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Vignoble de la FETE : un terroir nordique prometteur

En tout, 10 000 bouteilles de vins blancs, rouges et rosés
L’agronome et biologiste Louis Drainville du Vignoble de la FETE, à Saint-Joseph-de-Lepage. (Photo Le Soir.ca- Bruno St-Pierre)

Le Vignoble de la FETE, à Saint-Joseph-de-Lepage, se prépare à une très bonne saison de vendanges. La ferme expérimentale de l’entreprise de services-conseils en agroécologie Terre-Eau prévoit produire cette année autour de 10 000 bouteilles de vins blancs, rouges et rosés.

Le vignoble veut démontrer concrètement tout le potentiel du terroir régional pour la culture des fruits et la viticulture.

Sur les collines rocailleuses du 4e Rang de Saint-Joseph-de-Lepage, les grappes de raisin mûrissent tranquillement au soleil. Les vendanges commenceront dans quelques semaines et s’étaleront jusqu’aux premières gelées.

Sur près de quatre hectares, l’agronome et biologiste Louis Drainville a planté, depuis une dizaine d’années, 10 000 pieds de vigne de 13 cépages différents. Des variétés hybrides provenant autant de Bellechasse, au Québec, que d’Europe ou d’aussi loin que la Russie.

Avec un investissement de 3 M $, la Ferme expérimentale Terre-Eau (FETE) exploite l’un des rares vignobles de l’Est-du-Québec. Quatre personnes y travaillent à temps plein pendant la saison estivale.

L’expérience vise à vérifier la rusticité des cépages et à prouver qu’il est possible de faire des vins de qualité dans le climat froid du Bas-Saint-Laurent.

C’est l’aspect scientifique permettant de développer les connaissances autour de la culture et de la transformation du raisin ici qui passionne le vigneron.

« Là, ce qui m’intéresse, c’est de travailler sur d’autres cépages. Ceux qu’on avait identifiés comme les plus rustiques, finalement, ils atteignent tous la maturité. On est capable de faire du vin avec chacun et de mieux en mieux. Le pied de vigne, en vieillissant, donne de plus gros raisins, avec des caractéristiques chimiques différentes, ce qui per-met de faire du meilleur vin. »

Sol exceptionnel

Louis Drainville souligne les qualités du sol de la région pour la culture de la vigne et des arbres fruitiers en général.

Ce qu’il appelle le « terroir rimouskois » est formé d’une mince couche de terre arable sur un schiste argileux que les gens d’ici appellent du tuff. Cette roche sédimentaire aurait été formée il y a 400 000 à 500 000 ans. Les résultats sont impressionnants. Les pieds de vigne débordent de grappes bien formées.

« La vigne, elle aime la misère », ce qui explique, selon monsieur Drainville, les résultats obtenus à Saint-Joseph-de-Lepage.

Louis Drainville a planté, depuis une dizaine d’années, 10 000 pieds de vigne de 13 cépages différents. (Photo Le Soir.ca- Bruno St-Pierre)

« Quand on parle du terroir rimouskois, ce sont 20 000 hectares dans les MRC de La Mitis, de Rimouski-Neigette et des Basques. Et ce sol a une capacité exceptionnelle de produire des fruits à enracinement, comme des cerisiers, prunes et des pommes. »

Selon lui, il faut redécouvrir les qualités de notre terroir et les exploiter davantage.

« On a une méconnaissance. Et une culture aussi qui associe le tuff à une roche de misère. Mais avec la notion de terroir vient toute une science qui s’est beaucoup développée en Europe à partir de la culture de la vigne. »

L’agronome souhaite mettre ces connaissances à profit pour diversifier l’utilisation du sol.

Bureaucratie qui étouffe

Pour obtenir son permis de produc-teur artisanal de vin, le Vignoble de la FETE a dû aller devant le tribunal de la Régie des alcools, des courses et des jeux.

L’organisme refusait de délivrer le permis parce que le bâtiment utilisé pour le chai était en toile. Le tribunal a finalement penché en faveur du vignoble, qui a pu commencer sa production en 2024.

Le vin produit à Saint-Joseph-de-Lepage ne peut pas être identifié comme un « Vin du Québec », mais doit l’être comme un « Vin élaboré au Québec ».

Avec un investissement de 3 M $, la Ferme expérimentale Terre-Eau (FETE) exploite l’un des rares vignobles de l’Est-du-Québec. (Photo Le Soir.ca- Bruno St-Pierre)

Selon les règles du CARTV, le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants, un « Vin du Québec » doit provenir d’une aire géographique bien déli-mitée. Elle s’arrête à La Pocatière.

Même si le raisin pousse, est récolté et transformé au Bas-Saint-Laurent, il n’a pas le droit d’être appelé un vin du Québec. « J’ai arrêté de me battre », indique monsieur Drainville.

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