24.10.2020
Nouvelle de 19 h Les Rimouskois consomment autant d’eau potable qu’une ville de 120 000 habitants

Les Rimouskois consomment autant d’eau potable qu’une ville de 120 000 habitants

Un projet majeur viendra sécuriser la distribution

La Ville de Rimouski assure faire les efforts qu’il faut pour maintenir une distribution fiable de l’eau potable, mais différents problèmes, dont la surconsommation, se posent, selon le maire, Marc Parent.

Le journal le soir a invité ce dernier à préciser les projets et les gestes que la Ville entend réaliser pour améliorer la fiabilité du réseau d’aqueduc, alors que les Rimouskois font face à des restrictions sur leur consommation cet été et qu’une contamination par la bactérie E-Coli a touché le secteur du centre-ville il y a deux semaines. Cette alerte a toutefois été de courte durée et la situation est revenue à la normale.

« Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que, présentement, nous sommes tributaires d’une seule conduite d’amenée de l’eau et que ça expose la population à un risque énorme dans l’éventualité où on se retrouverait avec la même problématique qu’on a eue en 2018 ou en 2019, quand la conduite d’amenée s’était fissuré et qu’on avait pratiquement manqué d’eau. C’est donc important aujourd’hui de créer une deuxième conduite qui va permettre de s’assurer que jamais la population ne manquera pas d’eau », explique monsieur Parent.

Mais la population doit elle aussi faire sa part, remarque monsieur Parent. « Cela dit, l’arrivée d’une autre conduite ne viendra pas augmenter la capacité de production du réseau; elle viendra sécuriser la distribution. Nous avons six puits pour le réseau principal, mais présentement, dans certains cas, les citoyens de Rimouski consomment autant d’eau potable qu’une ville de 120 000 habitants. La seconde conduite n’amènera pas plus d’eau potable, car nous sommes limités par la capacité de production de nos puits, mais elle sécurisera la distribution », ajoute monsieur Parent.

Le maire Marc Parent. (Photo: archives)

Le cas de Sainte-Blandine

Il y a le réseau principal, mais il y a aussi les réseaux hérités des anciennes municipalités limitrophes lors des fusions de 2002. Sainte-Blandine pose un problème particulier et ses citoyens méritent d’être cités en exemple.

« Les citoyens de Sainte-Blandine font des efforts exceptionnels pour ménager l’eau potable (en attendant la réalisation du projet en cours), à la demande des autorités de la Ville, puisque le niveau du puits à Sainte-Blandine est extrêmement bas. Je leur lève mon chapeau, car ils gèrent de façon méticuleuse de leur eau. C’est l’exemple à suivre. Nous avons obtenu dernièrement les autorisations du ministère de l’Environnement et tout porte à croire que nous pourrons dès l’an prochain boucler le réseau de Sainte-Blandine avec le secteur de Val-Neigette. Ce dernier a un puits d’une énorme capacité de production, mais n’a pas de réservoir, tandis que la partie village n’a pas assez d’eau, mais a un bon réservoir. Ça réglera ce problème une fois pour toutes », commente aussi monsieur Parent.

La seconde conduite

« Le projet de seconde conduite du réseau principal est en marche. Nous attendions des certificats d’autorisation du ministère de l’Environnement depuis deux ans. Nous les avons obtenus la semaine dernière. Nous allons pouvoir amorcer les travaux en 2021. Le projet est développé et le financement est attaché. Nous obtiendrons un financement de l’ordre de 80% du programme PRIMEAU. Les plans et devis sont faits. On pourra aller en appel d’offres dans les prochains mois. C’est un projet d’environ 10 M$ », affirme enfin le maire Parent.

Contamination

Par ailleurs, dans le cas de la contamination d’il y a deux semaines au centre-ville, si l’avis d’ébullition a été levé très rapidement, c’est parce que de nouveaux tests étaient déjà en cours lors du point de presse tenu par la Ville, le 23 juillet, et pouvaient être validés dès le lendemain. Des lecteurs ont soulevé la question, car de tels tests prennent habituellement 48 heures et la Ville a annoncé la levée de l’avis d’ébullition dans les 24 heures suivant son point de presse.

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