L’Archidiocèse de Rimouski visée par une action collective
Présumées victimes d’agressions sexuelles par des membres du clergé
L’Archidiocèse de Rimouski et certaines de ses entités affiliées font l’objet d’une autre action collective autorisée par la Cour supérieure du Québec au nom de personnes qui auraient été victimes d’agressions sexuelles commises par des membres du clergé au cours des dernières décennies.
Comme le rapporte Le Soleil, la demande, autorisée le 12 juin, vise la Corporation archiépiscopale catholique romaine de Saint-Germain de Rimouski, l’Archevêque catholique romain de Saint-Germain de Rimouski ainsi que la Corporation du Séminaire de Saint-Germain de Rimouski.
Le recours s’adresse à toute personne, ou à ses héritiers, qui aurait subi une agression sexuelle de la part d’un ministre ordonné diocésain relevant de ces institutions entre 1946 et aujourd’hui.
Le principal demandeur affirme avoir été agressé sexuellement à partir de 1970 alors qu’il était âgé de 13 ans. Selon les procédures judiciaires, les gestes auraient été commis par l’abbé Béatrix Morin, alors qu’il était enfant de chœur dans une paroisse de Matane.
Les documents déposés devant le tribunal soutiennent que les agressions se seraient poursuivies après le transfert du religieux vers d’autres affectations.
En février 2021, Béatrix Morin a été reconnu coupable de plusieurs infractions à caractère sexuel commises sur six victimes. La majorité d’entre elles étaient mineures au moment des événements.
Il avait alors été condamné à une peine de trois ans d’emprisonnement.
Les procédures allèguent également que d’autres victimes auraient subi des agressions dans différentes paroisses du Bas-Saint-Laurent au cours des années où le religieux exerçait son ministère.
Allégations contre le Séminaire de Rimouski
L’action collective fait aussi référence à des agressions sexuelles qui auraient été commises par d’autres intervenants liés au Séminaire de Saint-Germain de Rimouski.
Parmi eux figure André de Champlain, qui occupait un poste au sein de l’établissement à la fin des années 1960. Selon les allégations contenues dans la demande, un garçon aurait été agressé à plusieurs reprises entre 1967 et 1971 alors qu’il fréquentait les lieux.

Le jugement autorisant le recours mentionne également l’existence d’autres victimes présumées ayant rapporté des gestes similaires impliquant des personnes associées au séminaire.
Nombre de victimes inconnu
Le nombre exact de personnes susceptibles de faire partie du recours demeure inconnu. Les documents judiciaires soulignent toutefois que plusieurs personnes auraient déjà communiqué avec les procureurs responsables du dossier pour relater des agressions qu’elles disent avoir subies.
Dans sa décision, le juge de la Cour supérieure Damien St-Onge estime qu’une action collective constitue le moyen approprié pour traiter ces réclamations, plutôt que de multiplier les poursuites individuelles.
Le dossier est pris en charge par un cabinet d’avocats montréalais spécialisé dans ce type de recours.
Par ailleurs, une autre action collective visant des allégations d’agressions sexuelles au sein de l’Église catholique est toujours en cours dans la région.
Celle-ci concerne le Diocèse de La Pocatière et vise notamment les abbés Rosaire Deschênes et Jean-Marc Garneau.
En 2024, deux cabinets de la firme Bellemare Avocats de Québec avaient déposé une action collective contre le diocèse de Rimouski pour de présumées agressions sexuelles commises par des membres du clergé alors qu’elles étaient mineures. La plus jeune aurait été âgée de cinq ans au moment des faits.

Par