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Le Comité logement compte être entendu

L’organisme a accroché des banderoles sur la Promenade de la Mer, en avril dernier, pour livrer son message (Photo Facebook – Comité logement Bas-Saint-Laurent)

Le Comité logement Bas-Saint-Laurent interpelle la Ville de Rimouski dans le cadre de la 11e journée des locataires pour dénoncer « son inaction vis-à-vis de la dégradation des conditions de logement » et inviter la population à une projection du documentaire PUSH pour discuter des enjeux d’accès à un logement adéquat.

Dans un communiqué de presse publié plus tôt ce matin, l’organisation revient sur les nombreux aspects de la crise du logement qui sévit à Rimouski depuis un moment.

« Les taux d’inoccupation frôlent le 0 % depuis plusieurs années. Face à la pénurie, les abus à l’endroit des locataires semblent empirer : augmentations abusives, entretien négligé, discrimination sans gêne, reprises illégales et intimidations sont des pratiques courantes. À bout de souffle, nous interpellons la Ville pour qu’elle prenne action, en vain. »

Des idées qui circulent depuis bientôt deux ans

« Dès l’automne 2021, le Comité logement BSL a remis à la ville de Rimouski une liste de mesures pouvant être mises en place par les municipalités au Québec afin de lutter contre la crise du logement et protéger le droit des locataires. »

« Cette liste contient des propositions variées, certaines assez audacieuses (ex : mise en place d’un registre municipal des loyers en attendant sa mise en place à l’échelle de la province) alors que d’autres sont très simples et très faciles à appliquer à court terme (ex : publiciser les services d’inspection de la ville, très peu connus de la population). »

Le Comité dénonce la réaction de la Ville face à ces propositions.

« Force est de constater que très peu a été fait jusqu’à maintenant et que le plan de lutte à la pénurie de logements annoncé en janvier 2023 manque le bateau à plusieurs égards. »

Transparence et cohérence

L’organisme revient aussi sur l’histoire de la maison Brune.

La Maison brune du 304 avenue de la Cathédrale (Photo: Journallesoir.ca, Véronique Bossé)

« Au contraire, la saga de la maison Brune nous aura montré qu’il y a peu de conséquences pour les propriétaires négligents qui laissent dépérir le parc locatif rimouskois. Rappelons nous aussi que l’an dernier, Rimouski a été la première ville au Québec à facturer les gens pour les services d’aide aux locataires à risque de se retrouver à la rue le 1er juillet, créant un précédent pour le reste de la province. »

« Finalement, on remarque un manque général de transparence et d’initiative sur plusieurs dossiers : le nouveau règlement de démolition adopté à la va-vite, le développement à Pointe-au-Père contraire aux objectifs de densification et de protection des espaces verts, les Ateliers Saint-Louis et le manque d’engagement relativement au projet du Lab des Ateliers porté par des citoyen.nes audacieux.ses et appuyé par de nombreux organismes, les péripéties entourant la Grande place, etc. »

« La population peine à se faire entendre alors qu’elle fait face à une instance qui préfère mettre les citoyen.nes devant des faits accomplis plutôt que de collaborer avec les personnes concernées. »

Besoin de concret

« Il faut reconnaître que la ville de Rimouski a au moins le mérite d’avoir annoncé, dans ce même Plan de lutte, son intention d’adopter une résolution demandant au gouvernement du Québec de réinvestir dans le logement social à travers le programme Accèslogis. Nous osons espérer qu’une résolution demandant au gouvernement Legault de mettre en place un registre obligatoire des loyers sera également adoptée en conseil municipal ce soir. »

« Bien que nous saluons ces initiatives, nous tenons à rappeler qu’elles n’auront malheureusement aucun impact concret dans la vie des gens aux prises avec des problèmes de logement à court et à moyen terme. Mois après mois, les gens continuent de payer trop cher pour des logements qui nuisent à leur santé physique, mentale et financière. »

« Le gouvernement du Québec demeure le premier responsable de la dégradation des conditions de logement ces dernières années et en ce sens, toutes prises de position officielles de la part des municipalités pour faire pression sur celui-ci sont essentielles. Elles demeurent toutefois insuffisantes pour faire face à l’ampleur et à l’urgence de la crise actuelle. Les villes doivent non seulement demander au gouvernement du Québec d’agir, mais elles doivent également prendre leurs responsabilités et tout mettre en œuvre pour protéger le droit au logement en utilisant les outils réglementaires, administratifs et financiers dont elles disposent. »

Projection ce soir

En collaboration avec PARALOEIL, le Comité invite la population dès 19 h 30 à la Coop Paradis pour une projection du documentaire « PUSH », suivie d’une discussion sur l’accès au logement.

Le film de Fredrik Gertten aborde toutes sortes de facettes, des luttes de locataires aux responsabilités étatiques, en passant par les stratégies financières derrière la négligence et l’abandon de bâtiments. On profitera de l’occasion pour faire des liens entre la situation à l’internationale et notre réalité locale.

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