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Les paris sportifs enjeu de santé publique

Le député Harold LeBel. (Photo: courtoisie)

Le député de Rimouski à l’Assemblée nationale, Harold LeBel, interpelle le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux Lionel Carmant sur l’omniprésence de publicités des sites de jeux d’argent en ligne sur les ondes télévisuelles québécoises.

« Ces publicités incitent les gens à jouer sur des sites illégaux. Du moins, si l’on en croit la devise de Loto-Québec qui martèle le fait qu’elle est la seule et unique entité de ce genre à être légale au Québec. De plus, la présence de ces campagnes publicitaires est encore plus flagrante depuis le début de la pandémie », note un communiqué du bureau du député.

Personnes vulnérables

Monsieur LeBel se préoccupe des personnes qui sont vulnérables.

« Il faut regarder un match des séries éliminatoires de hockey à la télé pour constater l’ampleur du phénomène : « Cette période vous est présentée par Bet.net »! Un commentateur-journaliste-expert ajoute que si lui a confiance, les amateurs peuvent faire confiance à Bet. Ensuite, Leo, Jack et les autres se relaient à chaque publicité, lors des arrêts de jeu. Imaginez-vous une personne qui se bat tous les jours contre cette dépendance et, qui plus est, dans ce contexte particulier, tente seulement de se relaxer en regardant son sport favori ou son émission fétiche à la télé », constate monsieur LeBel.

Santé publique

Selon l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), depuis vingt ans, partout dans le monde, le développement des jeux de hasard et d’argent (JHA) en ligne soulève des préoccupations de santé publique. Ce phénomène a amené Loto-Québec à mettre en place de nombreuses mesures pour empêcher les joueurs de faire n’importe quoi en ligne, des initiatives que l’on ne retrouve pas chez les sites dits illégaux et publicisés à grand renfort. Toujours selon l’INSPQ, les joueurs en ligne montrent habituellement plus de problèmes psychosociaux que les joueurs hors ligne.

Les impacts

« Parmi les 4,2 millions de joueurs au Québec, 2 % éprouvent des problèmes de jeu, tandis que parmi les adeptes du jeu en ligne, cette proportion monte à 23 %. Nous pouvons traduire cela par des mots comme dépression, suicide, pauvreté et conflits familiaux », renchéri le député.

Selon le bureau du député, à l’échelle locale, le Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent a pas confirmé ne pas avoir reçu plus de demandes d’aide auprès du centre de réadaptation en dépendance L’Estran, mais évoque tout de même que le nombre de personnes qui a fait part d’un problème de jeu à un médecin lors d’une consultation, ce qu’on appelle des demandes en première ligne, lui, a augmenté.

Le député de Rimouski à l’Assemblée nationale a tout d’abord déposé une question au Feuilleton de l’Assemblée le 24 mai dernier, avant d’écrire une lettre au ministre Lionel Carmant la semaine dernière. Monsieur LeBel espère obtenir une réponse avant la fin de la session parlementaire, ce vendredi, sur ce que nous pouvons aujourd’hui considérer comme une situation à prendre très au sérieux pour la santé et la sécurité de nos citoyens.

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