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Patrick Desgagné : sept ans ferme ou deux ans dans la collectivité

Propriétaire de l’écurie Le rêve du cheval de Saint-Fabien
Patrick Desgagné a plaidé coupable à deux chefs d’accusation de contacts sexuels sur une mineure. (Photo Facebook)

Les parties ont des visions totalement opposées en ce qui concerne la peine à imposer à Patrick Desgagné, 63 ans, propriétaire de l’écurie Le rêve du cheval à Saint-Fabien, reconnu coupable d’agression et de contacts sexuels sur une personne mineure et de possession de matériel de pornographie juvénile.

Le ministère public a plaidé, ce jeudi matin, pour une peine de sept ans de prison ferme tandis que la défense estime qu’une peine de deux ans moins et jour de détention dans la collectivité est appropriée.

Selon la trame factuelle des événements lu par le juge Jérôme Simard et reconnu par l’accusé, Desgagné s’est livré à des attouchements sexuels sur la victime, alors âgée de 15 ans, entre le 30 juin 2016 et le 15 avril 2017 à Saint-Fabien.

La gravité des gestes a augmenté par la suite allant jusqu’à des relations sexuelles complètes considérées comme des agressions sexuelles entre le 16 avril 2017 et le 19 avril 2019.

À l’été 2015, la victime place un cheval en pension chez l’accusé. Les premiers attouchements ont eu lieu le 23 juin 2016 au retour d’un gymkhana à Dégelis alors que la victime a couché chez l’accusé. Ensuite, il y a eu une fellation et une première relation sexuelle complète en septembre 2016.

Plusieurs contacts sexuels ont suivi jusqu’en avril 2019. En janvier 2019, une relation sexuelle a eu lieu en présence d’une personne mineure qui a assisté aux ébats. La victime a mis fin à la relation à 18 ans.

L’accusé a admis avoir eu en sa possession des photos et des vidéos de la victime nue ou en sous-vêtements et avoir filmé leurs états.

Perte de son adolescence

La victime a témoigné au stade des représentations sur sentence. Elle a mentionné avoir perdu son adolescence.

« Je ne souhaite pas ça à personne. Le pire, c’est la reconstruction. J’ai de la misère à faire confiance aux autres. J’aurais aimé vivre une adolescence sans aucune influence ».

Le palais de justice de Rimouski (Photo Le Soir.ca- Olivier Therriault)

Patrick Desgagné a aussi témoigné ce jeudi. « Je regrette ce que j’ai fait. C’était moi l’adulte. J’aurais dû prendre mes responsabilités », a mentionné celui qui a toujours des chevaux en pension à son écurie, mais dont les propriétaires sont tous des adultes.

Plaidoiries

L’avocat de l’accusé, Me Hugo Caissy, a été le premier à plaider. Il admet qu’il y a des facteurs aggravants comme la durée des gestes et le lien de confiance unissant l’accusé et la victime, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication. Comme facteurs atténuants, il note le plaidoyer de culpabilité avant le procès et l’absence d’antécédent de son client.

« Le risque de récidive est faible. On parle plus d’un crime d’opportunité que de prédation. On estime que mon client se qualifie pour une peine avec sursis. La détention dans la collectivité, c’est de la détention », a-t-il plaidé.

De son côté, la procureure de la Couronne, Me Marie-Pierre Chicoine-Côté, rappelle que les tribunaux supérieurs indiquent que les peines pour des agressions sexuelles sur des mineures doivent être sévèrement punies. Elle considère que la remise en question et les remords de l’accusé sont tardifs. Elle note l’abus de confiance et les préjudices subis par la victime.

« Son adolescence a été volée. La gravité subjective des gestes est importante. Il y a même eu un rapport sexuel en présence d’une autre personne et les contacts sexuels ont continué malgré une rencontre avec les policiers et son arrestation en 2019. La détention dans la collectivité est déraisonnable », a-t-elle déclaré.

Le juge Jérôme Simard a pris la cause en délibéré et il rendra sa décision le 2 avril.

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