28.09.2020
Actualités Une caravane de manifestants demeure sur place

Une caravane de manifestants demeure sur place

Une grande manifestation sur la pénurie de logements qui devait avoir lieu cet après-midi à Québec sera privée de délégués régionaux en raison du mauvais temps.

À l’occasion de la caravane du Front d’action pour le réaménagement urbain (FRAPRU) qui sillonne les routes du Québec depuis mercredi, un convoi d’une cinquantaine de personnes du Bas-Saint-Laurent devait rejoindre neuf autres convois pour une manifestation devant l’Assemblée nationale.

Des membres d’organismes communautaires, dont le Comité logement Rimouski-Neigette (CLRN), et des locataires de Mont-Joli, Rimouski, Sainte-Luce, Rivière-du-Loup et Montmagny auraient été du voyage.

Sur leur chemin, les militantes et les militants prévoyaient s’arrêter pour un rassemblement au bureau de la Ministre responsable de la région du Bas-Saint-Laurent, Marie-Ève Proulx, à Montmagny.

En trois jours, les membres du FRAPRU auraient au final visité une vingtaine de bureaux de circonscription de ministres afin « d’attirer leur attention sur l’urgence de s’attaquer aux problèmes de logement, alors que sévit la plus sévère pénurie de logements locatifs en 15 ans, au Québec », indique un communiqué.

Conséquences

Le FRAPRU et le Comité logement Rimouski-Neigette s’inquiètent des conséquences dramatiques de la pénurie de logement dans les municipalités du Bas-Saint-Laurent sur les locataires. À Rimouski, le taux d’inoccupation des logements locatifs a baissé à 2,6% sous le seuil jugé d’équilibre de 3 %. À Matane, il est à 2,8%. À Rivière-du-Loup, il est maintenant à 1,8%.

Dans certaines municipalités, le développement de l’industrie touristique et l’utilisation des plateformes d’hébergement de type Airbnb augmentent la pression sur les locataires « en diminuant l’offre de logements locatifs et en contribuant à la hausse du coût des loyers, rappellent les groupes de défense du droit au logement. »

Rareté

Les deux organismes craignent que la rareté des logements locatifs n’aggrave les problèmes des ménages déjà mal-logés.

 « Lors du Recensement de 2016, 3575   ménages locataires du Bas-Saint-Laurent avaient des besoins impérieux de logement, parce qu’ils vivaient dans un logement trop cher, trop petit ou en mauvais état. Leur revenu médian, qui n’est que de quelque 12 500$, ne leur permet pas de vivre convenablement dans les rares logements disponibles, souvent très chers, et encore moins dans ceux qui se construisent », rappelle Guy Labonté, du CLRN.

Bien que les besoins soient grands, très peu de logements sociaux ont vu le jour dans les dernières années.

Engagement

En campagne électorale la Coalition Avenir Québec s’est engagée à livrer ces 15 000 logements déjà prévus dans les budgets antérieurs, mais toujours pas réalisés.

Or, selon lui, « les sommes prévues sont insuffisantes pour livrer ces unités au coût actuel du marché, en ne demandant pas un effort démesuré au milieu ».

« Pour pouvoir réaliser d’autres projets que ceux en cours et répondre à une diversité de besoins, il faut aussi une nouvelle programmation dès le prochain budget. Pour accélérer le développement, on demande un plan sur 5 ans, plutôt que des engagements qu’on doit attendre d’un budget à l’autre » poursuit-elle, rappelant que pour la première fois en 20 ans, le premier budget caquiste ne prévoyait le financement d’aucune nouvelle unité

« Le Québec a les moyens financiers de faire davantage pour que leur droit au logement soit respecté. Il faut investir dans la construction de logements sociaux, les seuls véritablement abordables, que ce soient des logements publics, appartenant à des organismes sans but lucratif ou des coopératives d’habitation. Il faut donner un grand coup, rapidement », plaide Guy Labonté.

50 000 logements espérés

Il rappelle du même souffle à la ministre responsable du Développement économique régional que les investissements dans le logement social ont d’importantes retombées dans l’économie locale.

Pour leur part, le FRAPRU et le Comité logement Rimouski-Neigette demandent un grand chantier de 50 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans.

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