L’hiver difficile pourrait réduire la récolte des dindons sauvages
La chasse printanière débute le 24 avril au Québec
La chasse printanière du dindon sauvage débute le 24 avril et la récolte s’annoncerait différente cette année, d’une zone à l’autre, et pour plusieurs raisons. L’ouverture qui suit un long hiver, aussi suivi d’un printemps tardif, ne sont pas les seules raisons qui pourraient influencer une réduction du prélèvement.
« L’hiver a été difficile et je m’attends à une diminution de la récolte, mais principalement dans les zones où il y a eu beaucoup de dindons, comme les 4, 5, 6, 7, 8 et 10. Là où les populations sont bien implantées. Celles-ci se stabilisent depuis quelques années. Ce sont dans ces mêmes régions que l’on a assisté à une diminution de la récolte globale de 7 % l’an dernier », explique Maxime Lavoie, biologiste à la Direction de la gestion des espèces et des habitats terrestres au ministère de la Faune et coordonnateur provincial du dindon sauvage.
Toutefois, au Bas-Saint-Laurent, en Mauricie, dans la Capitale Nationale et les Laurentides, la récolte de dindons a augmenté en 2025.
« L’expansion se poursuit vers le nord et l’est, où les densités augmentent et où les chasseurs devraient avoir plus de facilité à récolter des dindons, comme la 26 et la 27, et la 2 Bas-Saint-Laurent, qui est la zone limite de cette chasse dans la partie est de la province. Ce sont des zones marginales où il y a eu beaucoup de neige. Mais comme il y a moins de dindons, les chances de survie sont meilleures, parce que les grands oiseaux de ces zones ont accès à plus de nourriture », indique monsieur Lavoie.
Pas d’inquiétudes
En entrevue à « Rendez-Vous Nature », à l’aube de la 18e saison de la chasse du dindon sauvage 2026, Maxime Lavoie se fait plutôt rassurant. Les chasseurs n’ont pas à s’inquiéter sur l’état des populations de dindons.
« C’est certain qu’avec l’hiver qu’on vient d’avoir, il y a eu une diminution des populations, et la récolte devrait donc être moins élevée. Par contre, les conditions sont toujours bonnes pour le dindon, et ça ne devrait pas nuire à l’espèce, à court, moyen et à long terme », selon le docteur en biologie.

Le dindon a la capacité de se reproduire rapidement. Après l’accouplement, entre mars et juin, la femelle pond une douzaine d’œufs pas an. Leur incubation dure de 26 à 28 jours.
« Si le premier nid est manqué, il peut y en avoir deuxième et même un troisième. C’est pour cette raison que l’on peut remarquer des fluctuations assez importantes, d’une année à l‘autre et dans un même secteur ».
30 cm sur 30 jours
Le scientifique précise que le principal ennemi naturel du dindon est la neige au sol.
« Quand on a 30 cm de neige qui perdurent plus de 30 jours, on a des mortalités drastiques. Les individus grattent au sol pour trouver leur nourriture, mais l’épaisseur de la neige l’empêche d’y avoir accès », explique Maxime Lavoie. Mais quand la température descend trop, le dindon a besoin de plus d’énergie pour survivre et il doit s’alimenter davantage. S’il a de la misère à acquérir sa nourriture, le froid peut causer sa mort ».
Si le dindon a une bonne condition physique, il peut survivre de 10 à 15 jours sans se nourrir.
Rappelons que dès le vendredi 24 avril, c’est l’ouverture de la chasse du dindon à barbe seulement dans de nombreuses zones.
La période de chasse se poursuivra jusqu’au 5 mai dans certaines zones et le 18 mai dans d’autres. La chasse automnale reviendra du 24 au 30 octobre.

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