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Crise et marchés boursiers : la réaction des gouvernements aura sauvé la mise

L’économie mondiale se sera somme toute bien tirée de la crise du coronavirus, selon ce que constate un expert des marchés boursiers rimouskois, Sébastien LeBlanc.

Au fil de cette dernière année vraiment unique, monsieur LeBlanc aura collaboré à trois reprises avec le journal le soir incluant celle-ci. Nous avions aussi abordé avec lui les premiers effets de la crise sur la bourse et les impacts de l’élection présidentielle américaine. Il est temps de voir maintenant où nous en sommes.



Une année rocambolesque

« Ce fut une année rocambolesque, pas seulement sur le plan social, mais aussi sur le plan économique et des marchés boursiers. La COVID nous a plongés dans une récession, la pire depuis les années 1940. En termes d’investissement dans les marchés financiers, historiquement, quand il y a une récession, le marché recule en moyenne de 35%. Ce fut le cas aussi en 2020. Ça veut dire que du sommet des marchés en février jusqu’au creux des marchés, le 23 mars, on a enregistré un recul de 35% », explique-t-il.


« Ce qui est différent, c’est que d’habitude, le marché recule sur une période d’un an à un an et demi du sommet jusqu’au creux et que cette fois-ci, ce fut beaucoup plus rapide et brutal. Le recul s’est fait en 33 jours entre le sommet et le creux de la vague. Ce fut soudain et abrupt, évidemment en raison de la COVID et de toute l’incertitude que ça causait pour l’économie et l’aspect sanitaire, car on ne connaissait pas le virus. Les marchés étaient dans le brouillard », poursuit monsieur LeBlanc, conseiller en placement à la Financière Banque Nationale.

Redressement



« Il s’est opéré un redressement des marchés à compter du creux du 23 mars pour différentes raisons. D’abord, les mesures fiscales très robustes adoptées par les gouvernements un peu partout dans le monde. On pense ici aux mesures comme la prestation canadienne d’urgence (PCU) et les prêts aux entreprises. Ça a fait en sorte que les marchés et les intervenants se sont dits : on vit une récession, mais ce ne sera pas une dépression et les entreprises ne feront pas toutes des faillites. Le marché s’est rétabli aussi en raison du fait qu’on a compris assez rapidement c’était quoi le coronavirus. Avec le temps, on a compris que ça touchait plus les personnes âgées et qu’il fallait mettre en place des mesures sanitaires comme le lavage des mains et l’isolement », précise aussi monsieur LeBlanc.

« Là, on est rendu au vaccin, ce qui fait en sorte que dans les marchés financiers, il n’y a plus beaucoup d’incertitude reliée à la COVID. Le marché est comme un baromètre. Il voit un peu en avant ce qui va se passer. On va finir par reprendre une vie normale et on voit que la lumière est au bout du tunnel. En fonction des événements et des problèmes, le tunnel va s’allonger ou raccourcir. Les marchés financiers voient quand même qu’on va s’en sortir et l’avenir de manière positive », estime Sébastien LeBlanc.


Gagnants et perdants

Il demeure pour les investisseurs que la crise a fait des dommages pour certains en laissant son empreinte sur certains secteurs d’activité économique. Ceux qui avaient des actions de compagnies aériennes, notamment, ont perdu des plumes, mais que ceux qui ont investi dans la recherche pharmaceutique et la technologie ont faits des gains.

« En 2020, il y a eu une grande disparité dans les rendements des différents secteurs. Il y a des entreprises qui ont bénéficié des événements reliés à la COVID et d’autres qui en ont souffert. Le grand gagnant est le secteur de la technologie. Dans le domaine de la technologie, on ne connaissait pas la plateforme Zoom avant la crise et maintenant, tout le monde s’en sert. Il y a eu de gros gains de ce côté. À l’inverse, les secteurs qui ont souffert comme l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, ont affecté les détenteurs de titres. La reprise qui est en train de s’établir pourrait faire en sorte que les grands perdants de 2020 soient les grands gagnants de 2021, parce qu’il va y avoir une sortie de crise et un retour à la normale. On va finir par recommencer à voyager et les titres des compagnies aériennes, par exemple, vont reprendre de l’aplomb », conclut monsieur LeBlanc.


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