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Surpoids chez les jeunes : une situation inquiétante

Un jeune sur cinq est en situation d’embonpoint ou d’obésité

L’excès de poids et l’inactivité chez les adolescents inquiètent la Direction de la santé publique du Bas-Saint-Laurent. Un jeune sur cinq est en situation d’embonpoint ou d’obésité alors que moins du tiers des adolescents font le niveau d’activité physique recommandé pour être en bonne santé.

Le plus préoccupant, c’est qu’une majorité de jeunes sont maintenant sédentaires.Les chiffres sont inquiétants.

À quinze ans, 22 % des jeunes Québécois sont dans une situation de surpoids. La proportion est plus grande chez les garçons avec un jeune sur quatre qui présente de l’embonpoint ou de l’obésité, contre une adolescente sur cinq. Dans le Bas-Saint-Laurent, la proportion est légèrement moindre avec 19 % des jeunes en situation de surpoids.

Claudine Pelletier est agente de planification, de programmation et de recherche à la Direction régionale de la santé publique du Bas-Saint-Laurent. Elle souligne que l’excès de poids à l’adolescence se transpose à l’âge adulte.

« On a une proportion de 25 % des adultes au Bas-Saint-Laurent qui vivent vraiment avec de l’obésité. Puis si on ajoute l’embonpoint, on est autour de 30 %. »

Plusieurs facteurs sont en cause, notamment une mauvaise alimentation et le manque d’activité physique. « Pour être en santé, un jeune devrait bouger au moins une heure par jour, mais près des deux tiers sont considérés comme inactifs », explique madame Pelletier.

« Au Bas-Saint-Laurent, il y a 36 % des jeunes qui sont actifs. Il y a donc une bonne proportion qui ne bouge pas et ça ne change pas nécessairement depuis quelques années. Ça reste assez stable. C’est préoccupant. »

Hausse de la sédentarité

En plus de l’inactivité, les jeunes ont de plus en plus tendance à s’isoler. Ils adoptent des comportements sédentaires qui sont tout aussi néfastes pour la santé.

« De ne pas bouger et de rester assis ou coucher une bonne partie de la journée fait que l’on voit une espèce de dérive de la faible activité physique vers un comportement sédentaire. Et ça nous préoccupe encore plus parce que la sédentarité amène des problèmes de santé au même titre que le manque d’activité physique. »

L’agente de planification, de programmation et de recherche à la Direction régionale de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, Claudine Pelletier. (Photo courtoisie Santé Québec Bas-Saint-Laurent)

Les comportements sédentaires vont de pair avec une augmentation du temps passé devant les écrans. Dans une étude de 2023, l’Institut national de santé publique indiquait que les deux tiers des jeunes passaient plus de deux heures par jour devant leur écran. Le quart des jeunes dépassaient quatre heures par jour.

Madame Pelletier souligne que même si certains jeunes respectent le minimum d’activités physiques au quotidien, leurs habitudes de vie ne sont pas nécessairement sans risques.

« Un jeune peut être considéré comme actif, par exemple aller jouer au soccer, faire du vélo, donc il rencontre les recommandations d’une heure d’activité physique par jour. S’il ne fait rien le reste de la journée, le jeune a des comportements sédentaires aussi. C’est tout aussi néfaste que de ne rien faire du tout. »

Une situation préoccupante

L’excès de poids, la sédentarité et le manque d’activité physique sont des préoccupations majeures de santé publique. Les spécialistes notent une hausse des maladies cardiovasculaires, du diabète et de certains types de cancers.

Plusieurs études montrent aussi que les comportements sédentaires ont un impact majeur sur la santé mentale des jeunes qui risquent plus de souffrir de dépression et d’anxiété.

« D’où l’importance d’agir encore plus en prévention. S’il n’y a pas quelque chose qui change d’ici quelques années, on va encore faire face aux mêmes problèmes de santé que l’on vit actuellement. Il faut se donner des moyens comme société pour que ça change », explique madame Pelletier.

Les responsables de santé publique constatent également que les campagnes de publicité pour inciter les jeunes à bouger davantage ont peu d’effets. Claudine Pelletier croit qu’il faut avoir une vision plus globale de la situation.

« Il faut aussi que les environnements autour d’eux soient favorables à l’activité physique. C’est ce que l’on essaie de travailler avec nos partenaires. D’avoir des équipements dans une municipalité qui soient accessibles et sécuritaires, comme une patinoire, un centre de loisirs et des espaces publics, peut aider. Il faut aller davantage vers l’environnement du jeune pour lui offrir une facilité d’accès et qu’il puisse faire des choix en matière d’activité physique », dit-elle.

Malgré tout, elle demeure optimiste. « Il faut continuer nos efforts, commencer dès le plus jeune âge, si on est parent, à être un modèle pour nos enfants en jouant avec eux et en laissant de la place aux jeux libres et actifs et en développant le plaisir de bouger. Il n’y a pas de mauvais moment pour commencer à être actif. »

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