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Nouvelle de 17 h

De l’aide psychosociale disponible sur le terrain

Les travailleurs de rue reprennent du service
Luc Jobin (Photo journallesoir.ca)

L’organisme communautaire de travail social En Tout Cas confirme le retour de ses trois travailleurs de rue au centre-ville et autour de Rimouski, alors que la région sort peu à peu de la crise du coronavirus.

Luc Jobin, un enseignant en éducation spécialisée bien connu du Cégep de Rimouski, demeure le directeur de l‘organisme En Tout CAS, organisme de travail de rue dans Rimouski-Neigette. Appelé auparavant En Tout Cas Jeunesse, l’organisme s’adresse maintenant à tous.

Fonctions habituelles

« Nous avions confiné les travailleurs de rue depuis le début de la crise de la COVID-19. Essentiellement, ils faisaient des interventions par téléphone et ne sortaient que pour des motifs exceptionnels, seulement. À partir de demain, ils reprendront des fonctions plus habituelles, tout en gardant les rencontres directement chez les personnes comme étant des exceptions », résume monsieur Jobin.

« Pour ce faire, nous avons pris entente avec la Santé publique et la Sécurité publique, histoire de faire les choses dans les règles de l’art et d’éviter de mauvaises surprises à nos travailleurs de rue, une fois sur le terrain. Nous souhaitons éviter, en faisant cette annonce par l’entremise du journal le soir, que nos travailleurs de rue se fassent prendre en grippe par des citoyens bienveillants qui y verraient une dérogation aux mesures sanitaires dues à la COVID-19. »

Masque de protection

En plus de nombreuses normes de prévention à appliquer, les trois travailleurs de rue, qui s’appellent France, Valérie et Samuel, et arboreront un masque de protection identifié à leur nom. Les intervenants d’En Tout Cas effectuent quelque 10 000 interventions par année. Leur durée est très variable.

Les masques préparés à l’intention des travailleurs de rue. (Photo: courtoisie)

« Ce n’est pas nécessairement quelque chose d’extraordinaire. Parler à quelqu’un est considéré comme une intervention. C’est un spectre assez large. C’est bien vrai que le rôle des travailleurs de rue est davantage de s’adresser à des gens qui vivent des difficultés psychosociales. Cela dit, on n’est pas obligé d’avoir des problèmes pour faire affaires avec un travailleur de rue », précise Luc Jobin.

De l’aide

« Ce sont des intervenants qui vont un peu à l’inverse de ce que font les autres organismes de services sociaux. Dans les organismes plus traditionnels, ce sont les gens qui doivent se présenter vers les services, alors que nous, c’est le contraire : on va vers les gens pour leur offrir de l’aide. On rencontre des gens qui n’ont pas nécessairement des besoins, mais ça se peut aussi qu’on tombe sur des gens qui ont des besoins. L’approche est complètement différente. C’est ce qu’on appelle une approche de type « aller vers ». »

Clientèle variée

Alors que la détresse apparaît en croissance en raison de la crise, En Tout Cas s’adresse à un public large.

« C’est sûr que traditionnellement, les gens qui occupent la rue, ceux qui fréquentent les parcs, les bars, etc, sont les jeunes. Par contre, on a décidé de ne pas se consacrer exclusivement à ça », mentionne Luc Jobin.

« Nos travailleurs de rue se tiennent dans tous les lieux publics susceptibles où il pourrait y avoir des gens qui auraient besoin d’une intervention qui diffère des autres services. Il arrive qu’on aille chez les gens et il y aura un protocole à suivre dans ce cas, quand les gens nous invitent. Bref, on est partout! », lance-t-il.

Ne pas se surprendre

« On ne recommence pas exactement comme on faisait avant. Les rencontres chez les gens demeurent une situation exceptionnelle. Mais maintenant que nos travailleurs seront visibles dans les rues, il ne faudrait pas se surprendre de les voir en discussion avec deux ou trois autres personnes. Il faudra éviter de croire que nous encouragerons les rassemblements », fait remarquer monsieur Jobin.

« Comme il y a du monde dans la rue, on doit aller voir ceux qui sont dans la rue. Est-ce qu’on va se distancer? Bien évidemment! Mais on n’est pas des polices non-plus. Nous travaillons habituellement de façon souterraine, mais là nous serons plus visibles », rappelle Luc Jobin.

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