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Réactions mitigées à la mise à jour budgétaire

Le ministre Éric Girard et le premier ministre, François Legault, présentant le document d’énoncé budgétaire. (Photo: Facebook-Éric Girard ministre des Finances-Émilie Nadeau)

Les réactions semblent mitigées à la suite de l’énoncé budgétaire du ministre des Finances du Québec, Éric Girard, hier.

Le député de René-Lévesque, leader parlementaire et porte‑parole du Parti Québécois en matière de finances, Martin Ouellet, a identifié la principale caractéristique de la mise à jour économique : elle ne ralentira ni n’enrayera l’appauvrissement des Québécois. « C’est là une grande déception pour le Parti Québécois, qui avait proposé des pistes de solution », mentionne un communiqué du PQ.

Métal du Golfe_VF

Le parti constate que pour faire face à l’inflation, le gouvernement a prévu de l’aide pour les personnes à très faible revenu. Mais, pour les aînés – dont le revenu n’augmente pas –, l’aide annoncée ne suffira pas.

Cible ratée

« On rate carrément la cible. Si je résume, l’aide financière, dégressive sur cinq ans, est disponible uniquement pour les personnes gagnant moins de 31 000 $ et les couples dont les revenus n’excèdent pas 54 000 $; c’est insuffisant! Par ailleurs, le gouvernement a oublié les gens de 65 à 70 ans, alors qu’ils sont souvent les premiers à ressentir l’augmentation du coût de la vie. Nous, au Parti Québécois, avions proposé de les soutenir individuellement », a rappelé le porte-parole en matière de finances.

Tarifs d’Hydro

De plus, le PQ rappelle que le premier ministre disait vouloir remettre de l’argent dans les poches des Québécois, mais il refuse pourtant de geler les tarifs d’électricité.

« Lorsqu’il a permis à Hydro-Québec de hausser ses tarifs sans avoir à les faire approuver par la Régie de l’énergie, il a fait le choix de les indexer en fonction de l’inflation. Et l’inflation, cette année, c’est fulgurant, presque du jamais vu. Autrement dit, le gouvernement refuse de soutenir les familles de la classe moyenne, malgré qu’il en ait la possibilité », a poursuivi Martin Ouellet.

Services de garde

Quant aux services de garde, qui sont un élément déterminant de la santé financière des familles, là aussi, le gouvernement échoue au test.

« Il fallait continuer de développer des places en CPE, comme le proposait le Parti Québécois. Au lieu de cela, la CAQ donne la part du lion aux garderies privées, allant même jusqu’à abandonner son objectif de développer 85 % des nouvelles places en CPE. Or, un dollar investi dans le privé, c’est un dollar de moins pour les services publics destinés aux tout-petits et à leurs parents. Aucun nouveau logement social n’a été annoncé aujourd’hui par le gouvernement, alors que la crise du logement est une réalité, partout au Québec. Nous, nous proposions de construire, sur tout le territoire, 25 000 nouveaux logements en cinq ans, le minimum pour répondre aux besoins exprimés. La CAQ est très loin du compte, avec ses 2200 logements  », a ajouté le député.

Le député péquiste Martin Ouellet. (Photo Facebook)

Stupeur

Justement, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), dont fait partie le Comité logement Rimouski-Neigette, dit avoir réagi avec stupeur au mini budget d’Éric Girard.

« Le gouvernement du Québec semble y confirmer l’abandonne de son programme AccèsLogis et mets tous ses œufs dans le panier du secteur privé dénonce le regroupement de défense du droit au logement. Le ministre des Finances annonce 2200 unités de logements « abordables » dans un nouveau programme visant à augmenter l’offre d’unités abordables sur le marché privé dans les prochaines années, qui n’existe pas encore et ne donne aucune assurance que des mesures seront réservées au logement social et communautaire », croit le FRAPRU.

« Il abandonne sciemment des projets sans but lucratif qui appartiennent aux communautés et non pas à des intérêts privés qui alimentent et perpétuent la logique spéculative. » -Le FRAPRU

« En refusant de privilégier le logement social, le gouvernement Legault refuse de répondre aux besoins les plus urgents. Il refuse de prioriser la seule formule qui garantisse des logements véritablement abordables de façon durable pour les ménages qui subissent la crise du logement de plein fouet» réagit Véronique Laflamme, la porte-parole du FRAPRU.

Projets abandonnés

« Il abandonne sciemment des projets sans but lucratif qui appartiennent aux communautés et non pas à des intérêts privés qui alimentent et perpétuent la logique spéculative», ajoute-t-elle.

« En choisissant d’annoncer maintenant des 123,5 millions $ pour un nouveau programme qui n’est pas encore en place, le gouvernement reporte la construction de ces logements à dans plusieurs mois, alors qu’il aurait pu simplement ajouter cette somme dans le programme AccèsLogis, comme des dizaines d’organisations communautaires, sociales, écologistes et économiques ainsi que plusieurs dizaines de municipalités lui demandaient », résume le FRAPRU.

Avis divergent

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) propose un avis divergent. Il salue l’annonce par le ministre des Finances d’une nouvelle approche qui permettra la construction rapide de nouveaux logements sociaux et abordables.

« Le besoin immense de logements partout sur le territoire est un frein au développement et à la vitalité de nos régions. Pour accueillir de nouvelles familles, notamment immigrantes, nous avons besoin de les loger. À titre de porte-parole des régions, la FQM souhaite que cette nouvelle approche contribue à la vitalité économique de nos communautés », souligne Jacques Demers, président de la FQM, maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog.

D’autres mesures

Plusieurs mesures portées par la Fédération auront également, croit-elle, un impact significatif sur le développement des régions, dont :

  • La bonification de 120 M$ du Programme d’aide à la voirie locale, ce qui porte l’enveloppe totale pour 2022-2023 à 477,7 M$, un montant inégalé pour la voirie locale;
  • 160 M$ sur cinq ans pour accélérer la numérisation, l’automatisation et réduire l’empreinte environnementale des entreprises;
  • La confirmation de la volonté du gouvernement de créer 37 000 places en services de garde subventionnées;
  • Les efforts consentis pour requalifier la main-d’œuvre des travailleurs spécialisés dans des secteurs névralgiques qui font cruellement défaut dans les régions.

Le milieu communautaire rimouskois avait fait connaître ses attentes récemment dans le journal le soir.

On peut prendre connaissance du document gouvernemental en cliquant ici.

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