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Sentiers pédestres : « La randonnée, c’est le soccer du plein air »

Rando Québec presse les partis politiques de s’engager davantage
Un sentier pédestre (Photo courtoisie)

À l’approche des prochaines élections provinciales, Rando Québec presse les partis politiques de s’engager à investir davantage dans l’entretien des sentiers pédestres.

Mikael Clément, Initiative de journalisme local- Le Droit

Considérée comme la véritable « porte d’entrée » du plein air au Québec, la randonnée pédestre souffre d’un sous-financement, déplore le directeur général adjoint de l’organisme, Grégory Flayol. 

« Il y a des programmes de financement qui existent pour financer l’amélioration et le développement, mais la réalité, c’est que la randonnée est un peu le parent pauvre des infrastructures », affirme M. Flayol. 

Selon le directeur général adjoint, une grande partie du problème réside dans la structure administrative du gouvernement. Contrairement à la Route verte, par exemple, qui relève du ministère des Transports, la randonnée pédestre dépend du secteur loisir et sport du ministère de l’Éducation. 

« On comprend facilement que les priorités du ministère de l’Éducation vont d’abord aux écoles avant d’aller à construire ou entretenir des sentiers, explique M. Flayol. Malheureusement, le ministère du Tourisme ne consacre pas ou très peu de fonds à l’aménagement de sentiers de randonnée, ce qui est pourtant l’une des activités préférées des touristes. »

Selon Rando Québec, la province compte 17 000 km de sentiers pédestres reconnus. 

La responsabilité de l’entretien retombe alors sur les municipalités, qui n’ont ni les moyens financiers ni les effectifs pour s’en occuper, selon M. Flayol. 

La réalité du terrain 

Le constat dressé par Rando Québec se reflète également en Outaouais. Le Pôle d’excellence en récréotourisme de l’Outaouais (PERO) s’occupe d’entretenir 105 km de sentiers répartis dans dix municipalités de la Municipalité régionale de comté (MRC) de La Vallée-de-la-Gatineau. 

François Larose, chargé de projet pour l’organisme, avance lui aussi que les municipalités n’ont pas les ressources humaines ni l’argent pour assurer l’entretien des sentiers. 

« La recherche de financement, c’est le nerf de la guerre, lance M. Larose. Les programmes ou les subventions sont souvent des « one-shot deals ». Une municipalité obtient une subvention pour aménager un sentier. Pendant trois ou quatre ans, c’est entretenu par des corvées citoyennes. Puis, le bénévolat s’essouffle et le sentier tombe à l’abandon. »

Sans entretien, la forêt reprend rapidement ses droits. Selon Rando Québec, un sentier non entretenu peut complètement disparaître en seulement deux ans. 

Si les sentiers délaissés perdent en popularité, l’inverse est aussi vrai. Dès qu’un sentier est maintenu en bon état, le succès auprès du public est immédiat, selon M. Larose. 

« Ça prouve qu’il y a un réel appétit de la population pour la randonnée pédestre », observe M. Larose. 

Quelles sont les solutions?

Pour améliorer la situation, Rando Québec plaide pour que le gouvernement mette en place des équipes de professionnels pour encadrer l’entretien des sentiers. 

Que ce soit par l’entremise d’un organisme comme le PERO ou par la mise en place d’une structure semblable à celle d’autres ministères qui disposent d’agents régionaux, l’entretien ne peut plus reposer sur les bénévoles. 

Rando Québec et le PERO mettent toutefois en garde qu’il ne faut pas refiler la facture aux usagers, afin que la randonnée reste accessible au plus grand nombre. 

« La randonnée, c’est le soccer du plein air, illustre M. Larose. Ça ne prend pas d’équipement coûteux, juste une paire de souliers. C’est la porte d’entrée la plus accessible qui soit. On doit se donner les moyens collectifs de la garder ouverte. »

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