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Le stade multisports de Rimouski : prise deux

L'opinion de Robin Lebel
Une esquisse du stade multisports de Rimouski, imaginée par l’équipe et les collaborateurs de Technipro BSL. (Photo courtoisie)

Au cours de la semaine, j’ai reçu un appel qui a changé ma compréhension du dossier du stade multisports de Rimouski. Au bout du fil : un cadre de Technipro. Une conversation d’une vingtaine de minutes au cours de laquelle on m’a exposé, avec passion et précision, tout le travail colossal que l’entreprise a investi dans sa soumission.

On parle ici de mois de préparation, d’ingénieurs, d’architectes et de spécialistes qui ont travaillé à répondre aux exigences pointues de la Ville de Rimouski.

Technipro n’est pas un joueur marginal. C’est l’une des grandes entreprises de construction du Bas-Saint-Laurent, au même titre que Construction Albert et d’autres acteurs majeurs de la région.

En les écoutant défendre leur dossier bec et ongles, une question s’est imposée : où ça a dérapé ? Car, à première vue, tout semblait avoir été mené de façon irréprochable par la Ville. Mais si nous ne regardions pas au bon endroit ?

Rappelons que la Ville n’a retenu que deux soumissionnaires. Deux. Dans une région où l’expertise en construction est abondante, variée et reconnue.

Comment expliquer que des entreprises solides, expérimentées et habituées à travailler avec la Ville, comme Construction Albert, ou même des groupes émergents comme DTM, n’aient pas franchi la première étape ? Il y a là un signal qui cloche.

L’écart de 1,2 M$ n’est pas banal

Et si le problème venait du cahier des charges remis aux soumissionnaires ? L’écart de 1,2 M$ entre les deux propositions finales n’est pas banal. Est-ce que certaines demandes étaient ambiguës ?

Est-ce que des balises floues ont permis à un entrepreneur de « jouer dans les marges » d’un document qui aurait dû être plus clair, plus précis et interprété de la même manière par tous ?

Le plus troublant dans tout ça, c’est que la Ville refuse de divulguer le pointage détaillé, critère par critère. Technipro affirme qu’on lui refuse même l’accès au dossier, malgré des demandes formelles. On appelle ça comment, déjà ? Ah oui : de l’opacité.

Et pourtant, il existe une Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels au Québec.

Faudra-t-il vraiment que des citoyens se rendent jusque-là pour comprendre comment un projet public de près de 26 M$ a été attribué ?

Ma mère disait souvent : « Le contenant peut être beau, mais si ce n’est pas le bon, ça va déborder de partout. » Dans ce dossier, le contenant, l’image d’un processus propre et bien ficelé, semblait parfait.

Mais à force de creuser, on réalise que quelque chose déborde. Et pas à peu près.

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