Bas-Saint-Laurent : l’essor de l’éolien suscite des inquiétudes
La région deviendra une plaque tournante de l’éolien au Québec
Le développement rapide de la filière éolienne suscite de plus en plus de réticences et d’opposition au Bas-Saint-Laurent. Des comités de citoyens réclament davantage de transparence de la part des promoteurs et demandent la tenue d’un débat public sur l’avenir de l’éolien dans la région.
Selon ces groupes, les projets se multiplient sur le territoire sans que les impacts cumulatifs sur l’environnement, la faune et les communautés soient pleinement évalués.
D’ici quelques années, le Bas-Saint-Laurent pourrait accueillir jusqu’à 1000 éoliennes. Faire de la région une plaque tournante de l’éolien au Québec risque, selon certains citoyens, de transformer radicalement le paysage.
« Les projets vont vite. Il y a des zones potentielles pour des milliers de mégawatts, des ententes sont signées et les citoyens l’apprennent par les médias. Il me semble qu’on pourrait nous consulter », estime Tina Daudelin, du Comité Éoloin au Témiscouata.
Des comités de citoyens sont maintenant actifs dans la majorité des MRC du Bas-Saint-Laurent. Ils dénoncent notamment le fait que les projets soient évalués individuellement.
Parmi eux, le groupe Mobilisation Forêt Pointe-au-Père réclame la tenue d’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) générique sur l’éolien.
« Ce qui s’en vient comme menace pour le territoire, c’est le développement de l’éolien à grande échelle. De grandes zones sont à l’étude. Sans vue d’ensemble, il devient difficile de savoir quel territoire ne sera pas affecté », explique sa porte-parole, Lysane Picker-Paquin.
Manque de transparence
Les regroupements citoyens critiquent également le manque d’information entourant la stratégie de développement de la filière éolienne.
« On souhaite une information claire, complète et transparente, et qu’elle soit fournie avant la signature d’ententes », affirme Tina Daudelin.
Sans s’opposer à tous les projets éoliens, les groupes remettent en question les bénéfices souvent avancés par les promoteurs. Selon eux, il est difficile de parler d’acceptabilité sociale lorsque plusieurs des acteurs qui s’expriment publiquement sont aussi impliqués financièrement dans les projets.

« On parle beaucoup des avantages économiques, mais il faut aussi parler des coûts sociaux et environnementaux », ajoute madame Daudelin.
Jusqu’à maintenant, les comités citoyens ont tenu deux rencontres de mobilisation afin d’unir leurs efforts. Ils souhaitent également rencontrer des propriétaires directement concernés par les projets.
Des citoyens approchés
Selon Lysane Picker-Paquin, des promoteurs auraient déjà approché des citoyens à Saint-Valérien et Les Hauteurs pour leur proposer des ententes d’installation d’éoliennes.
« Tout cela se fait avant même qu’il y ait des consultations publiques et que la population soit informée », dit-elle. Les groupes demandent aussi davantage de transparence de la part de l’Alliance de l’énergie de l’Est. « Ce sont des fonds publics, mais comme l’organisation est constituée en société en commandite, l’accès à l’information n’est pas le même que pour un organisme public », déplore madame Picker-Paquin.

Le développement de nouveaux parcs éoliens soulève également des inquiétudes concernant les infrastructures nécessaires pour transporter l’électricité produite.
Pour répondre à la demande, Hydro-Québec prévoit construire une nouvelle ligne de transport à haute tension entre le Témiscouata à Thetford Mines.

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