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Chasse et pêche

L’abondance de neige et l’abandon du plan compromettent la survie des cerfs

Le très efficace Plan de nourrissage d’urgence a vite été abandonné sous prétexte que les chevreuils pouvaient se transmettre des maladies, lorsque ceux-ci s’alimentaient de moulée. Ce qui n’aurait pas été le cas. Que de cerfs perdus depuis 2008! (Photo Archives Ernie Wells)

Le député indépendant de Bonaventure, Sylvain Roy, trouve inacceptable que Forêts, Faune et Parcs n’ait aucune stratégie pour limiter les mortalités des cerfs gaspésiens, comme ailleurs, où l’abondance de neige compromet actuellement la survie des cervidés en raison d’un taux d’enfoncement qui dépasse les 50 cm de neige.

Dans les années 1990, un Plan de nourrissage d’urgence avait sauvé les cheptels de cerfs du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, confrontés à une succession d’hivers rigoureux. Le biologiste à la retraite et responsable de la grande faune au bureau régional du ministère à Rimouski, Jean Lamoureux, avait élaboré ledit plan avec ses partenaires.

Une moulée spéciale vitaminée avait été concoctée par PURINA afin de renforcir le cerf et l’aider à passer l’hiver. Les chevreuils étaient nourris à l’intérieur des principaux ravages. La ZEC Bas-Saint-Laurent assurait la gestion financière et le recrutement des motoneigistes nourrisseurs volontaires dans les principaux ravages de la Zone 2. Jean Lamoureux, avec Québec, avait démarré un fonds d’urgence pour acheter la moulée spéciale et payer l‘essence des motoneigistes pour livrer la précieuse nourriture énergétique.

Métal du Golfe_VF

Au Bas-Saint-Laurent, deux soupers bénéfices avaient été organisés par Christian et Raoul Berger. Les Réserves fauniques de Rimouski et Matane avaient fait don de 10 000$. Et le nourrissage s’est poursuivi au besoin jusqu’à l’hiver 2008. « Avec le Plan, nous avons sauvé les cerfs du Bas-Saint-Laurent », m’avait dit fièrement Jean Lamoureux. Même constat dans la Zone 1 Gaspésie qui avait sa propre organisation pour sauver les cerfs.

Après une retraite, le plan abandonné

Puis Jean Lamoureux a pris sa retraite et le Plan de nourrissage d’urgence a vite été abandonné sous prétexte que la contamination de certaines maladies pouvait se propager entre les cerfs, lorsque ceux-ci s’alimentaient aux mangeoires de moulée ou dans leurs sentiers des ravages. Ce qui n’aurait pas été le cas. Les cervidés n’étaient pas plus en danger entassés dans les corridors de leurs ravages.

 « C’est inconcevable. Le nourrissage d’urgence pourrait être considéré par le ministère dans des situations exceptionnelles comme celles vécues en Gaspésie en ce moment, et lors des dernières années. Les cheptels de cerfs y sont menacés », tonne le député Sylvain Roy.

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, sonne l’alarme et réclame que Forêts, Faune et Parcs reconsidère le nourrissage d’urgence des cerfs. « Québec n’a aucune stratégie pour limiter les mortalités des cerfs lors d’hivers rigoureux comme cette année ». (Photo Courtoisie Sylvain Roy)

L’ex-porte-parole de la faune alors au Parti Québécois, insiste pour que le ministère de Pierre Dufour, écoute aussi les recommandations de groupes et organismes de chasseurs, comme Unis Pour la Faune. Il exige une gestion plus avant-gardiste, logique et dynamique des cheptels de cerfs qui dit-il, appartient à tous les québécois.

La RTLB partout, partout!

Le député Roy demande également que le plan de Restriction de la Taille Légale des Bois, (RTLB), qui protège les jeunes mâles, soit inclus maintenant au Plan de gestion 2020-2027, et dans toutes les zones du Québec.

 « Les enjeux politiques et administratifs ont généré un appauvrissement de la qualité de la chasse et il est temps que ça cesse », tranche Sylvain Roy, qui réclame d’abandonner la possibilité de récolter deux cerfs mâles, par chasseur, dans deux zones différentes, comme dans les Zones 1 Nord et 1 Sud où le cheptel décline. « Comment se fait-il que le ministère met en place une tonne d’exceptions pour la pêche sportive, à un seul lac, mais il n’est pas en mesure de mettre des restrictions qui tiennent compte des réalités locales pour le chevreuil ? », s’interroge le député Sylvain Roy.

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