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Une belle histoire de sport et de famille

À 16 ans, Jimmy Dionne mesurait six pieds et quatre pouces et pesait 190 livres. (Photo: courtoisie)

(Rétrospective de 2021)-FÉVRIER-En février, le journal le soir rapportait une belle histoire de famille en lien avec le sport, celle de la famille rimouskoise de Kate Bell et Lorenzo Dionne, maintenant décédés, dont les fils et petit-fils ont connu et connaissent un cheminement hors du commun.

Le joueur de baseball Jimmy Dionne, un redoutable artilleur gaucher de 16 ans, suit les traces de son père, le Rimouskois Stéphane Dionne, et est sur la bonne voie pour faire encore mieux que celui-ci en atteignant éventuellement les ligues majeures.

Le petit-fils de ces Rimouskois qui ont marqué la petite histoire en devenant les premiers à ouvrir un centre de conditionnement physique dans la capitale du Bas-Saint-Laurent, a fait l’objet d’un rapport de dépistage qui pourrait faire écarquiller les yeux de bien des amateurs de baseball.

Métal du Golfe_VF

Le site prep baseball report.com lui décernait notamment les mentions suivantes (traduction libre) : « Un autre bras étonnant venu du Nord, du Québec. À 6 pieds et quatre pouces et 190 livres, Jimmy Dionne passe tout de suite le test du regard. Son style athlétique au premier but ne fait que rendre encore plus impressionnante sa domination au monticule. Dionne travaille en ligne directe avec le marbre avec son élan compact et assure une livraison de tir qui demeure simple. Il lance avec confiance. Les frappeurs adverses font difficilement contact sur ses lancers. Son tir courbe pourrait lui permettre de se distinguer comme lanceur partant. En continuant à travailler fort, il atteindra rapidement son plein potentiel. »

Histoire de Stéphane

Lorsqu’on dit que Jimmy pourrait réaliser le rêve de son père, Stéphane, on fait allusion au fait que dans le milieu des années 1990, cet athlète de Rimouski est parti vers la Floride au printemps, pour cogner à la porte des équipes des ligues majeures, alors en camp d’entraînement. Après quelques essais, un concours de circonstances amena Stéphane à jouer dans le circuit universitaire américain (NCAA, National collegial athletic association), avec l’Université d’Oklahoma City. S’il n’a pas joué dans la Ligue américaine ou dans la Ligue nationale, Stépĥane Dionne finit par se retrouver avec une équipe professionnelle des ligues mineures, à Saint-Paul, au Minnesota. Il considéra son rêve comme réalisé, fier de son parcours.

Son passage avec cette équipe de la Ligue northern lui permit de rencontrer un homme d’affaires, Miles Wolfe, que Stéphane convainquit de créer les Capitales de Québec qui existent toujours. À titre d’entraîneur, Stéphane Dionne a fait partie de la première équipe championne de l’histoire des Capitales en 2006. Pendant ce temps, Daniel, le frère de Stéphane, faisait carrière avec les Forcces armées canadiennes comme pilote de F-18.

Stéphane Dionne, à droite, dans l’uniforme des Capitales à titre d’entraîneur, en compagnie de Michel Laplante, une icône du baseball à Québec. (Photo: courtoisie)

Rien d’acquis

En plus d’avoir la stature athlétique, Jimmy est un battant, affirmait son père : « La route vers le baseball majeur est devant nous, mais elle est longue. Jimmy n’est pas le genre de gars qui prend les choses pour acquis. Il n’y a jamais rien d’acquis. Ce n’est pas parce qu’il a de bons rapports comme celui-là que ça va se faire tout seul. Il travaille fort et il va encore travailler. Être repéré comme ça, à 16 ans, ça fait en sorte que les recruteurs des collèges américains (universités) vont le voir. Surtout que dans la pandémie, les hommes de baseball peuvent moins se déplacer, alors ce genre de rapport de dépistage est le bienvenu », expliquait Stépĥane.

« Les entraîneurs, les gérants et les dépisteurs voient ça, tant dans les collèges que dans le baseball organisé. D’ailleurs, on est déjà en discussions avec l’Université de Pittsburgh qui s’intéresse à Jimmy. Cela lui donne de la visibilité et ça augmente ses chances. On parle d’un avenir prometteur mais ça ne garantit rien. Tout n’est pas encore accompli. Il est sur la très bonne voie à son âge », renchérissait Stéphane Dionne, installé à Québec depuis la naissance des Capitales.

Lorenzo Dionne et son fils, Stéphane. (Photo: courtoisie)

Joueurs en vitrine

« Il fait actuellement partie de l’Académie de baseball du Canada, donc il est considéré parmi les meilleurs au Québec chez les 16 ans. Si on peut voyager cet été, il ferait des tournois aux États-Unis, ce qu’il n’a pu faire l’été dernier. Ce que Baseball Canada a fait à l’été 2020 pour palier à la crise sanitaire, c’est de permettre aux jeunes de l’équipe de Jimmy d’affronter des juniors élites de 20-21 ans. Il avait alors seulement 15 ans. Normalement, l’ABC amène les joueurs dans des « showcases » (vitrines) et des tournois. Il faut que ces jeunes voient de l’action. J’espère que ça va débloquer pour cet été. C’est une équipe faite pour « vendre » les meilleurs joueurs québécois aux grosses organisations américaines », racontait encore le fier papa. Jimmy devait être retenu par l’équipe nationale des espoirs par la suite.

Comme receveur, ce dernier est en mesure de donner un coup de pouce au jeune lanceur, mais aussi dans la cage des frappeurs. « Nous allons frapper des balles régulièrement. Il est déjà très bien encadré, mais du travail individuel est aussi valable. Il y a un site d’entraînement à Québec, Baseball 360. » Jimmy maîtrise déjà quatre tirs: une courbe, une rapide, une glissante et un changement de vitesse.

Jimmy sera éligible au repêchage du baseball majeur en 2023.

« Les recruteurs connaissent le fonctionnement de l’Académie de baseball du Canada et savent que c’est le meilleur programme pour déceler le talent canadien. Un point qui joue fortement en faveur de Jimmy, c’est qu’il peut jouer à deux positions (lanceur et premier but). Il sait frapper, en plus de savoir lancer. »

Pas la même route

« Je suis fier, c’est certain et j’aime beaucoup mieux la route qu’il a suivie, que la mienne, qui était hors de l’ordinaire, quand j’ai ramassé mon équipement et que je suis parti dans le Sud, à l’aventure, comme un cow-boy. J’ai accompli mon parcours avec les moyens du bord et avec de la détermination. J’ai dû prendre les moyens que j’avais, alors que Jimmy est rentré dans la bonne case, au bon âge. Je suis content pour lui, parce que c’est à cet âge qu’on sait si les astres sont alignés. En étant recruté par une université, il augmenterait ses chances de jouer dans les majeures. J’aimerais aussi mentionner que sa mère, Annick Villeneuve est aussi très fière de Jimmy et de Zac (un hockeyeur qui vient de commencer aussi le baseball). Elle aussi est sportive et en forme et a contribué, pour la génétique », concluait l’ex-Rimouskois toujours fier de ses origines.

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