Tout un rodéo en politique régionale
L'opinion de Robin Lebel
On a eu droit à tout un rodéo en politique régionale cette semaine.
Tout a commencé, en fin de semaine dernière, alors que le Parti québécois devait choisir celle ou celui qui représentera le comté de Rimouski.
Si je résume ce qu’on m’a raconté et ce que la présidente régionale du parti m’a elle-même écrit, leur fête fut une belle réussite. Les membres se sont congratulés, se sont donné de petites tapes dans le dos et le chef est même venu faire un aller-retour par la 132, dimanche. Il n’est pas resté longtemps, il avait d’autres choses à faire.
Ne vous en faites pas, monsieur Plamondon. En région, on est habitués à voir des bols de soupe froide laissés sur la table avant même qu’on ait servi le plat principal.
Pour ma part, quand j’organise quelque chose, ce sont les échos du lendemain qui comptent. Si on en parle encore, si c’est positif, si ça circule un peu partout, là je sais que j’ai fait quelque chose de bien.

Et lundi, à quoi a-t-on eu droit? À la une de tous les médias : l’entrée au Parti conservateur de notre députée indépendante, Maïté Blanchette-Vézina. Elle restera en poste jusqu’à la fin de son mandat, en plus.
Madame Blanchette Vézina ne semble pas réaliser qu’elle nous a laissés en plan avec son départ précipité de la CAQ. Et elle en a rajouté en début de semaine avec son arrivée chez les conservateurs, éclipsant complètement la nomination du nouveau candidat péquiste.
Même le discours du chef Paul St-Pierre Plamondon est passé sous le radar. Si quelqu’un a un résumé quelque part, je suis preneur. Je badine, bien sûr.
Et ce n’est pas tout. En milieu de semaine, on apprend qu’elle ne se représentera même pas dans Rimouski : elle se présentera dans La Peltrie.
Un comté près de Valcartier, où le souvenir de son grand-père, soldat durant la Deuxième Guerre mondiale, lui serait soudainement remonté à l’esprit. Elle y aurait retrouvé ses « racines profondes ». Puisqu’elle le dit. Elle a aussi étudié à l’Université Laval et vécu 10 ans dans la région de Québec. Ouf… une vraie de vraie, comme on dit ici.
Penchant écologiste
Au fait, saviez-vous que madame Vézina a déjà été mairesse de Sainte-Luce et qu’elle avait un penchant écologiste? Je ne sais pas si elle est au courant, mais le Parti conservateur est favorable au forage du gaz de schiste.
Au diable les crapauds et les quenouilles. Il faut ce qu’il faut quand on veut protéger sa carrière. Parce qu’il faut bien se comprendre : elle tient mordicus à faire carrière en politique. Peu importe l’idée, peu importe le parti. Ce qu’elle veut, elle le veut pour elle.
Pendant ce temps, Rimouski a passé la semaine à la une pour les mauvaises raisons. Maïté Blanchette-Vézina fait ce qu’elle fait de mieux, soit de piger dans l’assiette au beurre à deux mains.
Elle a même poussé l’audace jusqu’à diffuser une publicité télé où elle se targue d’avoir été partie prenante de tout ce qui s’est passé ici durant son mandat.
La publicité dure 30 secondes. On y voit des bâtiments, des chantiers, les deux grues de la rue Saint-Germain. Il ne manquait que les bancs de neige, les fleurs de l’été passé, l’ouverture du Costco, les nuages dans le ciel et, évidemment, les pistes cyclables. Elle a tout fait ça toute seule.
On se demande presque si Donald Trump n’a pas déteint sur elle.
Bref, cette semaine, on a eu droit au fantôme pressé du Parti québécois et à la fanfare de Maïté Blanchette-Vézina. Je disais, il y a quelques mois, qu’elle devait démissionner. Pensez-vous que j’ai changé d’idée?

La politique est dans un tumulte qui n’a rien à voir avec le cynisme des citoyens. Ce sont simplement les moins compétents qui se présentent. Je demande pardon à ceux qui sont réellement à la hauteur.
Monsieur Caron, monsieur Bérubé, je vous salue et vous remercie d’être là. Grâce à vous, on garde espoir de voir un jour émerger d’autres personnes du même calibre.
En attendant, on parle de Maïté, de Donald Trump, de la souveraineté? Non, pas vraiment. Les sondages ont, une fois de plus, rangé ce projet dans les armoires, en espérant des jours meilleurs.
