Actualités > Économie > Les actionnaires sont souverains
Économie

Les actionnaires sont souverains

Rien n’empêche une entente avec des acheteurs et avec la Ville
Une vue aérienne du parcours du Bic. (Photo: archives)

Les actionnaires du Club de golf Bic sont souverains : ils peuvent décider de vendre leur propriété, de s’associer à de nouveaux actionnaires et de conclure une entente avec la Ville de Rimouski pour changer le zonage.

C’est ce qui ressort notamment des informations recueillies par le Journal Le Soir aujourd’hui sur la suite de ce dossier lancé la semaine dernière, dans nos pages. Nous annoncions hier que l’un des projets envisagés serait d’implanter un hôtel de sept étages sur le site actuel de la boutique du professionnel.

Le Soir confirmait lundi que les discussions étaient amorcées, alors qu’une rencontre avait lieu entre Alexandre et Jacques Tanguay, le président du Club Sylvain Lafrance et la trésorière, Louise Fraser. Le congédiement du dernier professionnel et directeur général en novembre a suscité diverses réactions, dont un mouvement favorable à une vente du Club.

Un obstacle?

Il n’y a que peu d’obstacles en vue pour qu’une entente survienne. Il faut seulement rappeler qu’en 2009, alors qu’il y avait eu une offre non sollicitée de la part d’une femme d’affaires, Suzanne Monique Tremblay, les administrateurs de l’époque ont resserré les règles permettant la conclusion d’une transaction. Aujourd’hui une décision favorable à une offre d’achat devrait être prise par les détenteurs de 66,6% des 3 785 actions, selon un article publié dans Le Soleil en juillet 2009. Il y a 325 actionnaires.

Transaction toujours possible

Une transaction est donc toujours possible, selon un ancien administrateur du Club. « Mais il faudrait d’abord que le projet soit présenté en assemblée générale annuelle. Puis, si le vote était favorable, on devrait tenir une assemblée générale spéciale pour statuer définitivement ou établir des conditions. On pourrait exiger des conditions dans la négociation qui procureraient des droits acquis aux membres ou aux actionnaires ou aux deux qui voudraient continuer de jouer au golf au Bic », explique-t-il.

Associés

Certains actionnaires pourraient décider de vendre toutes leurs actions. D’autres pourraient demander de les conserver au sein de la nouvelle corporation, s’associant ainsi aux nouveaux investisseurs privés qui achèteraient le Club pour le développer. Bien qu’étant la propriété de ses actionnaires, le Club de golf Bic est officiellement un organisme à but non lucratif. Un type d’OBNL qui a un statut spécial en ce qui a trait à la Loi sur les compagnies, nous précise-t-on.

Un actionnaire nous rappelait en début de semaine que la majorité des actionnaires ne jouent plus au golf et seraient sans doute très tentés de vendre leurs actions à bon prix. L’assemblée générale annuelle des actionnaires prévue pour le 30 janvier s’annonce cruciale.

Un parcours dans un parc

La nouvelle d’hier a soulevé beaucoup de controverse. Les amants de la nature refusent de songer à un investissement massif dans cet environnement exceptionnel, tout juste à côté du parc du Bic. La controverse est déjà débutée. On n’a qu’à prendre connaissance des commentaires de nos lecteurs sur notre page Facebook pour s’en rendre compte.

Comme l’indiquait Alexandre Tanguay dans notre entrevue : le respect de l’environnement et l’acceptabilité sociale seront des facteurs de réussite incontournables.

Des lecteurs nous signalent qu’à l’île du Prince-Édouard, le parcours The Links at Crowbush Cove a pourtant été construit au beau milieu du parc national de l’IPE, sur son côté Nord. C’est l’un des trois ou quatre parcours les plus réputés au Canada. Crowbush Cove est une attraction majeure de l’île. Il apporte de l’activité économique aux habitants du village de Morell, tout en étant un bel exemple de protection de l’environnement.

The Links at Crowbush Cove, sur l’île du Prince-Édouard, se veut un exemple d’une infrastructure récréotouristique qui respecte l’environnement. (Photo: Anthony Cogswell)

Les élus rimouskois à l’affût

L’auteur de ces lignes a tenté de connaître l’opinion de la conseillère municipale du Bic, Mélanie Beaulieu, sur ce dossier qui s’annonce épineux. Il n’y est nulle part question d’un règlement municipal sur l’environnement qui empêcherait dès le départ le projet de se réaliser. C’est un terrain privé dont les propriétaires devraient, comme les autres, demander un changement de zonage s’il y a un changement d’usage.

« C’est un dossier très embryonnaire. Les discussions se passent entre la famille Tanguay et le Club de golf du Bic. Le conseil municipal et moi, nous resterons à l’affût de ce dossier pour en connaître la suite », exprime-t-elle.

Facebook Twitter Reddit