capacités à réduire la consommation d’hydrocarbures et les remplacer par d’autres sources d’énergies renouvelables (ex. : solaire, biomasse, électricité), tel qu’annoncé dans le projet de loi 21 du gouvernement Legault, au début de 2022, qui vise à cesser l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures au Québec », indique un communiqué du Centre collégial de transfert en innovation ouverte du Cégep de Rivière-du-Loup.

« Les consommations en hydrocarbures ont augmenté de 20% au Bas-Saint-Laurent depuis 2013. »

Selon les chercheurs, plusieurs pistes d’action restent envisageables pour diminuer la dépendance aux hydrocarbures, telles la réduction des déplacements en véhicule individuel, l’abandon de la seconde voiture d’un ménage, la réduction de la taille et de la consommation moyenne des véhicules individuels, la réduction des livraisons de colis (achat local et évitement d’achat non essentiel) et le développement des transports collectifs (bus, covoiturage, autopartage, etc. ).

La tournée des territoires

Une tournée des territoires auprès des experts sectoriels est actuellement en cours afin de présenter ces résultats et de coconstruire les solutions à mettre en place pour opérer la transition vers une autonomie collective régionale durable. Puis, les 9, 20 et 30 avril, ce sera au tour des citoyens et des élus d’ouvrir le dialogue sur le sujet.

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