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Que du positif (ou presque)

L’un des Citébus de Rimouski. (Photo journallesoir.ca- Véronique Bossé)
Quelques personnes attendaient l’autobus à la gare, cet après-midi.

Après deux journées d’opérations pour le nouveau circuit de la Société des Transports de Rimouski (STR) de nombreux aspects positifs de cette nouveauté sont soulignés : plus de secteurs desservis, un service plus rapide et une application pratique.

« Le service s’est vraiment amélioré. Ça va prendre 15 minutes en partant de la gare pour se rendre au bout des lignes. C’est deux fois plus rapide », estime le coordonnateur chez Action Populaire Rimouski-Neigette, Michel Dubé.

Le coordonnateur d’Action populaire Rimouski-Neigette, Michel Dubé. (Photo Alexandre D’Astous archives – Journal Le Soir)

Une meilleure considération pour les personnes à faible revenus

Monsieur Dubé tient aussi à rappeler que l’ajout d’une ligne qui passe par la rue Rouleau est aussi un pas dans la bonne direction.

« La ligne verte vient répondre à un grand besoin des gens que je représente. Il y a d’ailleurs quelqu’un qui n’était pas précédemment desservi par le circuit. Maintenant, depuis hier, l’autobus passe directement en avant de chez lui. Les gens de la rue Rouleau étaient complétement exclus du service, alors que c’est le secteur ayant le plus faible revenu à Rimouski. Tout le secteur de la rue Rouleau est un quartier d’HLM, ce sont toutes des bâtisses de l’Office de l’habitation », explique le coordonnateur.

Ne pas moderniser aux dépends des autres

Il souligne aussi le fait que la Ville de Rimouski a vu juste en gardant le paiement comptant dans les autobus.

« Dans la modernisation des autres services au Québec, il y a eu une grave erreur qui ne s’est pas produite à Rimouski. Dans des villes comme Montréal ou Sherbrooke, ils ont enlevé la possibilité de payer comptant à l’intérieur de l’autobus. J’ai des gens qui n’ont pas de cartes, alors le maintien du paiement comptant dans l’autobus, ça me rend content. »

Il dénote aussi une plus grande ouverture de la part du conseil d’administration, qui est à la direction de la STR.

« Le conseil est ouvert au fait d’être plus près des groupes communautaires et des citoyens en général, ce qui n’était pas du tout le cas auparavant. Je sens qu’on est plus dans un esprit de collaboration, qu’un esprit de confrontation. »

Rien n’est parfait

Or, malgré les nombreux points positifs que Michel Dubé a pu remarquer, il estime que le nouveau circuit peut encore s’améliorer sur certains points.

Il identifie trois points principaux : le service ne se rend pas à Rimouski-Est, il n’y a pas de tarification sociale et les horaires sont difficiles d’accès pour certains.

« La seule chose qui me déçoit – et je comprends pourquoi, mais j’espère qu’un jour ça pourra se faire – c’est le fait que la ligne se rendant à Rimouski-Est n’a pas eue lieu. En contrepartie, les gens de Rimouski est ne sont pas pour autant exclus du service, puisqu’ils ont toujours accès à Taxibus, qui coûte beaucoup plus cher aux contribuables que le Citébus. Ils ne sont pas laissés pour compte, mais effectivement dans le prochaine appel d’offre de la Société des Transports, ce serait bien qu’il y ait une ligne de prévue vers Rimouski-Est. »

Un circuit évolutif

Le conseiller municipal et président de la STR, Sébastien Bolduc, explique les raisons derrière cette décision.

« On était conscient qu’il faudrait faire nos changements en respectant notre entente actuelle, alors c’est certain qu’on a été conscient des attentes, entre autres pour avoir un service vers Rimouski-Est. Malheureusement, on ne pouvait pas le faire tout de suite, ce qui nous forçait à retourner minimalement l’appel d’offres. Ce qui est important de savoir, c’est qu’on voulait mettre en place un réseau évolutif, pour que la journée ou l’année qu’on voudra rajouter une ligne, qu’on n’aura pas besoin de tout recommencer. »

« Donc, c’est certain qu’il y aura des ajustements à faire, parce qu’on a fait une refonte majeure du service. Certains ajustements se feront peut-être assez rapidement, d’autres peut-être dans les prochains mois ou les prochaines années, mais on voulait partir avec une base qui est facilement évolutive, pour ne pas tout mettre à la poubelle d’ici quelques années, lorsqu’on voudra bonifier le service. »

La tarification sociale : suivre l’exemple de Québec

En ce qui concerne le dossier de la tarification sociale, le coordonnateur d’Action Populaire y dénote plusieurs failles.

« Maintenant qu’ils ont modifié les circuits et qu’ils ont améliorés les communications, ce serait le temps qu’il s’attaque à la tarification, puisque c’est l’un des services les plus chers au Québec. Selon moi, ce n’est pas adéquat. Il faut qu’ils étudient la possibilité d’instaurer une tarification sociale. »

« À Québec, les personnes en situation de pauvreté auront dans les prochains mois, un rabais de 33 % sur leurs passes d’autobus, tandis qu’ici, elles doivent les payer à 100 %. On souhaiterait qu’un rabais de 50 % soit mis en place. Ce n’est pas normal que les personnes âgées qui ont un bon fond de pension ou que les étudiants qui ont des parents avec de bons revenus et que ces derniers paient pour eux, aient droit à un rabais de 50 %, alors que les personnes assistées sociales paient à 100 %. Ça ne prend pas en compte les revenus. Il faut que tu sois étudiant à temps plein ou une personne âgées de 65 ans et plus. On souhaite donc que ce soit le revenu de la personne qui détermine le prix qu’elle paie. Je souhaite également que ce soit le prochain chantier de la STR. »

L’accès aux horaires

Finalement, si monsieur Dubé considère que l’instauration d’une nouvelle application, ainsi qu’un mode de fonctionnement hybride sont des points positifs, il déplore le fait que les horaires en ville sont disponibles via un code QR, ce qui les rend inaccessible à certains.

Les panneaux en ville indiquent l’horaire des autobus seulement via l’utilisation d’un code QR (Photo: Journallesoir.ca, Véronique Bossé)

« Les gens ont de la difficulté à savoir quand les bus passent. À la gare, je pense que c’est indiqué, mais sur les panneaux en ville, l’heure n’y est pas indiquée. Il y a un code QR, mais ce n’est pas tout le monde qui a un cellulaire. Il y a cette partie qui pourrait être améliorée, sinon la nouvelle application c’est super aussi, parce qu’ils ont quand même garder un système hybride. Les gens peuvent continuer de téléphoner à la STR pour faire leur réservation et ceux qui sont plus habitués avec les applications peuvent s’en servir. »

Pas de solutions miracles

Sébastien Bolduc concède que le nouveau circuit ne pouvait pas être parfait.

« De façon générale – et ce que j’ai appris aussi depuis mon élection – dans ce processus nous sommes accompagnés de consultants, mais les solutions miracles n’existent pas. Les attentes des gens étaient d’avoir des circuits plus rapides, plus linéaires, avec une fréquence de passage plus élevée. C’est sûr que si l’on veut que l’autobus passe plus souvent, il faut que le circuit soit plus court. Si on veut couvrir le même territoire, il faut plus de circuits. Ce sont un peu comme des curseurs, donc ce qu’on donne d’un côté a des répercussions sur l’autre. Il s’agit de trouver le juste milieu pour arriver à répondre aux attentes des gens. »

Rappelons que La Ville et la Société des transports de Rimouski proposent deux semaines d’utilisation gratuite aux citoyens, afin de leur permettre de découvrir les nouveaux services et les nouveaux trajets récemment dévoilés. Ces deux semaines devraient prendre place du 16 au 29 janvier prochain.

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