Nouvelle de 19 h La problématique des animaux de pandémie

La problématique des animaux de pandémie

L’annonce de fin de pandémie de COVID-19 amène la possibilité d’un retour à la normale, c’est-à-dire d’un mode de vie semblable à celui d’avant le coronavirus, avec la rentrée en classe et un retour au travail en présentiel : cependant, plusieurs intervenants du milieu animaliers craignent que cela n’engendre une hausse d’abandon chez les animaux de compagnie, pour qui la population a eu un réel engouement pendant les périodes de confinement.

Le retour à la normale qui, en théorie, devrait débuter dans environ un mois laisse déjà présager une hausse des cas d’abandons.



CSAR de Rimouski

Au Centre de services animaliers de Rimouski (CSAR), les abandons ont déjà été amorcés. La directrice générale du Centre, Jeanne Mercier, explique que les locaux de l’établissement sont pleins, et ce, depuis déjà quelques semaines.


D’ailleurs le Centre publie souvent des mises à jour sur sa page Facebook pour informer la population des animaux prêts à l’adoption.

« Tous nos locaux sont pleins, on voit beaucoup d’abandons de chiens qui ont entre un et deux ans donc c’est vraiment une corrélation avec la fin de la pandémie. Les chiens qu’on a, ce sont des chiens qui font du marquage de territoire, qui font de l’anxiété de séparation : on voit vraiment que c’est des raisons de pandémie.



Le phénomène se fait également sentir du côté des chats : « c’est sûr qu’on est dans la période des reproductions donc on a beaucoup de portée de chatons : nos cages sont pleines, autant en transition qu’en quarantaine ou qu’à l’adoption », déplore Jeanne Mercier.

Selon elle, c’est le résultat de la fin de pandémie, une situation qui risque de s’aggraver dans un mois : « c’est sûr que là, c’est les vacances donc les gens ne sont pas encore de retour à leur vie normale, mais c’est certain qu’on s’attend avec la post-pandémie, justement avec la rentrée scolaire et le retour au travail dans les bureaux, à voir une hausse des abandons d’ici à ce que la COVID-19 se termine ».


Chiens vs chats

Les chiens ont toutefois plus de risque que les chats de se faire abandonner, étant donné l’entretien qu’ils représentent : « les chats sont quand même indépendants, ils font leurs affaires et ils ne prennent pas trop de place dans une maison, mais les gros chiens qui ont besoin de bouger, de sortir à l’extérieur et de faire leurs besoins, ça demande plus de temps à un propriétaire », témoigne Jeanne Mercier.

Préparer les changements

Si les propriétaires de chiens de pandémie souhaitent aider leur animal à s’adapter à la transition qui aura lieu à l’automne, plusieurs solutions s’offrent à eux : « c’est sûr que quand on adopte un chien, que ce soit en pandémie ou non, c’est vraiment l’idéal de faire des cours d’éducation canine dès le départ parce que souvent les gens sont moins informés à savoir comment faire avec un chiot pour ne pas qu’il développe de mauvaises habitudes. Faire stériliser ses animaux, c’est aussi un gros plus, surtout en ce qui concerne le marquage de territoire chez les mâles. »

Les chiens de pandémie

L’intervenante en comportement canin et propriétaire fondatrice de Duo Canin, Amélie Prieur identifie au moins trois éléments qui pourraient poser problème aux chiens de pandémie lors du retour au travail de leur maître : « si les chiots adoptés lors de la pandémie n’ont pas appris à rester seuls à la maison, le retour à la normale risque d’être une période difficile pour eux. Le changement de routine, la diminution des activités et les absences prolongées de leur propriétaire affecteront les comportements du chien. »

Elle explique aussi comment planifier une transition : « quelques semaines avant le retour au travail à temps complet, il faudrait modifier la routine actuelle de notre chien pour qu’elle ressemble davantage à sa nouvelle routine, comme l’heure des promenades, des activités, des jeux et des repas », énonce Amélie Prieur.

« Proposer des jouets masticatoires remplis de nourriture appétissante est une excellente option pour occuper nos chiens pendant la journée. Il serait également important d’habituer notre chien à rester seul de façon progressive en effectuant des sorties de courtes durées (30 minutes, 1h00, 2h00, etc.). Des exercices plus ciblés peuvent aussi être pratiqués avec l’aide d’un éducateur canin qualifié », précise l’intervenante en comportement canin.

Enfin, elle insiste sur l’importance de faire une telle transition de manière graduelle, étant donné l’ampleur des changements : « un changement drastique pourrait provoquer du stress, de l’anxiété, de la dépression et l’apparition de comportements indésirables tels que les aboiements, la malpropreté et la destruction du mobilier ».

Véronique Bossé est originaire de Rimouski. Elle vient de compléter la seconde de trois années d’études en journalisme à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et effectue un stage au journal le soir dans le cadre de sa formation qu’elle complètera au cours de la prochaine année académique. Parmi ses implications sociales, elle est tutrice au Centre d’aide en français L’Auxiliaire du Cégep de Rimouski, cofondatrice, auteure et journaliste du blogue Oiseaux de nuits. Elle a complété son diplôme d’études collégiales en Arts, lettres et communications au Cégep de Rimouski.


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