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Escarmouche entre le maire et le député

Marc Parent et Maxime Blanchette-Joncas. (Photo: photomontage archives)

(Rétrospective de 2021)-JUIN-Le maire de Rimouski, Marc Parent, et le député fédéral de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Maxime Blanchette Joncas, ont été au centre d’une querelle politique qui a fait les manchettes à la mi-juin.

Sur sa page Facebook, monsieur Parent a interpellé publiquement monsieur Blanchette-Joncas, au sujet de la crise du logement et du projet de conversion du couvent des Sœurs du Saint-Rosaire en un édifice de 80 logements. Un projet évalué à au moins 20 M$.

« Il est tout à fait inadmissible de passer à côté de cette occasion. Mon problème : je ne trouve pas le député fédéral. Maxime, où es-tu?  », avait notamment écrit monsieur Parent, qui s’expliquait plus en détails dans nos pages quelques heures auparavant.

Réaction

Monsieur Blanchette-Joncas s’est justifié à son tour dans une entrevue exclusive. Le journal lui a demandé quelle a été sa première réaction lorsqu’il a pris connaissance de la publication de monsieur Parent.

« C’est une publication qui a été postée en fin de soirée, hier. J’en ai pris connaissance et dès que j’ai pu, ce matin, j’ai pris le téléphone et appelé monsieur Parent. Je lui ai réitéré ma pleine collaboration sur les différents sujets importants pour Rimouski. On est deux élus. On est capable de se parler entre nous pour faire cheminer les dossiers de Rimouski comme on l’a si bien fait depuis que je suis élu. Je pense notamment au dossier majeur de la rénovation du Théâtre du Bic, où on a bien travaillé ensemble et où les démarches se sont concrétisées », commentait monsieur Blanchette-Joncas.

Critique prématurée

« Le dossier du logement me préoccupe énormément. Ça ne date pas d’hier : en campagne électorale, je faisais déjà une sortie pour dénoncer l’inaction du fédéral », soulignait d’abord le député bloquiste.

Ce dernier ajoute que l’intervention de monsieur Parent au sujet du nouveau programme fédéral de 1,5 milliard$ auquel il faisait allusion lorsqu’il l’a critiqué était prématurée, car ce programme est toujours en élaboration. Le projet du couvent n’a pas été retenu la première fois faute de fonds du fédéral, mais il pourrait se qualifier pour la seconde vague de subventions, aux dires de monsieur Blanchette-Joncas.

« J’ai été interpellé au sujet du projet de l’Office d’habitation Rimouski-Neigette et de sa branche Serviloge pour le couvent des Sœurs en février. J’étais déjà au courant qu’il était en branle. Il a été monté l’automne dernier. Ce projet piloté par Serviloge répondrait, je n’hésite pas à le dire, à des besoins criants. Il y a bien une crise du logement à Rimouski, mais ce dossier est bel et bien en évolution. »

« J’ai rencontré le ministre responsable des enveloppes pour les logements sociaux. Le 3 mars, on a reçu une réponse négative, faute de financement disponible. Puisqu’il n’y a plus d’argent disponible, on a demandé au gouvernement fédéral d’ajouter des sommes pour les logements sociaux. Ça s’est confirmé le 24 avril, lors du dernier budget », rappellait le député.

Pas encore accessible

Monsieur Blanchette-Joncas a aussi rencontré la direction de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL), laquelle lui a confirmé que les paramètres du nouveau programme annoncé dans le budget étaient en train d’être élaborés ne seraient dévoilé qu’ultérieurement.

« On attend de savoir quels seront, par exemple, les critères d’admissibilité. Le programme précédent dans lequel le projet de Serviloge a été rejeté a reçu 679 demandes et seulement 179 projets ont été retenus. La somme des demandes dépassait 4 milliards$, sur une enveloppe d’un milliard$. Le gouvernement a donc décidé d’investir 1,5 milliard$ additionnel dans son dernier budget, mais le projet de loi pour la mise en œuvre du nouveau programme n’a pas encore été voté », précisait Maxime Blanchette-Joncas.

« J’espère toujours qu’on puisse réaliser le projet de Serviloge au couvent des sœurs du Saint-Rosaire. Tous les intervenants dans ce dossier peuvent compter sur mon entière collaboration pour conclure ce dossier-là. Je talonne le gouvernement et je poursuis mon implication dans le dossier. D’ailleurs, c’est l’ensemble du Bloc Québécois qui demande au fédéral que l’argent arrête de dormir dans les coffres », constatait le député.

« Monsieur Parent sait comment me joindre en cas de besoin. Je confirme que je n’ai pas reçu d’appel ou de messages de monsieur Parent ces derniers temps pour me parler d’un projet en particulier, par les voies habituelles. Nous n’avons pas prévu de rencontre prochainement, mais monsieur Parent peut toujours m’appeler à n’importe quel moment, sur n’importe quel dossier », faisait enfin remarquer Maxime Blanchette-Joncas.

Monsieur Blanchette-Joncas a été réélu lors des dernières élections fédérales, en septembre, alors que monsieur Parent n’a pas sollicité de renouvellement de mandat le 7 novembre dernier.

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