Nouvelle de 18 h Sainte-Luce gagnerait à trouver des solutions pour améliorer sa plage

Sainte-Luce gagnerait à trouver des solutions pour améliorer sa plage

Les visiteurs semblent satisfaits, pour le reste

La popularité de la municipalité de Sainte-Luce est en grande partie attribuable à l’attrait touristique de l’Anse-aux-Coques, dont la plage et la promenade attirent autant des gens de Rimouski que d’ailleurs, et si de nombreux aspects expliquent l’engouement des gens face à l’endroit, les opinions en ce qui concerne cet important attrait touristique diffèrent.

Le site en soi est composé de l’Église de Sainte-Luce, de son cimetière, du quai et de la promenade qui longe la plage. Il y a également les deux boutiques, La Bohème et Nomade, en plus du restaurant café-bistro de l’Anse-aux-Coques. Davantage vers l’est, en continuant sur la promenade et en s’éloignant de l’Église, se trouvent le bar laitier et la cantine de la plage.



La plupart des critiques qui sont formulées à l’égard de l’Anse-aux-Coques sont que la plage n’est pas suffisamment nettoyée et qu’il manque de commerces et de restaurants dans les alentours.

Côté restauration


Dave Roussel, le nouveau propriétaire du café-bistro de l’Anse-aux-Coques, le seul restaurant du coin outre les cantines avoisinantes, explique que son établissement est bondé de gens venant d’un peu partout, et ce, depuis la fin du mois de mai. Il lui arrive d’ailleurs de devoir refuser des clients, par manque de place.

Il y avait auparavant un autre établissement culinaire, le Bistro Nipigon, qui a cependant fermé ses portes de façon définitive en 2019.



Autrement, le café-bistro se veut adapté à la demande et à son époque, en acceptant presque tous les types de cartes et en ayant une équipe solide : « C’est sûr que ce n’est pas toujours évident. On est chanceux, on a pas mal tout notre personnel, du personnel qui travaille ici depuis plus de 20 ans, alors on est choyé. Le tourisme est au rendez-vous plus que jamais. »

Côté plage


Il déplore cependant l’état de la plage, qu’il estime, pourrait être mieux entretenue.

Anabelle Thériault, qui travaille à la boutique Nomade depuis trois étés, considère pour sa part que la qualité de la plage est bien : « J’ai travaillé à une plage au Témiscouata et c’était à l’époque où il y avait de la « drave », donc pleins de copeaux de bois se retrouvaient sur la plage et chaque matin il fallait racler la plage. C’était « dégueu » parce qu’il y en avait même dans l’eau, mais ici la plage est belle : l’eau est claire, on voit où on marche. »

C’est également ce que pensent quatre amis en vacances, en provenance de Rivière-du-Loup. Ils estiment que la plage chez eux devrait prendre exemple sur celle de Sainte-Luce, tandis que Pierre et Marlène, de Rimouski, pensent comme Dave Roussel que la plage a besoin d’un meilleur entretien.

Côté infrastructures

Marlène et Pierre qui profitaient hier après-midi du soleil sur la plage sont assez satisfaits du site touristique, bien qu’ils pensent que la plage devrait être plus nettoyée.

« À part ça, c’est agréable. La cantine, c’est bon; les poubelles sont vidées assez souvent. On a vu qu’il y avait des petits sacs pour les chiens et on sait qu’on doit les tenir en laisse tout le temps. »

Selon eux, un autre défaut du site est le manque de toilettes. Les seules qui sont accessibles sont celles qui se trouvent au bar laitier et à la cantine de la plage, ce qui fait que ce coin du site est plus achalandé. De plus, ils estiment que l’installation de bornes de recharges pour voitures électriques serait également un ajout considérable.

Un avis citoyen et engagé

Michel Desrosiers a vécu presque toute sa vie dans la région et il réside à Sainte-Luce depuis maintenant 26 ans. Il est également l’ancien président de Tourisme Rimouski, avant que l’Office de congrès et tourisme de Rimouski ne soit fusionné à la Société de promotion économique de Rimouski (SOPER).

Selon ses observations, le site « manque beaucoup d’amour » : « Sur le plan touristique, Sainte-Luce manque beaucoup d’ambition. On a pourtant un très beau site, une municipalité qui est très jolie et les deux méritent d’être mis en valeur. »

Il déplore le fait qu’un seul restaurant soit ouvert en soirée et que la plage ne soit pas entretenue sur une base plus régulière. « Ça fait plusieurs fois que je note au conseil municipal qu’elle manque d’amour et pourrait être l’objet d’un entretien plus fréquent. On parle de coûts élevés. On souligne des autorisations environnementales qu’il faut avoir pour nettoyer la plage ou se rendre avec de la machinerie pour nettoyer. Ce sont toujours les mêmes raisons qui reviennent d’année en année et le problème c’est qu’on ne semble pas trouver où chercher de solutions pour contourner ces inconvénients et ces obstacles-là. Ce qui fait qu’on a une plage qui se dégrade. Les grandes marées de 2010 n’ont pas aidé, c’est sûr. »

Des projets de réaménagement

Le directeur général et secrétaire-trésorier de la municipalité de Sainte-Luce, Stéphane Forest déclare, face aux critiques pour la plage, que l’efficacité des équipements mécaniques a ses limites :

« Il faut savoir que le plus récent nettoyage de la plage a été effectué le 29 juin dernier par les employés municipaux, à la suite des autorisations que l’on doit demander au ministère de l’Environnement et au ministère des Pêches et des Océans. Ce que les touristes ne comprennent pas, c’est qu’on ne peut pas déplacer le varech en touchant le sable. Il faut attendre d’avoir une certaine quantité à l’équipement pour réussir à passer avec la « gratte », ce qu’il n’y a pas actuellement. »

Les vents

Monsieur Forest explique qu’à la suite du nettoyage de la plage le 29 juin, trois journées « d’énormes » vents du Nord-Est, qui ont fait une accumulation de varechs devant le secteur du restaurant : « c’est malheureux, mais on vit avec les changements climatiques maintenant et avec les courants et les marées, la force du vent, l’amoncellement se fait toujours là, mais il n’est pas encore assez épais pour qu’on puisse travailler avec des tracteurs. De toute façon le budget a été voté cette année pour ne faire qu’un seul nettoyage par la municipalité. »

Il conclut que la raison numéro un qui explique le nettoyage peu fréquent sont les travaux imminents de recharge de la plage qui auront lieu cet automne.

Outre la question de la plage, de nombreux autres projets sont prévus pour améliorer l’attrait touristique de l’Anse-aux-Coques au cours de la prochaine décennie. Un Plan directeur a d’ailleurs été adopté en mai dernier et il est disponible en ligne sur le site de la municipalité de Sainte-Luce.

Véronique Bossé est originaire de Rimouski. Elle vient de compléter la seconde de trois années d’études en journalisme à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et effectue un stage au journal le soir dans le cadre de sa formation qu’elle complètera au cours de la prochaine année académique. Parmi ses implications sociales, elle est tutrice au Centre d’aide en français L’Auxiliaire du Cégep de Rimouski, cofondatrice, auteure et journaliste du blogue Oiseaux de nuits. Elle a complété son diplôme d’études collégiales en Arts, lettres et communications au Cégep de Rimouski.


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