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Un propriétaire dit avoir recours à des mesures extrêmes pour expulser un locataire

Une saga entre une locataire de logement et son propriétaire qui a débuté en février dernier s’est poursuivie à Rimouski, aujourd’hui, alors qu’un huissier de justice s’est présenté au 347 de la rue Tessier pour demander à l’occupant de l’appartement du premier étage de quitter volontairement les lieux.

L’homme a refusé. Dans un point de presse, le propriétaire, Régis Roussel, et son avocat, maître Pierre Lévesque, ont expliqué ce matin qu’ils souhaitaient notamment laver la réputation du propriétaire qui aurait subi des préjudices dans cette histoire.



En février dernier, sa locataire a publié une photo sur Facebook, sur laquelle on constatait qu’un escalier extérieur avait été retiré à son insu, disait-elle. Elle affirmait que son propriétaire avait posé ce geste pour provoquer son départ, afin de demander un loyer plus élevé au locataire suivant.

La Ville de Rimouski avait confirmé plus tard que les démarches du propriétaire avaient été menées en toute légalité et que l’édifice était conforme, sur le plan de la sécurité incendie.


« Quand ton proprio veut que tu partes parce que tu payes 385$ ton 4 ½, ben…il enlève ton escalier sans préavis. Ce matin, il y avait des murs, des fenêtres « pis » un escalier sur le solarium avant. Le tout est dans le containeur qui bloque notre accès au stationnement. Pour les sceptiques qui trouvent que la bâtisse a l’air « abandonnée », nous sommes deux logements sur trois du triplex qui sont occupés », avait écrit Marianne L. sur sa page Facebook.

Messieurs Lévesque et Roussel soutiennent que la dame a déclaré publiquement à travers ses sorties publiques qu’elle ne renouvellerait pas son bail. Le propriétaire l’a pris pour acquis, mais il apprenait le 30 juin dernier que la locataire avait cédé son bail à une tierce personne sans obtenir auparavant son approbation. C’est cette personne qui a reçu la visite du huissier.



La locataire visée a publié cette photo sur sa page Facebook. (Photo: Facebook-Marianne L.)

Méchant capitaliste

Régis Roussel, qui exploite quelque 500 logements en ville avec sa famille, considère que c’est un cas extrêmement rare. Messieurs Roussel et Lévesque y voient une mise en scène n’ayant pour but que de mettre des bâtons dans les roues de l’homme d’affaires qui veut effectuer des travaux de rénovation sur le bâtiment qu’il a acheté l’an dernier.


« C’est un conflit qui perdure. L’occupant du logement n’a pas d’affaires là. Nous voulions que vous en soyez témoins, car les propriétaires passent toujours pour les méchants dans ce genre de controverse. Dans l’esprit de bien des gens, nous ne sommes que de méchants capitalistes. »

Parfaitement légaux

« Je pense que notre conduite est irréprochable. Nous avons fait tout ce que nous avions à faire sur le plan légal. Nous avons nos permis de la Ville de Rimouski pour les travaux de rénovation. Même quand on a enlevé l’escalier, on était parfaitement légaux. Madame ne dit pas la même chose, mais nous sommes dans notre bon droit », estime monsieur Roussel.

« Nous avons déjà eu un jugement du Tribunal du logement contre nous, mais c’est minime comparativement au nombre de logements qu’on possède. Le juge a alors accordé un dédommagement de 1 500 $. C’était juste pour dire qu’il avait gagné », ajoute l’homme d’affaires bien connu.

Jamais vu

Monsieur Roussel estime avoir souffert de cette histoire. « On ne savait pas quoi faire quand l’histoire est sortie. On n’est pas habitué à ce genre de situation. C’était difficile », a aussi dit Régis Roussel. « En 38 ans de pratique, je n’ai jamais vu ça », renchérit maître Lévesque.

« Je trouve qu’il y a des personnes qui abusent du système. Ils ont recours aux avocats de l’Aide juridique qu’ils n’ont pas à payer. On prend des propriétaires en otage. Pendant ce temps, un projet qui rendrait trois logements accessibles en période de crise est retardé. En vous invitant, je souhaitais que l’on montre l’envers de la médaille. On n’aime pas la mauvaise réputation qui est faite aux propriétaires de logements. Pourtant, avec nos autres locataires, je n’hésite pas à dire que nous avons d’excellentes relations et que nous avons des locataires en or », mentionne aussi monsieur Roussel.

« On essaie de régler les affaires à l’amiable, sans avoir recours aux tribunaux, mais s’il faut le faire, on va le faire. Ainsi, personne ne pourra dire qu’on n’a pas tenté de régler les choses à l’amiable. Ça fait quatre mois que Roussel retarde ses travaux et il est ainsi privé de revenus pendant ce temps. On a été bon prince. Là, s’il faut sortir les gants de boxe, comme on dit en bon Québécois, on va le faire », tranche l’avocat Lévesque.

Toujours locataire

Au Comité logement Rimouski-Neigette, l’intervenant communautaire Alexandre Cadieux, précise : « Les dernières informations que nous possédons nous laissent croire que son bail est toujours valide. La cession de bail est un droit reconnu. Nous invitons d’ailleurs les locataires à y recourir, car c’est un moyen de limiter la hausse des loyers. Il est vrai cependant qu’une cession de bail doit être approuvée par le propriétaire. Je ne peux pas commenter trop en détail des dossiers en particulier. »


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