28.11.2020
Nouvelle de 19 h La Ville ferme la porte à la restauration des Ateliers Saint-Louis

La Ville ferme la porte à la restauration des Ateliers Saint-Louis

Rimouski a toutes les données en main selon le maire Parent

La porte semble définitivement fermée, à la Ville de Rimouski, pour ce qui est de l’éventuelle restauration des Ateliers Saint-Louis, édifice aussi connu sous le nom d’ancienne école des Frères du Sacré-Cœur.

Les efforts consacrés depuis l’automne dernier à la sauvegarde du patrimoine bâti par un étudiant en architecture, Charles Ruest, viennent de rencontrer un premier obstacle. Monsieur Ruest a suscité un intérêt renouvelé envers le patrimoine bâti de Rimouski, en abordant publiquement la question.

Sa première démarche était de voir avec la Ville de Rimouski s’il y avait moyen de trouver de l’argent et s’il y avait de l’intérêt de la part de la Ville, pour donner une nouvelle vocation à l’édifice situé au coeur du centre-ville, à l’angle de l’avenue Saint-Louis et de la rue de l’Évêché Ouest.

Des fonctionnaires et membres du conseil lors de l’assemblée d’hier soir. (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

 Plus de 3 000 noms

Charles Ruest est intervenu à la séance du conseil hier soir et a déposé une pétition de 3 133 signatures en faveur de la sauvegarde des Ateliers Saint-Louis qui ne sont plus ni occupés, ni chauffés depuis 2007.

L’école est un des rares bâtiments de cette partie du centre-ville de Rimouski à avoir échappé au grand feu de 1950. La Ville, son propriétaire depuis 1980, l’avait mis à la disposition du Conservatoire de musique de Rimouski, à la suite d’un incendie au centre culturel (« centre civique »), de 2005 à 2007.

(Photo: Pierre Michaud-archives)

« Est-ce que la Ville peut faire les démarches nécessaires auprès du ministère de la Culture et des Communications pour obtenir une subvention qui permettrait de faire faire faire des analyses (sur les coûts de la restauration éventuelle) ? », a-t-il demandé aux élus.

Jacques Bérubé (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

« Nos capacités à l’interne nous permettent tout à fait d’identifier les bâtiments qui ont une valeur patrimoniale. C’est une question de capacité financière et d’avoir un projet associé à la restauration du bâtiment. Dans le meilleur des scénarios, la Ville aurait droit à un montant de 100 000 $. Or, le projet de restauration des Ateliers Saint-Louis coûterait de six à huit millions$, selon le carnet de santé produit par la Ville et selon les ingénieurs de la Ville. La seule chose qui mériterait d’être récupéré, ce sont les pierres qui ont servi à bâtir l’édifice », précise le maire, Marc Parent.

« Pour le moment, aucun projet n’est sur la table à la Ville. Lors d’un appel d’intérêt, personne ne s’est manifesté. Les coûts de restauration seraient si élevés que même la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) n’a pas voulu s’y impliquer », a ajouté monsieur Parent.

1 M$ pour un cent

Le conseiller Rodrigue Joncas a précisé que les Ateliers Saint-Louis ont déjà été offerts pour un cent à un entrepreneur de Rimouski, alors que la valeur du terrain serait de 1 M$.

« C’était un homme d’affaires très connu, qui a réalisé d’autres projets importants à Rimouski. Il a visité les lieux et a dit qu’il n’était pas intéressé », a notamment expliqué monsieur Joncas.

« La Ville n’a aucun document qui appuie ses dires sur l’état du bâtiment », a lancé Charles Ruest. « J’ai une grande confiance dans la compétence de notre équipe », a rétorqué monsieur Parent. Un citoyen bien connu, auteur et amant d’histoire et de patrimoine, Jacques Bérubé, a suivi monsieur Ruest au micro.

Peut-être pas rendus là!

« Je fais partie des 3130 signataires la pétition. Je fais partie aussi des gens qui s’intéressent à notre patrimoine depuis une quarantaine d’années. Je félicite Charles Ruest pour ses efforts et je me dis que si on avait eu plus de Charles Ruest, on n’en serait peut-être pas là! »

« Je vous invite à vous inspirer de ce qui se passe en Europe, où ce n’est pas parce qu’un édifice est dégradé qu’on doit le délaisser. On devrait considérer en ce sens d’occuper l’intérieur mais de conserver au moins la façade, l’escalier, le clocheton et certaines choses, comme des planchers. Je pense qu’il y a des efforts à faire et que s’il y a de l’argent disponible pour réaliser un carnet de santé, on devrait le faire, même si la Ville doit y mettre de l’argent, sans parler d’un montant astronomique. Je pense qu’il y a suffisamment de citoyens qui vous le demandent et que ça pourrait donner un élan à nos efforts de sauvegarde du patrimoine », a conclu notamment monsieur Bérubé.

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