Stade intérieur de Rimouski : pareille situation dénoncée à Saguenay
Système de pointage ayant déjà favorisé le consortium Honco
Un système de pointage ayant déjà favorisé le consortium Honco au détriment d’une entreprise locale pour la construction d’un stade multisports intérieur à Saguenay, en 2021, refait surface à la suite de l’octroi du contrat pour celui de Rimouski, vivement dénoncé par le fondateur de Technipro BSL, Marc Pigeon.
Lors de l’attribution du contrat, la firme de Lévis avait été choisie avec une soumission de plus de 2 M$ de plus que celle de Cegerco, une entreprise spécialisée dans les travaux civils lourds à Saguenay.
Dans ce cas également, Honco l’avait emporté en raison d’un système de pointage propre à cet appel d’offres.
À l’image de Rimouski, les élus de Saguenay de l’époque avaient ensuite défendu bec et ongle l’octroi du contrat à Honco, malgré l’écart important entre les deux soumissions et les nombreuses critiques provenant de citoyens et de gens d’affaires.
La Ville avait aussi refusé de dévoiler les documents d’analyse ayant mené à la décision d’un comité de sélection dont les membres n’étaient pas connus, comme à Rimouski, de privilégier la proposition de Honco au détriment de Cegerco.
Le projet retenu par la firme Honco, pour 26 271 242$, avait obtenu une note de 92,41% du comité indépendant, comparativement à 88,45% pour Lambda-Lainco (24 164 800$) et 82,55% pour Cegerco (24 128 268$).
« Je veux vous rappeler que c’est un comité indépendant du politique et de toute source extérieure qui a analysé les soumissions. Le comité a fait une recommandation et le conseil exécutif a entériné cette recommandation », avait précisé la mairesse de l’époque, Josée Néron, au journal Le Quotidien.
Des propos similaires entendus de la part du maire de Rimouski, Guy Caron. Pour se justifier, madame Néron avait ajouté que ces documents ne seraient pas accessibles, y compris par le biais des demandes d’accès à l’information.
Développer avec l’expertise locale
La situation avait suscité des critiques de la part d’un candidat à la mairie de Saguenay en 2021 et ex-ministre libéral, Serge Simard, qui déplorait qu’une entreprise régionale soit écartée au profit d’une firme extérieure, malgré une offre plus avantageuse.
« Les gens de chez nous sont en mesure de développer une expertise nouvelle, qui aurait pu les faire travailler, mettre du pain sur la table de leur famille, mais on a choisi une entreprise d’ailleurs », affirmait-il dans un reportage de Radio-Canada.

Pour sa part, Honco avait mis de l’avant les retombées locales de son projet, en annonçant le recours à plus d’une dizaine de sous-traitants de la région.
« Nous sommes fiers de travailler avec les entreprises de la région. J’aimerais préciser que 95 % des 50 000 heures travaillées seront réalisées par des gens de la région et 90 % des contrats en sous-traitance seront donnés à des entreprises locales », avait détaillé le président-directeur général d’Honco, François Lacasse, au Quotidien.
Exigences pour favoriser Honco
À Rimouski, le fondateur de Technipro BSL, Marc Pigeon, affirme sortir très amer du processus menant à l’octroi du contrat pour la réalisation du futur stade multisports, qu’il juge orienté en faveur de son concurrent.
Même si l’entreprise rimouskoise a déposé une offre de 24 535 000 $, soit environ 1,2 M$ de moins que celle du consortium Honco Bâtiment–LFG Construction, à 25 693 633 $, le contrat lui a échappé à la suite de l’analyse d’un comité de sélection « indépendant et anonyme ».
Selon monsieur Pigeon, les exigences du projet excluaient d’emblée les entreprises locales spécialisées en structure et que le Programme fonctionnel et technique (PFT) semblait conçu sur mesure pour un bâtiment de type Honco.

« Il n’y a pas un entrepreneur en structures à Rimouski qui pouvait se qualifier pour ça. On a rejeté Technipro et PROULXSAVARD, une firme d’architectes rimouskoise, soit une équipe locale impliquée socialement et financièrement à Rimouski, au détriment d’un consortium qui n’a rien à voir avec la ville. Quand on a vu les plans, on s’est demandé si on était le chien dans le jeu de quilles, et la Ville nous l’a démontré », a-t-il mentionné, joint par Le Soir.ca.
L’argent : 10 % de la note globale
Le maire de Rimouski, Guy Caron, a répété lundi soir, lors de la séance du conseil municipal, que le montant de la soumission ne compte que pour 10 % de la note globale, même si les contribuables rimouskois assumeront la facture finale à 100 %.
« Plusieurs gens d’affaires m’ont contacté et ne comprennent pas ce qui se passe avec la Ville depuis quelques semaines. Un emprunt de 1,2 M$ sur 20 ans coûtera aujourd’hui 2,5 M$ aux citoyens. Comme payeur de taxes, c’est un non-sens, alors que la Ville répète que ses besoins en infrastructures seront immenses dans les prochaines années. Je suis vraiment très déçu de ma ville présentement », déplore M. Pigeon.
Avec la collaboration de René Alary

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