Les petits gabarits souffrent en séries
L'opinion de Robin Lebel
La série entre le Lightning et le Canadien a rappelé une vérité crue. Les petits gabarits souffrent en séries éliminatoires. Le premier nom qui vient en tête est celui de Cole Caufield.
Le talent, il l’a. On voit bien que les coins arrivent vite. Difficile de lui en vouloir. Les joueurs de la LNH sont bâtis comme des gladiateurs.
Cette situation rappelle une décision de Serge Savard à ses débuts comme directeur général du Canadien, au début des années 1980. Il avait échangé Marc Napier, un marqueur de 40 buts, en disant : « On ne gagnera jamais rien avec Napier dans notre alignement. »
Napier avait sensiblement le même gabarit que Caufield. La différence, c’est que Caufield pourrait devenir un Yvan Cournoyer moderne.
Pas très costaud, mais tellement explosif que les partisans l’avaient surnommé Road Runner. Cournoyer a joué la Série du siècle en 1972. Caufield pourrait atteindre ce niveau… mais pas maintenant.
Trop gros, trop forts
Un autre joueur a soulevé des doutes : Alexandre Carrier.
À 5 pi 11 po et 185 lb, c’est minuscule pour un défenseur dans la LNH actuelle. Il n’a pas le talent pur de Lane Hutson, ce qui le rend vulnérable. Il n’a pas peur, mais il perd trop souvent ses batailles à un contre un, et le long des bandes devient un territoire hostile.
Les adversaires sont trop gros, trop forts, trop habiles pour sa charpente. En saison, son intelligence lui permet de s’en sortir. En séries, « s’en sortir souvent » signifie aussi « être à risque par moments ».
Reste une lueur d’espoir : Noah Dobson reviendra-t-il à temps pour terminer la série ?
À 6 pi 4 po et plus de 200 lb, avec un talent qui lui sort par les oreilles, il changerait immédiatement la dynamique.
On l’imagine très bien prendre la place de Carrier. Dobson est le meilleur défenseur du Canadien, inutile de le rappeler. Ses sorties de zone sont sûres et toujours bien contrôlées. Tout lui semble facile.
Et pour Caufield ? La question demeure entière. Le talent est là, mais il devra trouver une façon de survivre, de briller et de s’inscrire à la marque dans un environnement où la taille et la puissance dictent encore trop souvent l’issue des séries. Les séries s’annoncent longues cette année.
Le Canadien devra-t-il rappeler du renfort de la AHL ? Samuel Blais, Florian Xhekaj : voilà de quoi alimenter la réflexion.

