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Éditorial

Se souvenir d’où l’on vient

La Cathédrale Saint-Germain est fermée depuis bientôt sept ans.(Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

Il y a un proverbe africain qui dit : « Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. » 

Ces mots remplis de sagesse prennent énormément de sens lorsque nous les ramenons sur le plan de la protection et la valorisation du patrimoine. En ce sens, la valeur culturelle et architecturale de notre patrimoine bâti est en quelque sorte un indicateur de l’ampleur des efforts de nos prédécesseurs à bâtir le Rimouski d’aujourd’hui.  

Dans les dernières années, on peut dire que le patrimoine rimouskois a été un tant soit peu malmené, la liste des bâtiments historiques négligés étant assez longue. Rapidement, on pourrait penser aux Ateliers Saint-Louis, à l’ancienne école d’agriculture, au site de la cathédrale, et le manège militaire sur la rue Saint-Jean-Baptiste. Ces bâtiments ont comme point commun de tenir debout, mais sans vivre leurs meilleurs jours par un certain manque d’entretien. Il faut aussi savoir que, malheureusement, la liste est encore longue des bâtiments patrimoniaux détruits dans l’histoire moderne de Rimouski. 

Les Ateliers Saint-Louis. (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud-archives)

Ces bâtiments patrimoniaux, qui pour la plupart ont été détruits lors du tristement célèbre incendie de Rimouski du 6 mai 1950, et les autres qui ont été démolis sans trop de réflexion sur l’impact culturel et social de leur disparition du paysage de notre communauté. La tradition de ne pas être les champions de la protection du patrimoine ne date pas d’hier à Rimouski. Heureusement, il est possible de changer cette réalité. 

Sans ces bâtiments, le visage architectural et historique de notre ville serait énormément défiguré. Il faut dire qu’il n’y a plus beaucoup de bâtiments de plus de 100 ans à Rimouski. Il est donc d’autant plus important de redoubler d’efforts pour protéger ceux qui sont encore debout. La protection du patrimoine, ce n’est pas vraiment une question d’argent, mais plutôt une question de volonté. Il faut se donner comme communauté le mot d’ordre de rendre honneur à ces bâtiments qui font partie intégrante de notre identité communautaire, ils sont en quelque sorte les repères tangibles de notre tissu social.

Le vieux manège militaire. ( Photo: Pierre Michaud archives )

Imaginons la fierté de réussir comme collectivité à s’unir afin de valoriser et de s’approprier notre patrimoine bâti. Nous sommes capables de changer notre relation avec la gestion du patrimoine, de transformer ces endroits qui semblent pour certains impossibles à convertir et de créer des lieux importants pour le développement futur de notre région.

Comme citoyen, comme communauté, il est possible de faire changer les choses, il est possible de se souvenir d’où l’on vient pour plus facilement regarder vers où l’on va! 

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