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L’avenue Sirois : un dangereux méli-mélo

Reportages sur la circulation automobile
Il y a beaucoup d’action le midi, sur l’avenue Sirois, une action pas toujours rassurante. (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

Les différents usages de l’avenue Sirois, dans le district Saint-Robert, à Rimouski, constituent un dangereux méli-mélo qui semble menacer la sécurité de petits et grands, de jeunes et de vieux.

Le Journal Le Soir ne fait que commencer aujourd’hui une série de reportages sur la sécurité et la circulation automobile à Rimouski que, déjà, nous en avons vu de toutes les couleurs.

Quand on s’y arrête, on remarque que sur une partie de cette artère très fréquentée de Rimouski, les usages commercial (plutôt intensif), résidentiel et institutionnel (trois écoles à proximité) s’entremêlent de façon dangereuse, surtout devant l’institution économique rimouskoise qu’est le Marché Malenfant. Ayant déjà fait un reportage à cet endroit, l’auteur de ces lignes y est retourné ce midi, histoire de voir si les choses ont évolué depuis cinq ans.

Un autre cliché qui illustre bien la situation. (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

Les constats effectués alors sont tout aussi valables aujourd’hui. D’ailleurs, une membre du comité citoyen ICI Saint-Robert a signalé au conseil municipal, lundi, que la Ville devrait se préoccuper de la sécurité et de la vitesse dans ce secteur.

Stationnement et débarcadère

Une longue rangée de voitures stationnées du côté Est de l’avenue Sirois, en direction Sud-Nord, attend la bonne heure pour « débarquer » de chaque véhicule un ou plusieurs élèves de l’école L’Aquarelle. Il arrive que les enfants sortent du mauvais côté. Lors de notre visite d’il y a cinq ans, nous avions vu un parent faire descendre son enfant alors que sa voiture était toujours dans la voie de circulation, dans la « rangée » du centre!

Une vue depuis l’avant du Marché Malenfant. On aperçoit la cour d’école qui est très près de l’avenue Sirois. (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

D’autres enfants arrivés à pied ou par une autre direction traversent la rue à l’aide d’une brigadière. Certains ont été aussi reconduits en voiture, mais du côté Ouest de l’avenue. C’est de ce côté que la plupart des clients de l’épicerie se stationnent.

Beaucoup d’élèves arrivent pour emprunter ce qui semble être l’accès principal de l’école, juste de l’autre côté de l’avenue Sirois. Des clients de l’épicerie se stationnent aussi près de cet accès. Curieusement, l’adresse de L’Aquarelle est le 247, rue Saint-Laurent.

« Pas vraiment mieux »

Sur place, la brigadière semble nous reconnaître lorsque nous lui expliquons le but des photographies prises à proximité de l’école. « Vous vous souvenez donc de ma première visite et de mon premier article? Est-ce que la situation s’est améliorée? » « Pas vraiment. Ça roule « pas mal » (vite), sans parler du va-et-vient incessant », répond la gentille dame.

Une autre image qui témoigne de l’activité intense sur l’heure du midi. (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

Dans le cadre de cette première série d’articles, le cas de cette partie de l’avenue Sirois nous semblait le pire en termes d’exposition au danger des usagers.

Autre école

Pour en revenir à ce midi, je prends quelques clichés. Puis, retraitant vers mon lieu d’arrivée, une rue perpendiculaire au commerce, la rue Ouellet, j’aperçois un groupe d’adolescents qui se trouvent un peu trop près de ma voiture à mon goût. Ils retraitent lorsqu’ils me voient approcher. Je les considère un peu trop âgés pour fréquenter L’Aquarelle et je réalise du même coup qu’ils viennent probablement de l’école secondaire Saint-Jean-Baptiste, sur la 2e rue. À moins qu’ils ne proviennent de l’école secondaire Langevin, tout près également, sur la rue Saint-Jean-Baptiste?

Vite, vite

Je récupère ma voiture et je vais me stationner dans le stationnement privé de l’épicerie. Je descends pour faire encore quelques observations et j’entends alors un moteur vrombissant en provenance de ma gauche (depuis Saint-Jean-Baptiste). Il devait rouler au moins 75 km/h dans cette zone scolaire, puis a ralenti subitement en voyant plus au Sud la brigadière aider des enfants à traverser. Je me dis « tab… ». Le temps de me retourner, une autre voiture arrivait à peu près à la même vitesse, elle aussi depuis le Nord. Équité dans la mauvaise conduite : un homme et une femme. Le premier ressemblait plus à un étudiant, alors que la seconde était habillée comme une travailleuse de la santé qui serait arrivée de l’hôpital régional.

Sans brigadière, on ne ralentit pas!

Je croise alors du regard une femme qui me semble sympathique, mais aussi curieuse. Nous échangeons. Elle me connaît par son conjoint. Le couple habite le secteur. Je lui demande s’il y a beaucoup de vitesse, car elle venait d’être témoin des mêmes scènes que moi. « Une chance que la brigadière est là en ce moment. Si la brigadière n’est pas présente, les voitures ne ralentissent pas. » Témoignage corroboré par la brigadière.

Solutions?

Quelles pourraient bien être des solutions simples qui permettraient d’améliorer la sécurité dans ce secteur?

« Effectivement, lorsque vous me présentez ces faits, je dois bien reconnaître que ça ne s’est pas amélioré depuis cinq ans. Pas du tout. Toutefois, nous avons trouvé des solutions qui pourront être mises de l’avant bientôt. J’aimerais pouvoir vous en parler, mais je ne peux vraiment pas. Je peux juste dire qu’avec notre réflexion sur le réaménagement de la rue Saint-Laurent, à proximité, il va y avoir une consultation publique pour les gens qui habitent ce secteur. Il y aura des propositions formulées aux citoyens », commente le conseiller municipal de Saint-Robert, Jocelyn Pelletier.

« Je félicite la pro activité de notre Service de génie qui a trouvé des solutions intéressantes à proposer », note aussi monsieur Pelletier.

Plusieurs zones de Rimouski qui nous apparaissent problématiques seront visitées par Le Soir au cours des prochaines semaines et les suggestions de nos lecteurs seront les bienvenues.

D’ailleurs, lorsque nous avons annoncé cette série de reportages sur la circulation, dans le cadre d’un texte sur les nids de poule, la semaine dernière, nous avons invité les lecteurs à nous faire parvenir leurs suggestions de sujets.

Typiquement québécois!

Une lectrice, Hélène Guévin, nous a fait parvenir les observations suivantes, que nous partageons avec nos lecteurs en souriant, car elles reflètent des comportements typiquement québécois sur les routes.

« Les propriétaires de véhicules modifiés sont enclins à faire la course dans les rues de la ville, mais particulièrement sur les artères à deux voies. La manie qu’ont certaines gens de conduire à gauche sur les boulevards urbains (au lieu d’utiliser cette voie pour dépasser)… L’utilisation du cellulaire au volant. Les conducteurs dont la musique est si forte qu’ils enterrent votre propre radio, même si toutes vos fenêtres sont fermées. Les piétons – étudiants qui traversent n’importe où en se rendant à l’école Paul-Hubert, à l’école Langevin, à l’école Saint-Jean-Baptiste ou au Cégep de Rimouski, alors que des corridors sécuritaires leur sont réservés. »

Dernier point

« Et mon dernier point (NDLR : qui rejoint le sujet du jour), ce sont les personnes qui « débarquent » des jeunes à l’école. Ce n’est pas toujours fait de façon sécuritaire. Il y a aussi les embouteillages causés par le début de l’année scolaire au Cégep. Les gens font débarquer les étudiants au pied des escaliers de l’entrée principale, ce qui bloque totalement le rond-point et empêche les voitures qui veulent accéder aux différents stationnements de circuler librement. »

À propos des nids de poule

Par ailleurs, tout en se rendant sur l’avenue Sirois pour effectuer notre reportage, nous avons porté attention à l’état de la chaussée sur le boulevard Saint-Germain Ouest, entre le Bic et la montée des Saules. Si vous circulez en direction Ouest, nous vous recommandons chaudement de ne pas rouler dans la voie de droite (Nord), où la chaussée est parsemée de trous, dont certains rien de moins qu’effrayants!

Il n’y a pas que sur le boulevard Saint-Germain que l’on retrouve des nids de poule spectaculaires. Ici, c’est dans le stationnement situé derrière l’édifice du 2, rue Saint-Germain, sur un terrain qui appartient à la Ville. (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

Vitesse et non respect de la priorité

Toujours sur le boulevard Saint-Germain, le Journal Le Soir constate que les limites de vitesse ne sont à peu près jamais respectées, qu’elles soient à 50 km/h ou à 70 km/h. Pour faire le test, activez votre régulateur de vitesse à deux ou trois km heure de plus et remarquez tous ceux qui vous dépassent. D’ailleurs, la signalisation lumineuse invitant les automobilistes à ralentir devant le commerce Lamontagne Auto nous en dit beaucoup à ce sujet en dévoilant la vitesse lue par son radar.

Nous remarquons également que beaucoup de conducteurs sortant de rues perpendiculaires ne respectent pas la priorité de ceux qui roulent déjà sur le boulevard. De plus, nous croyons que les virages à droite sur feu rouge à ces endroits devraient être interdits.  

Les suggestions sont les bienvenues à info@journallesoir.ca.

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