Le Phare : « on a tenu compte de l’ensemble des commentaires »
Le maire Guy Caron revient sur le vote des élus tenu à l'hôtel de ville
Le promoteur du projet Le Phare au centre-ville de Rimouski, le Groupe DTM, peut aller de l’avant puisque le conseil municipal de Rimouski a adopté lundi soir le règlement qui autorise la construction d’une tour de 17 étages de 53,2 mètres alors que la réglementation en place limitait la hauteur du bâtiment à 40 mètres.
Le maire de Rimouski, Guy Caron, rappelle que le conseil municipal a été saisi du dossier il y a quatre ou cinq semaines.
« Le promoteur avait fait une présentation publique en décembre dernier, mais ce n’était pas la Ville, mais pour nous, la demande de modification de zonage a été déposée il y a quatre ou cinq semaines. Ce n’est pas une décision qu’on prend uniquement pour le projet. Il faut prendre en considération l’impact que ce changement aura pour l’ensemble de la zone. Nous avons tenu compte de l’ensemble des commentaires exprimés, autant en séance publique que par écrit. Par la suite, les conseillers et conseillères ont pris leur décision. Six d’entre eux ont décidé d’expliquer leur décision en séance publique », indique-t-il.
Avant le vote sur le règlement, le maire Caron a répété que ce dernier n’en était pas en faveur ou non du projet ou pour ou contre un promoteur, mais bel et bien sur la modification au règlement de zonage pour modifier la hauteur maximale permise dans une zone particulière.
« La résolution a des impacts non seulement sur le projet qui a été présenté par un promoteur, mais sur tous les autres projets qui pourraient être présentés dans cette zone. Il est tout à fait approprié pour les membres du conseil municipal d’analyser les tenants et aboutissants d’une modification qui va changer le zonage dans cette section du centre-ville ».
Manque de civilité
Guy Caron a aussi déploré le faible niveau de civilité dans le débat public sur cette question.
« Il y a moyen de pouvoir débattre dans une ville comme Rimouski sans avoir à insulter les tenants de l’opinion contraire. Ce genre de propos ne fait pas avancer le débat public. On ne veut pas empêcher personne de débattre et de faire avancer ses idées, mais il y a une façon de le faire avec plus de civisme et non pas prêter des intentions particulières à des gens qui ne pensent pas comme nous ».
Les conseillers de Saint-Germain, Terrasses Arthur-Buies et Le Bic, Élise Gagnon, Antoine Durette-Landry et Alain Martineau ont voté contre le règlement.

Madame Gagnon a expliqué que le promoteur avait soumis un premier projet à l’hiver 2025 pour un bâtiment de 12 étages comportant 145 logements. «
La mouture finale est de 17 étages pour 136 logements. C’est un ajout de cinq étages pour une diminution de neuf logements. La modification au zonage ne favorise donc pas la densification, selon moi ».
Monsieur Durette-Landry a expliqué voter contre par respect pour l’opinion contraire. « Nous sommes loin d’avoir l’unanimité dans ce dossier contrairement à ce qui s’est passé en 2024 pour une première modification au zonage ».
« La Ville vient d’adopter une politique de participation citoyenne dans laquelle elle s’engage à tenir compte de l’opinion de la population dans ses décisions. La vue sur le fleuve a été mentionnée par 87% comme étant importante lors des dernières consultations sur le plan d’urbanisme », a commenté Alain Martineau.
Conseillers favorables
Parmi les conseillers favorables au règlement, certains ont pris la parole.
« Dans la dernière semaine, j’ai pris le temps d’écouter et de lire les propos émis lors de la consultation publique. Comme ville, nous devons faire des choix. Refuser de densifier dans le centre-ville, c’est accepter de s’étendre ailleurs. Rien n’est parfait. Les préoccupations sont légitimes. J’ai pris le temps de pondérer les pour et les contre et je vote en faveur », a indiqué le conseiller de Sacré-Cœur, Francis Chouinard.
« On se doit d’être visionnaires. Nous sommes au centre-ville. Nous devons prioriser la densification de la population », a affirmé le conseiller de Nazareth, Patrick Dumont, qui a aussi noté que ce projet va générer des revenus importants pour la Ville. « Une grande partie de la population, bien que moins bruyante et moins visible, est en faveur de ce changement », a-t-il ajouté.
« Ma position depuis le tout début a été de prendre connaissance des dossiers. Étant sensible aux enjeux environnementaux, je crois sincèrement que la densification au centre-ville est préférable à l’étalement urbain. Permettre une tour plus haute, c’est éviter l’ouverture de nouvelles rues et préserver nos espaces naturels », a déclaré le conseiller de Saint-Robert, Jocelyn Pelletier.

Le Groupe DTM prévoit la construction d’une tour de 140 logements sur 17 étages au centre-ville de Rimouski.
Le Phare représente un investissement estimé entre 40 et 50 M$. Il se situera sur le grand stationnement qui se trouve entre la Caisse Desjardins de Rimouski (100 rue Julien-Réhel) et le Pôle Santé Rimouski (226 rue St-Germain Est).

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