Procès de Ronald Audet : l’accusé ne témoignera pas
Il fait face à des accusations de nature sexuelle sur une personne mineure
L’avocate de Ronald Audet, Me Caroline Bérubé, a annoncé, ce vendredi matin au palais de justice de Rimouski, qu’elle n’aurait pas de preuve à présenter lors du procès de l’homme de 88 ans de Mont-Joli accusé de crimes de nature sexuelle sur une personne mineure.
Au début du procès, le 22 janvier 2026, Me Bérubé avait annoncé avoir deux témoins à faire entendre, dont l’accusé.
« J’ai parlé à mon client hier. Nous n’aurons pas de preuve à présenter en Défense. Nous serions donc rendus aux plaidoiries », a mentionné Me Bérubé à la juge de la Cour du Québec, Annick Boivin, qui a reporté le dossier au 8 juin afin de fixer la date des plaidoiries.
Troisième journée mardi
Amorcé les 22 et 23 janvier derniers, le procès a repris pour sa troisième journée d’audience le mardi 12 mai au palais de justice de Rimouski.
Me Bérubé a poursuivi son contre-interrogatoire de la plaignante, dont l’identité est frappée par une ordonnance de non-publication. Elle a soulevé des contradictions entre la déclaration de la victime faite en 2023 à l’enquêteur de la Sûreté du Québec et sa version des faits livrée dans son témoignage en janvier 2026.
La plaignante a expliqué que ses souvenirs s’étaient précisés grâce à une thérapie. « Je n’ai pas utilisé les mêmes mots, mais ce dont je suis sûre, c’est que j’ai été agressée par Ronald Audet dans le salon et dans une chambre à l’étage », a-t-elle répété à quelques reprises.
Témoignage de la plaignante
En début de procès, en janvier dernier, la plaignante a raconté qu’elle allait souvent chez l’accusé quand elle était enfant parce que sa mère était amie avec la conjointe de l’accusé. Elle mentionne que les gestes ont eu lieu sur le lazy-boy, dans le salon. « C’était sous forme de jeux. Il me disait de brasser son pénis pour le faire rallonger et que de l’eau allait sortir. C’était devenu une habitude. Ça se faisait en douceur, sans violence. »
La plaignante a ajouté qu’elle se souvenait qu’il lui avait demandé de mettre son pénis dans sa bouche. « Je raconte ce qui est clair dans ma tête. J’obéissais. Je ne savais pas ce qu’était une érection. Je ne savais rien de la masturbation. Quand j’ai compris, j’ai eu peur et honte », a-t-elle affirmé.
Entre janvier 1983 et décembre 1986
Les événements se seraient produits entre le 4 janvier 1983 et le 31 décembre 1986 à Mont-Joli. « Je ne peux pas dire le nombre de fois, mais c’était chaque fois qu’on allait chez lui et qu’il était là », a précisé la plaignante, qui avait entre quatre et 10 ans au moment des gestes allégués.
Un procès de quatre jours dans un autre dossier
Dans un autre dossier avec une plaignante différente, Ronald Audet fait face à deux chefs d’accusation d’attentat à la pudeur et un de grossière indécence. Le vocable « attentat à la pudeur » n’existe plus aujourd’hui. Il a été remplacé par celui d’agression sexuelle, mais les accusations doivent être celles qui étaient en place au moment des gestes reprochés.
Dans cette affaire, un procès de quatre jours se tiendra du 19 au 22 mai à Rimouski.


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