Vieillissement : les aînés dénoncent l’absence de plan par Québec
Rupture possible de services en soins à domicile et en hébergement
Les principaux organismes de défense des aînés du Bas-Saint-Laurent dénoncent unanimement le manque de vision du gouvernement du Québec pour répondre au vieillissement accéléré de la population.
Selon eux, l’augmentation du nombre de personnes âgées au cours des prochaines années risque de provoquer une rupture de services en soins à domicile et en hébergement, une réalité déjà bien présente dans plusieurs milieux ruraux.
Solange Tremblay représente la Coalition pour la dignité des aînés, qui regroupe six organismes totalisant plus de 150 000 membres.
L’ancienne présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent de la CSN reconnaît qu’un premier geste a été posé en janvier avec la publication d’une politique de soutien à domicile, mais juge la démarche insuffisante.
« Ça avance à petits pas. Ça va prendre des mesures beaucoup plus structurantes. Après une politique, ça prend un plan d’action », soutient-elle, rappelant que la coalition réclame depuis des années un véritable plan d’action.
La grande majorité des personnes âgées de la région vivent toujours à domicile. « On veut vivre chez nous. Mais pour ça, il faut de l’aide », estime madame Tremblay. Selon elle, le réseau de la santé répond à peine à une fraction des besoins actuels.
« Quand une personne a un problème d’autonomie, puis qu’on la laisse chez-elle sans rien faire, la seule porte d’entrée devient l’urgence. Et là, c’est le tourniquet qui s’installe. De la maison à l’urgence, encore moins d’autonomie, la situation s’aggrave. Il faut agir en prévention et offrir les services le plus rapidement possible. »
L’ex-député de Rimouski, Harold Lebel, aujourd’hui directeur du Carrefour des 50 ans et plus, qui regroupe 138 clubs dans l’Est-du-Québec, estime que les petites communautés sont les grandes oubliées.
« Les politiques du gouvernement n’aident pas les aînés en milieu rural. On est dans des communautés où il n’y a même plus de services de proximité. »
De plus en plus d’aînés appellent à l’aide
Le porte-parole de la Fédération des clubs de l’âge d’or du Bas-Saint-Laurent, Gilles Noël, affirme recevoir de plus en plus d’appels à l’aide.
« Surtout des personnes qui ont encore une certaine autonomie, mais pas assez pour rester seules chez elles. Elles nous demandent ce qu’elles vont faire », précise-t-il. Plusieurs résidences privées existent, mais elles demeurent hors de portée financière pour une partie importante des aînés. « On sait qu’il y a de belles résidences avec vue sur le fleuve, mais tous les aînés n’ont pas les moyens d’y accéder », indique monsieur Noël.
À son tour, il estime que la situation actuelle était prévisible et que le gouvernement a manqué de planification. « On ne sent pas que le gouvernement s’intéresse réellement au vieillissement de la population et aux besoins à venir. »
Gilles Noël croit toutefois que les personnes âgées doivent aussi préparer cette étape de leur vie. « Souvent, on pense que tout ira de soi. Mais on voit maintenant que ce ne sera pas le cas. Il faut aussi planifier son vieillissement. »
Pour Harold Lebel, vieillir à domicile n’a pas la même signification lorsqu’on habite loin des soins de santé. Il cite les inquiétudes entourant les urgences de Mont-Joli, Amqui Trois-Pistoles et Pohénégamook.
« La seule option devient de se rapprocher de Rimouski ou Rivière-du-Loup. Le message est clair : si tu veux bien vieillir, viens en ville. »


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