Taxe sur les nouveaux logements : Rimouski doit revoir son projet
Financer les infrastructures d’aqueduc et d’égouts
Des promoteurs immobiliers de Rimouski pressent les élus de modifier leur projet de règlement imposant une contribution aux développeurs pour financer des infrastructures d’aqueduc et d’égouts.
Dans un mémoire déposé à la Ville, Gestion Bérubé-Francis soutient que la mesure risque plutôt de faire grimper les loyers, le prix des maisons et la pression sur le marché immobilier.
Jennie Bérubé et Karol Francis disent appuyer l’objectif de financer les infrastructures nécessaires à la croissance de la ville, mais remettent en question la formule retenue.
« Il faut trouver une façon de financer ces projets en minimisant les impacts sur la population. », écrivent-ils.
Les signataires contestent notamment le principe du « nouvel utilisateur-payeur » présenté par la Ville. Selon eux, les coûts seraient ultimement assumés par les nouveaux arrivants et les ménages qui cherchent à se loger à Rimouski.
« Mais qui est réellement ce nouvel utilisateur-payeur ? Est-ce l’entrepreneur qui construit pour répondre à un besoin réel ? Soyez assurés que, s’il n’y avait pas de demande, aucun constructeur ne bâtirait des immeubles pour se retrouver avec des unités vides », soutiennent madame Bérubé et monsieur Francis.
Ils rappellent que Rimouski attire de nombreux travailleurs recrutés à l’extérieur, des retraités de l’Est-du-Québec, de la Côte-Nord et du Nouveau-Brunswick, ainsi que des étudiants universitaires.
« Avec le vieillissement de la population, n’avons-nous pas besoin de ces nouvelles personnes qui permettent d’assurer les services à la population? », questionnent-ils.
Selon Gestion Bérubé-Francis, la contribution envisagée entraînerait une hausse d’environ 2% des loyers dans le secteur locatif, soit 36$ par mois, ainsi qu’une augmentation d’environ 1% du coût de construction d’une maison neuve, estimée à 5 000$ pour une résidence moyenne.
Les auteurs du mémoire soutiennent qu’une hausse des coûts de construction aurait aussi des répercussions sur la valeur des propriétés existantes et sur les loyers déjà en place.
Ils craignent également qu’un ralentissement de la construction accentue la rareté des logements et fasse encore monter les prix.
« Il est essentiel de trouver une solution de financement qui évite de créer des impacts plus importants que le problème que l’on tente de résoudre. On parle aussi souvent de l’accès à la propriété qui est de plus en plus difficile pour les jeunes. Refiler une autre facture aux nouveaux acheteurs ne va-t-il pas à l’encontre des efforts déployés par d’autres paliers de gouvernement à cet effet ? », estiment-ils.
La Ville ouverte à des ajustements
Pour sa part, le maire Guy Caron affirme que le règlement pourrait être modifié à la lumière des commentaires recueillis lors de la consultation publique et de la consultation écrite, qui se terminait ce mardi 21 avril.
« On tient compte des commentaires, bien sûr. Nous aurons sous peu un deuxième projet de règlement qui pourrait être modifié par rapport au premier », indique-t-il.

La Ville doit financer environ 32,3 M$ de travaux liés à la mise aux normes des étangs aérés et à l’augmentation de la capacité d’approvisionnement en eau potable, notamment au réservoir Lamontagne.
Selon le premier projet présenté, 85 % de la facture des travaux aux étangs aérés serait assumée par les promoteurs et 15 % par les citoyens. Pour le réservoir Lamontagne, le partage proposé est de 50 % pour chaque partie.
Guy Caron soutient que si l’ensemble des coûts était transféré aux contribuables actuels, cela représenterait une hausse de taxes foncières de 2,5 % à 3 %.

Par