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Nouvelle de 18 h

L’œuvre instituée en souvenir de la fille de Michel Germain continue d’aller de l’avant

La mémoire de Jennely Germain plus vivante que jamais
Jennely Germain (Photo: courtoisie)

La Fondation Jennely-Germain, créée en septembre 2019, en mémoire de la fille du journaliste sportif et descripteur radio des matches de L’Océanic de Rimouski (LHJMQ), Michel Germain, continue d’aller de l’avant avec de bonnes nouvelles.

L’objectif de la Fondation est d’assurer une alimentation saine et suffisante à des enfants défavorisés.

La fille de Michel Germain est décédée dans un accident de la route survenu le 15 décembre 1998, où il a également perdu sa conjointe, Martine, et sa mère, Georgette. Cette épreuve, Michel Germain continue de la vivre avec courage.

Rarement aura-t-on vu une Fondation dont l’objectif « colle » autant à l’identité propre de la personne en mémoire de laquelle elle a été instituée. Comme d’habitude, monsieur Germain, avec éloquence, se souvient de nombreux détails avec précision. Ses explications sont fondamentales pour bien connaître la nature de la Fondation.

« À huit ans, Jennely faisait déjà preuve de conscience sociale. C’est probablement dû à l’historique de Martine, qui venait d’une famille de sept enfants, à Saint-Noël. Ça n’a pas toujours été facile, donc, je me suis dit : « elle tient ça de sa mère. » Martine était comme ça. »

Michel Germain lors de la soirée hommage à Sidney Crosby. (Photo: courtoisie, L’Océanic de Rimouski)

L’Éthiopie

« Moi, la misère, je ne connaissais pas ça. J’étais enfant unique. Quand je demandais quelque chose, je l’obtenais. Pour moi, la misère, c’était quand j’étais adolescent à 14 ans, à la télé à « Format 60 », quand on voyait les reportages sur la famine en Éthiopie. C’était loin, ailleurs », relate monsieur Germain.

« Quand j’ai décidé de créer la Fondation, j’ai « allumé » sur un souvenir particulièrement important de ma fille. Il suffisait d’ouvrir les yeux. Un jour, je lui ai demandé si elle avait aimé sa journée à l’école; elle était en deuxième ou troisième année. Elle avait sept ou huit ans. « Puis, ma fille, as-tu aimé la collation que papa t’a préparée? ». Elle semblait un peu mal à l’aise, elle ne savait pas trop comment réagir. Je lui ai demandé : « Tu n’as pas aimé ça? Tu peux le dire à papa ». Et c’est là qu’elle m’a raconté qu’au moment de la collation, elle avait vu deux de ses amis qui n’avaient rien à manger dans leur boîte à lunch. Je lui ai demandé : « Puis, qu’est-ce que tu as fait? ». Elle m’a répondu : « J’ai donné ma pomme à l’un et ma barre tendre à l’autre. »

Boîte à lunch vide

« Elle se retrouvait avec sa propre boîte à lunch vide, mais elle a ajouté « Moi, papa, je savais qu’en arrivant à la maison, ce soir, à la maison, j’aurais un bon souper. » Ça a été comme une décharge électrique, pour moi, cet instant-là. Je le dis souvent aux autres membres du c.a. de la Fondation et ils disent comme moi, pour me faire plaisir ou sincèrement : l’âme de Jennely va toujours planer au-dessus de nos libérations. C’est vraiment ce qui anime la Fondation et ça ne changera jamais », poursuit Michel Germain.

Un apport formidable

Les personnes qui aimeraient contribuer à la Fondation ont maintenant à leur disposition un nouvel outil pratique pour le faire. Michel Germain a annoncé ces derniers jours que la Fondation est maintenant reconnue et associée à l’organisme Canadadon.org, qui facilite la cueillette des sommes consacrées à son œuvre.

« On se connecte par Internet et on suit les instructions. Je crois que c’est un  organisme fédéral, parce qu’il a connu l’existence de la Fondation Jennely-Germain à l’occasion d’une demande de numéro de permis d’oeuvre caritative pour pouvoir remettre des reçus d’impôt. Le gouvernement fédéral nous a probablement associés à cet organisme après avoir vérifié si nous étions bel et bien un organisme à but non lucratif, un organisme de charité. J’ai déjà deux amis qui l’ont utilisé et ce qui est formidable et qui nous économise beaucoup de travail, c’est que c’est Canadadon qui remet immédiatement le reçu d’impôt. Nous n’avons donc pas besoin de tout recenser en début d’année, même si nous gardons tout ça dans nos dossiers. Nous invitons donc les gens à utiliser cette plateforme de cueillette de dons. On peut aussi établir un calendrier de don mensuel », précise monsieur Germain.

Polos très populaires et appel à l’aide

Autre nouvelle, les administrateurs ont maintenant des chandails de type polo aux couleurs de la Fondation qu’ils prévoient utiliser pour des activités promotionnelles. Mais voilà que la publication de Michel Germain à ce sujet fait en sorte que le grand public veut s’en procurer.

« On y songe, parce que là, on se fait bombarder de demandes depuis hier. Tout ce que les gens nous disent, c’est « je veux en acheter un! ». Au prochain conseil d’administration, je vais apporter ce sujet sur la table. Le problème que je vois venir, c’est que personne n’a le temps, parmi les sept membres du c.a., de s’en occuper. Si on pouvait trouver quelqu’un qui pourrait gérer ça, je l’invite à prendre contact avec moi. Ça nous donnerait un gros coup de main », mentionne la voix de L’Océanic.

(Photo: Facebook-Michel Germain)

Tournoi de golf

Par ailleurs, toujours au bénéfice de la Fondation, un tournoi de golf qui avait dû être annulé l’an dernier en raison de vous-savez-quoi devrait normalement avoir lieu cette année.

« Un ami, Jean-Pierre Bélanger, m’a confirmé que ça aurait lieu. Il a quand même versé 1 000 $ à la Fondation l’an dernier et il le fera encore cette année, au minimum. Il est peut-être plus optimiste que moi. C’est son organisation. Je lui fais confiance. D’ailleurs, le tournoi sera présenté en fin de saison, alors on peut penser que les chances sont bonnes pour qu’il ait lieu », assure Michel Germain.

Comme cela arrive souvent dans un drame, les épreuves permettent de tisser des liens humains importants, rappelle monsieur Germain :

« Le lien s’est établi d’une drôle de façon. Jean-Pierre Bélanger est un Gaspésien qui organisait un tournoi de golf-bénéfice en Gaspésie, lorsqu’il y habitait. Ce tournoi était au nom de son père. Quand son père est décédé, il a décidé de déménager ses pénates à Rimouski. Il a entendu parler du tournoi de la Fondation Jennely-Germain. »

« Il m’a appelé et demandé ce que faisait notre Fondation. Il m’a dit : « C’est en plein le genre de mission que mon père aurait adoré appuyer. Si ça ne te dérange pas, je vais organiser un tournoi de golf à Rimouski et je vais remettre les profits à la Fondation Jennely-Germain. Je lui ai répondu (en riant): « Mais ça ne me dérange pas du tout! Pas pantoute! » C’est comme ça qu’on s’est connus. On est allés déjeuner ensemble et on s’est parlé. Finalement, il fait le même « trip » que Jennely faisait : il veut aider des enfants qui ont de la misère à pouvoir se nourrir », conclut Michel Germain.

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