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Justice

Yves Bouffard écope de 54 mois de prison

Coupable d'agressions sexuelles sur une adolescente de 13 ans
Yves Bouffard a reconnu sa culpabilité à des accusations d’agressions sexuelles sur une adolescente de 13 ans. (Photo Le Soir.ca- Alexandre D’Astous)

Yves Bouffard, un Rimouskois de 56 ans, qui a reconnu sa culpabilité en avril 2025 à des accusations d’agressions sexuelles sur une fille de 13 ans pour des événements remontant en 2002 a été condamné à une peine de 54 mois de pénitencier, soit quatre ans et demi.

La sentence a été imposée ce lundi matin par le juge de la Cour du Québec, Yves Desaulniers, au palais de justice de Rimouski. L’avocate du ministère public, Me Frédérique Audet réclamait six ans de détention tandis que l’avocat de l’accusé, Me Pierre Gagnon, a plaidé pour une sentence de pénitencier de deux ans.

« L’imposition de la peine appropriée est un exercice difficile. Elle doit dénoncer le délit et tenir compte des torts causés. La Cour supérieure nous rappelle qu’il faut protéger l’intégrité des enfants. Après analyse de la jurisprudence, le tribunal estime que la peine doit être supérieure à celle plaidée par la Défense, mais moindre que les six ans réclamés par le ministère public », a mentionné le magistrat.

La peine comprend également une interdiction de posséder des armes pendant les 10 années suivant sa libération, un prélèvement d’ADN pour analyse génétique et l’inscription au registre des délinquants sexuels pour 20 ans.

Bouffard a aussi plaidé coupable à des accusations de contact sexuel et d’incitation à des contacts sexuels sur une personne de moins de 14 ans, soit la même plaignante. La sentence est globale pour l’ensemble des accusations.

Les représentations sur sentence ont eu lieu le 30 septembre 2025 au palais de justice de Rimouski.

Des facteurs aggravants

La procureure de la Couronne, Me Frédérique Audet a soulevé de nombreux facteurs qu’elle considère aggravants.

« C’est un crime odieux qui mérite d’être dénoncé. La peine doit tenir compte de la dénonciation et de la dissuasion. Parmi les facteurs aggravants, on note une certaine forme de planification des six événements survenus sur une période de six mois et la vulnérabilité de la victime en raison de son âge (13 ans) ».

La Défense plaide pour deux ans

L’avocat de l’accusé, Me Pierre Gagnon, estimait que la peine devait être adaptée à l’accusé qui est sans antécédents et qui n’a pas récidivé par la suite. « Mon client traversait des moments difficiles au sein de son couple et il a cherché un réconfort. Il a alors pris la pire des décisions. Aujourd’hui, il en est conscient. Les crimes sexuels sur des enfants doivent être dénoncés, mais en Défense, on estime qu’il est périlleux de s’aventurer à catégoriser les crimes », avait-il mentionné lors des représentations sur sentence.

Les rapports concluent à un risque de récidive sous la moyenne.

Les gestes admis par l’accusé se sont produits sur une période de six mois. Ils ont débuté par des attouchements avant d’évoluer jusqu’à des actes sexuels comme un cunnilingus ou une fellation et une tentative de pénétration.

Des blessures vives

La victime, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, s’est adressée au Tribunal avant les plaidoiries des avocats. Elle a lu une longue lettre où elle décrit avec éloquence les conséquences du crime sur sa vie personnelle, professionnelle et familiale.

« Mes enfants ont été privés de temps de qualité avec leur mère parce qu’on m’a diagnostiqué un choc post-traumatique et un état de fatigue chronique qui s’est traduit par un arrêt de travail. Depuis janvier 2023, je tente de reprendre le contrôle de ma vie après une amnésie de 21 ans. Du jour au lendemain, plus rien n’avait de sens. Des flashbacks me sont revenus. Je vis du stress et je fais des crises d’anxiété. J’ai élaboré plusieurs plans de suicide », a-t-elle mentionné.

Les excuses de l’accusé

Avant de prendre la cause en délibéré, le juge Yves Desaulniers avait demandé à l’accusé s’il avait quelque chose à dire. « Je m’excuse et je réitère ma culpabilité. J’ai un immense regret pour mon imbécilité, mon absence de jugement et ma faiblesse. J’étais perturbé à l’époque suite au suicide de mon père en 2000. J’aimerais pouvoir effacer ce que j’ai fait, mais je ne suis pas un prédateur sexuel », affirme-t-il.

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