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La ZEC-BSL s’oppose à un vaste projet éolien sur son territoire

Même si on nous offrait des millions $ par année, on n’a plus de raison d’exister.

La ZEC Bas-Saint-Laurent s’oppose sans condition et de « façon catégorique et irrévocable », à l’implantation d’un réseau d’éoliennes et d’une ligne de transport d’énergie de 735 kV sur son territoire de chasse, de pêche et de plein air créé en 1978, et qui compte plus de 2 000 membres.

L’étincelle qui vient de mettre le feu à ce dossier déjà connu des administrateurs de la zec, est une demande récente de l’entreprise EDF Renouvelables, une société de production d’énergies renouvelables, qui a son siège social à Montréal, pour installer des tours ou des mâts de mesures à vent dans la zone 2, secteur 30 milles, considéré comme le joyau du territoire avec ses réputés lacs poissonneux des Chasseurs, des Eaux-Mortes et du Mistigougèche, notamment. 

Ces tours à vent seraient en prévision de l’implantation d’une trentaine d’éoliennes de 200 mètres de hauteur, avec des conséquences sur le terrain telles le dynamitage et la construction de routes d’accès, la perte des habitats fauniques et des zones de conservation restantes. Ce même secteur compte le tiers des baux de villégiature de toute la zec, pour une centaine de chalets privés concernés et possiblement impactés par une probable dévaluation marchande. « Leurs propriétaires vont virer fous », estime le président de la ZEC-BSL, Guillaume Ouellet.

Le président de la Zec Bas-Saint-Laurent et du Réseau Zec, Guillaume Ouellet. (Photo Myriam Quenneville / Audet Photo)

« Rouler dans la farine »

La demande d’installation des tours à vent aurait été faite au ministère des Ressources naturelles, à l’insu des autorités gestionnaires de la ZEC-BSL. « On veut nous rouler dans la farine et nous jouer dans le dos », tonne le président Guillaume Ouellet. Pour ce dernier, la réalisation de ce projet d’industrialisation éolien serait dramatique à de nombreux égards. 

La résolution d’opposition de la ZEC-BSL met en lumière que son territoire est : «… situé dans une zone géographiquement comprimée entre le fleuve Saint-Laurent et le Nouveau-Brunswick, laissant peu d’espace disponible pour les territoires publics accessibles et écosystémiquement viables. Dans ce contexte de rareté, la ZEC représente une portion disproportionnée et irremplaçable des habitats naturels préservés et des corridors écologiques de la région, ce qui rend d’autant plus critique la préservation de son intégrité écologique et d’autant plus inacceptable toute industrialisation supplémentaire ».

Déjà grugé à 25%

« Même si on nous offrait des millions $ par année, on n’a plus de raison d’exister. Tout le système écosystémique va disparaître; environnement fragile, la perturbation majeure de la faune migratrice, une mortalité accrue chez les oiseaux et les chiroptères, une perte irréversible de biodiversité et une modification définitive des paysages naturels. Des impacts incompatibles avec la vocation faunique du territoire. Je ne veux aucune compensation financière. Que les localités attirées par les redevances des projets éoliens modifient plutôt leur économie et diversifient leurs actions pour attirer du monde sans se fier au vent », tonne le président de la ZEC-BSL, ajoutant que déjà 25% de son territoire de 1 017 km2 est déjà grugé par l’industrialisation, dont l’acériculture et la foresterie. 

Guillaume Ouellet presse le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, de préserver l’intégrité du territoire de la ZEC Bas-Saint-Laurent et de respecter sa vocation première de mise en valeur durable des ressources fauniques et des activités traditionnelles de chasse, de pêche et de plein air.

Les quelque 2 000 membres de la ZEC-BSL ont reçu copie de la résolution ce 1er juillet et conséquemment de la position de leurs administrateurs concernant cette éventuelle occupation de leur territoire pour le développement énergétique. Par le passé, la ZEC-BSL avait déjà rejeté deux autres projets éoliens. Ce troisième projet risque de faire du bruit, et pour longtemps!

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