Rimouski-Neigette : imaginer 2050 pour tout transformer
Élaboration d’une vision collective sur un horizon de 25 ans
Plus de 200 personnes ont participé à une vaste réflexion sur l’avenir de la MRC de Rimouski-Neigette, dont les résultats ont été dévoilés récemment. L’exercice a mené à l’élaboration d’une vision collective de développement sur un horizon de 25 ans.
La démarche du groupe Collectivité Zéro émission nette de Rimouski-Neigette vise la transition socio-écologique du territoire en rassemblant citoyens et organisations autour d’un projet commun intitulé « Tisser demain ensemble ».
Des élèves du secondaire, des aînés de Saint-Anaclet, des élus municipaux, des acteurs socioéconomiques et des citoyens préoccupés par l’environnement ont pris part aux consultations amorcées il y a un an. L’objectif : définir ce que pourrait devenir la MRC en 2050, dans un scénario idéal.
Parmi les participants, l’enseignante retraitée France Harrisson voit dans l’exercice une occasion d’agir concrètement.
« C’est de voir comment on peut changer les choses, d’avoir la possibilité d’un monde meilleur et de réfléchir à des solutions. »
La démarche s’inscrit dans un contexte d’inquiétudes liées aux changements climatiques, au recul de la démocratie et aux limites du modèle de consommation actuel.
« Je pense que tout le monde aspire à une vie plus heureuse. Savoir qu’on peut s’impliquer et avoir une influence, c’est important », estime madame Harrisson.
La réflexion interpelle particulièrement les jeunes, qui vivront dans la société de demain. Marie-Andrée Beaulieu croit fermement en l’action collective. « C’est important de voir ce qu’on peut faire ensemble, comme collectivité. Il faut en discuter. »
Décrire un monde idéal dans 25 ans peut sembler utopique, reconnaît son amie Maude Roy, mais l’exercice demeure nécessaire.
« L’utopie, c’est utile. Tout part d’un rêve. Moi, je veux que ma ville se développe bien, sur les plans social, économique et environnemental. Oui, c’est peut-être rêver, mais ça me tient à cœur. »
Démarche en trois axes
Plus de 1 500 idées ont émergé des consultations. Classées, regroupées et débattues, elles ont permis de définir une vision de la MRC en 2050.
« Pour mobiliser la population face aux crises sociales et écologiques, il faut que les gens sentent que ça émane d’eux. Il s’agit de choisir le futur que l’on veut plutôt que de le subir », estime la chargée de projet, Ann-Sophie Croft-Lebel.

Les participants souhaitent voir émerger une MRC solidaire et écologique, où les communautés vivent en harmonie avec l’environnement, où la participation citoyenne est active et où la société est plus équitable.
Trois grands axes structurent cette vision. Le premier concerne l’aménagement du territoire, soit sa densification urbaine, les quartiers verts, la reconversion d’immeubles, les bâtiments écoénergétiques, le droit au logement et la mobilité durable figurent parmi les pistes évoquées.
Le deuxième axe porte sur l’engagement citoyen. Les participants souhaitent une plus grande participation aux décisions publiques, le renforcement de l’entraide et de la solidarité ainsi qu’un système d’éducation favorisant l’esprit critique.
Le troisième axe propose de repenser les modèles de production et de consommation, dont la production locale, l’économie circulaire, le recours aux énergies renouvelables et l’autonomie alimentaire.
Du rêve à la réalité
Ann-Sophie Croft-Lebel reconnaît que le chemin sera long pour concrétiser cette vision. Elle explique que la démarche veut sortir du modèle de prévision actuel.
Elle repose sur la prospective, soit la planification des actions présentes à partir d’une réflexion à long terme.
« Les modèles traditionnels partent du présent pour imaginer l’avenir à court terme. Avec la prospective, on tente d’aller au-delà des systèmes qui ont causé les crises que nous traversons actuellement. Évidemment, on aura pas atteint tout ça en 2025, mais il faut rêver, il faut espérer, pour sortir du système actuel qui ne fonctionne pas », explique-t-elle.

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