La Mitis pourra bloquer la démolition de bâtiments patrimoniaux
Droit de veto du conseil des maires
La MRC de La Mitis souhaite renforcer la protection et la mise en valeur de son patrimoine architectural. Le conseil des maires dispose désormais d’un droit de veto lui permettant d’annuler un permis de démolition afin de préserver un bâtiment d’intérêt patrimonial.
La MRC procédera aussi à l’embauche d’une personne-ressource afin de mettre à jour l’inventaire du patrimoine bâti et d’accompagner les municipalités dans leurs démarches.
Il y a quelques années, Québec a transféré la responsabilité de la protection du patrimoine immobilier aux municipalités. Les MRC devaient d’abord dresser un inventaire des immeubles construits avant 1940 présentant une valeur patrimoniale. La Mitis a complété une première liste au printemps dernier.
Le gouvernement a également confié aux MRC de nouveaux pouvoirs réglementaires afin de protéger et de mettre en valeur ces immeubles historiques. Dans La Mitis, le conseil des maires vient d’adopter un règlement lui permettant de bloquer la démolition d’un immeuble patrimonial.
« Dès qu’un bâtiment est considéré comme patrimonial et figure sur la liste, nous avons un pouvoir de désaveu. Une municipalité pourrait autoriser sa démolition, mais elle ne pourrait pas délivrer le permis immédiatement. Nous disposons alors de 90 jours pour nous prononcer et décider si nous désavouons la démolition ou si nous l’autorisons », explique le préfet de la MRC de La Mitis, Bruno Paradis.
Il estime que l’absence de politique claire en matière de préservation du patrimoine a contribué à la disparition de plusieurs bâtiments au cours des dernières décennies.
« Les compétences pour déterminer ce qui possède une réelle valeur patrimoniale variaient beaucoup d’une municipalité à l’autre. Tout se faisait légalement, mais certaines municipalités n’avaient peut-être pas la même sensibilité à la protection du patrimoine », soutient monsieur Paradis.
Selon lui, le transfert de cette responsabilité à la MRC permettra d’assurer une plus grande uniformité dans l’évaluation du patrimoine bâti.
Dresser un inventaire complet
Au cours des prochaines semaines, une personne-ressource complétera l’inventaire du patrimoine bâti. Son principal mandat, d’une durée de trois ans, consistera toutefois à offrir une expertise aux municipalités.
« L’objectif est surtout d’accompagner les citoyens et les organisations. On constate que les connaissances liées à la conservation et à la mise en valeur du patrimoine bâti se sont perdues avec le temps », souligne Bruno Paradis.
La MRC de La Mitis possède un riche patrimoine architectural, davantage associé au monde ouvrier et aux maisons ancestrales qu’aux grands édifices institutionnels. Plusieurs villages comptent néanmoins de belles églises et d’anciens presbytères de grande valeur.
Une partie importante du patrimoine régional témoigne également du passé industriel du territoire, notamment par la présence d’anciennes usines et d’ateliers d’artisans.

« Nous avons un bon nombre de bâtiments à valeur patrimoniale, mais malheureusement, nous en avons perdu beaucoup au cours des 20 ou 30 dernières années », déplore monsieur Paradis.
Parmi les joyaux à préserver, le préfet cite le Château Landry à Mont-Joli, le presbytère de Sainte-Flavie, les maisons ouvrières de Price, qui témoignent de l’histoire de l’industrie forestière, l’église de Saint-Octave ainsi que les résidences d’été de la communauté anglophone à Métis-sur-Mer.
Plusieurs maisons datant de l’époque seigneuriale, tout comme le Moulin banal du ruisseau à la Loutre, à Sainte-Luce, figurent également parmi les immeubles d’exception à protéger.
Quand le patrimoine peut devenir un investissement
La MRC de La Mitis souhaite que les communautés reconnaissent davantage la valeur des bâtiments anciens et leur importance comme biens collectifs. Une fois restaurés, ils deviennent souvent des attraits importants pour leur milieu.
Restaurés, ils deviennent des at-traits pour les collectivités. Le préfet Bruno Paradis cite notamment le Château Landry à Mont-Joli comme exemple de restauration réussie.
L’immeuble, en décrépitude, est aujourd’hui devenu un haut lieu de la culture mitissienne. Par contre, restaurer les bâtiments anciens de-mande souvent des investissements importants.
Les municipalités, qui sont toujours à la recherche de nouvelles sources de financement, pourraient être davantage tentées par la démolition.
« Un bâtiment qui commence à être en mauvais état, on va passer le bulldozer, construire un beau 12 logements,pis ça va nous rapporter des taxes foncières », indique monsieur Paradis. La MRC veut soutenir les municipalités ou les propriétaies privés qui voudront mettre en valeur d’anciens bâtiments.
« Il y a de l’aide financière disponible à la MRC et au ministère de la Culture. Nous voulons soutenir les promoteurs. »

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