COVID-19 > Avec la pandémie, les entreprises coupent dans les augmentations de salaires
COVID-19

Avec la pandémie, les entreprises coupent dans les augmentations de salaires

(Photo: Unsplash photos)

Une enquête de Morneau Shepell auprès d’entreprises canadiennes révèle des préoccupations liées à l’instabilité financière due à la pandémie, entraînant une augmentation prévue du salaire moyen national de seulement 1,9 pour cent en 2021.

Morneau Shepell est un grand fournisseur de services de gestion des ressources humaines axés sur la technologie, qui adopte une approche intégrée du mieux-être des employés grâce à sa plateforme infonuagique.

Alors que de nombreuses organisations se préparent à clôturer leur exercice financier et à évaluer les répercussions de la COVID-19 sur leurs activités, la principale question n’est pas de savoir si on accordera des augmentations ou des promotions salariales, mais plutôt si le gel de salaires s’avérera nécessaire pour rester à flot.

De 2% à 36%

Selon la 38e Enquête annuelle sur les prévisions salariales de Morneau Shepell, plus d’un tiers (36 pour cent) des organisations canadiennes ont gelé les salaires de leurs employés en 2020, en comparaison à une prévision réalisée avant la pandémie qui s’élevait à seulement deux pour cent.

Il est fort probable que cette tendance se confirme également l’année prochaine, car près de la moitié (46 pour cent) des employeurs hésitent entre augmenter ou geler les salaires, et 13 pour cent ont déjà pris la décision de n’accorder aucune augmentation en 2021.

Première en 12 ans

Pour la première fois depuis la crise financière de 2008, l’enquête a permis de relever une augmentation moyenne prévue des salaires de base à l’échelle nationale inférieure à 2,0 pour cent, causée par les répercussions conjointes des gels de salaires et de l’instabilité économique.

En 2019, l’augmentation moyenne des salaires, incluant les gels, s’élevait à 2,4 pour cent par rapport à l’année précédente, soit un résultat considérablement plus élevé en comparaison à l’augmentation réelle des salaires de base de 1,6 pour cent en 2020.

Légère reprise

Pour 2021, les employeurs au Canada s’attendent à une légère reprise, en prévoyant une augmentation moyenne des salaires de base de l’ordre de 1,9 pour cent, incluant les gels. Si on omet les gels salariaux et les rajustements attribuables aux promotions, les employeurs prévoient une hausse des salaires correspondant à 2,5 pour cent en 2021 – soit une diminution par rapport aux 2,6 pour cent enregistrés en 2020, excluant les gels.

Alors que l’instabilité financière et les répercussions qu’elle produit sur les salaires en 2021 n’épargnent aucun employeur à l’échelle nationale, certaines provinces s’attendent à être frappées plus durement que d’autres. En effet, 16 pour cent des employeurs de l’Alberta prévoient un nombre de gels de salaires supérieur à toute autre province, motivés en grande partie par une baisse spectaculaire des prix des produits de base.

 Pendant ce temps, les provinces de l’Atlantique s’attendent à connaître une certaine stabilité économique en 2021, avec 8 pour cent des employeurs au Nouveau-Brunswick anticipant des gels salariaux, suivi de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador, indiquant un taux identique de 9 pour cent, et de l’Île-du-Prince-Édouard, avec un taux de 10 pour cent.

La variation prend de l’ampleur

La variation des prévisions de gels prend encore plus d’ampleur si on compare les résultats par secteur d’activités. D’après l’enquête, 42 pour cent des employeurs dans le domaine des arts, du divertissement et des loisirs et 25 pour cent des employeurs des services éducatifs ont décidé de geler leurs salaires en 2021 étant donné que leurs secteurs, qui dépendent largement des activités en personne, continuent de subir les contrecoups des restrictions de distanciation sociale liées à la pandémie.

Quant aux industries qui indiquent un bon rendement et qui ne prévoient pas geler les salaires au cours de la prochaine année, elles représentent 58 pour cent des employeurs de l’immobilier, de la location et de la location à bail, 57 pour cent des employeurs des services publics, 56 pour cent des employeurs du secteur de l’agriculture, de la foresterie, de la chasse et de la pêche, et 51 pour cent des employeurs de la finance et de l’assurance.

Incertitude

« L’incertitude est devenue une expression à la mode en 2020; il est toutefois extrêmement important de regarder au-delà de ce terme afin de mieux comprendre les répercussions importantes de l’instabilité des employeurs sur notre économie et les employés au Canada, et de chercher à atténuer ce phénomène dans la mesure du possible, explique Anand Parsan, vice-président, Services-conseils en rémunération.

Les résultats de cette année font partie des données les plus préoccupantes que nous avons connues depuis la création de cette enquête, qui remonte à 1982. Alors que pratiquement la moitié des employeurs appréhendent l’année 2021, il est important que les Canadiens soient conscients des conséquences éventuelles sur leur bien-être financier et s’attendent à vivre une autre année difficile.

Stratégie à revoir

Les employeurs devraient revoir leur stratégie de rémunération globale et songer à ce qu’ils peuvent faire pour soutenir leurs effectifs dans une période comme celle-ci, y compris l’accès à de la formation dans le domaine financier, à des ressources et à du soutien sur le plan émotionnel, étant donné que le stress financier a une forte incidence sur le bien-être global, la résilience et le rendement de la main-d’œuvre. »

« Lorsque nous évaluons l’ampleur de cette incertitude par secteur d’activité, 68 pour cent des employeurs du transport et de l’entreposage et 58 pour cent des employeurs du domaine de l’hébergement et des services de restauration ont indiqué ne pas savoir s’ils gèleront les salaires en 2021. Quant aux industries qui présentent les pourcentages les moins élevés, 31 pour cent des employeurs du domaine de l’immobilier, de la location et de la location à bail, et 38 pour cent des employeurs des services publics signalaient ne pas encore avoir pris de décision à cet égard pour l’année 2021 », estiment les responsables de la recherche.

L’effet négatif de la COVID-19
Mis à part les salaires, cette enquête met également en lumière d’autres conséquences financières de la pandémie. En 2020, la majorité des employeurs (76 pour cent) ont signalé que la COVID-19 a eu un effet négatif sur leurs chiffres d’affaires, alors que 22 pour cent ont indiqué une chute importante, 34 pour cent ont indiqué une diminution modérée, et 20 pour cent ont signalé une légère baisse.

Cette réalité est très proche de celle du produit intérieur brut (PIB) du Canada, dont les deux premiers trimestres de 2020 ont donné lieu aux plus faibles rendements du PIB depuis la crise financière de 2008. Au premier trimestre de 2009, le PIB avait connu une baisse de 2,3 pour cent, comparativement à la plus récente dégringolade de 11,5 pour cent au deuxième trimestre de 20201.                                                                                            

Forte chute

« Nous avons connu une forte chute au deuxième trimestre en matière de croissance, un phénomène clairement visible en considérant le PIB du Canada et les chiffres obtenus auprès des employeurs et comptabilisés dans l’enquête de cette année », décrit Guylaine Béliveau, directrice, Services-conseils en rémunération.

 « Alors que notre économie entre officiellement en récession, il est important de demeurer attentif à l’état d’esprit des Canadiens d’un océan à l’autre. La stabilité financière est un morceau important du casse-tête du bien-être, et il est crucial que les employeurs continuent de maintenir une communication ouverte avec les employés quant aux effets de la pandémie sur leurs activités. Faire preuve de gouvernance, de gestion des risques et de communication appropriés concernant les politiques et programmes importants en matière de rémunération sont des moyens efficaces pour aider à renforcer la confiance et le sentiment de sécurité, même en sachant que la période à venir s’annonce difficile. »

Les données proviennent d’un large éventail de secteurs d’activités, représentant 889 organisations au Canada, et fournisent des renseignements sur les pourcentages d’augmentation réelle des budgets salariaux de l’année précédente et de celle en cours, ainsi que les augmentations prévues pour l’année à venir.

Pour lire le rapport sommaire et en apprendre davantage sur les Services-conseils en rémunération Morneau Shepell, visitez le site https://www.morneaushepell.com/ca-fr/services-conseils-en-remuneration.

Facebook Twitter Reddit