Pro Algue Marine de Saint-Simon : 20 ans à valoriser cette richesse
Seule entreprise au Québec à ramasser le varech échoué sur les plages
Depuis 20 ans, Pro Algue Marine de Saint-Simon récolte et transforme les algues de l’estuaire du Saint-Laurent. L’entreprise est la seule au Québec à ramasser le varech échoué sur les plages.
Elle détient également des permis pour récolter les algues du littoral entre La Pocatière et Sainte-Anne-des-Monts. Une fois séchées au soleil, les algues sont transformées en engrais, en compost ou en farine.
Au siècle dernier, les agriculteurs reconnaissaient déjà les propriétés des algues pour enrichir les sols. Cette ressource naturelle demeure abondante sur les berges du Bas-Saint-Laurent.
« C’est très riche en phosphore. Dans le temps, les gens allaient chercher ça sur les plages avec les chevaux et l’étendaient dans leurs champs pour améliorer les récoltes », explique le propriétaire de Pro Algue Marine, Jean-Pierre Gagnon.
Le travail demeure exigeant et saisonnier. La récolte des algues échouées se fait à marée basse, souvent aux petites heures du matin. L’entreprise emploie six travailleurs, de la fonte des glaces jusqu’à l’automne. Chaque année, entre 200 et 400 tonnes d’algues sont récoltées.
Malgré les contraintes du métier, Jean-Pierre Gagnon conserve la même passion. « J’aime développer de nouveaux produits et faire connaître les algues marines du Québec », affirme-t-il.
L’entrepreneur reconnaît toutefois que le Québec accuse un retard par rapport aux pays européens dans l’exploitation de cette ressource.
Compost recherché
Chaque printemps, la Ville de Rimouski transporte à l’usine des tonnes d’algues retirées du marais salant de Pointe-au-Père. Cette opération vise à limiter les odeurs causées par la décomposition des végétaux près des résidences du secteur.
Les algues sont mises en andains et compostées pendant au moins un an avant d’être mélangées à de la tourbe ou à de la terre noire. Le même procédé est appliqué au varech récolté sur les plages à Rimouski et à Sainte-Luce. Pour Jean-Pierre Gagnon, la ressource est loin de s’épuiser.
« Le goémon, le fucus et la laminaire représentent des centaines de milliers de tonnes au Québec. Quand on ne les récolte pas, elles se perdent », soutient-il. Une partie de la production est vendue directement aux particuliers.
Pro Algue Marine fournit aussi de grandes entreprises horticoles, dont Premier Tech à Rivière-du-Loup, ainsi que des producteurs maraîchers et de cannabis.
La principale activité de Pro Algue Marine demeure toutefois la récolte des algues coupées en mer. La cueillette se fait entièrement à la main.

« On récolte surtout des algues brunes, comme l’Ascophyllum nodosum et le fucus. On les coupe à environ 15 centimètres pour leur permettre de repousser. Après trois ans, on peut revenir au même endroit », explique le propriétaire.
Les algues sont ensuite séchées sur des vigneaux avant d’être déchiquetées et transformées en différents produits, dont des engrais liquides, granules ou farine.
Pro Algue Marine collabore aussi avec le centre de recherche Mérinov, à Gaspé, afin de développer de nouveaux produits.
« Notre farine d’algues est utilisée dans les salons d’esthétique pour les bains et les enveloppements », précise Jean-Pierre Gagnon. L’entreprise souhaite également élargir la distribution de ses engrais liquides commercialisés sous la marque BioMer dans les centres de jardinage et les quincailleries.
Pro Algue Marine a récemment investi dans la moder-nisation de son usine pour l’embouteillage et l’étiquetage de ses produits. Selon une étude récente, le marché canadien des produits à base d’algues marines pourrait atteindre près de 2 milliards de dollars d’ici 2026.

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