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Niveau alarmant d’épuisement professionnel

Plus d’un tiers des travailleurs affectés
Les travailleurs de la santé figurent au sommet de la liste des industries visées par le sondage et les infirmiers et infirmières affichent le double du taux de la moyenne canadienne. (Photo: Groupe CNW/Canada Vie)

C’est aujourd’hui le « lundi de la déprime », souvent reconnu comme le jour le plus déprimant de l’année.

À l’approche du deuxième anniversaire du début de la pandémie de COVID-19, une nouvelle étude parrainée par la compagnie d’assurance Canada Vie indique que plus d’un tiers (35 %) de l’ensemble des travailleurs canadiens ressent les effets de l’épuisement professionnel.

Le nom du « lundi de la déprime » provient d’une campagne orchestrée par la firme anglaise de publicité Sky Travel en 2005. Ce troisième lundi de janvier serait le point de convergence de plusieurs paramètres négatifs dont le début de la semaine (lundi), la météo, la saison froide, les nuits longues, la période post-Fêtes, les dettes de Noël non remboursées, l’arrêt des bonnes résolutions, tous des paramètres pouvant se mettre en formule pour en déduire la date.

Les travailleurs de la santé figurent au sommet de la liste des activités visées par le sondage et les infirmiers et infirmières affichent le double du taux de la moyenne canadienne.

L’étude approfondie, commandée par Stratégies en milieu de travail sur la santé mentale, gracieuseté de la Canada Vie, et menée par Recherche en santé mentale Canada en décembre 2021, prenait en compte une multitude de facteurs en ce qui a trait à la façon dont les employés se sentent au travail actuellement. Ces facteurs visent notamment l’engagement, la reconnaissance, la charge de travail et la sécurité.

Alarmant

« Le nombre de Canadiens faisant état d’épuisement professionnel est alarmant », déclare Mary Ann Baynton, directrice générale, Stratégies et collaboration, Stratégies en milieu de travail sur la santé mentale. « Ce n’est pas surprenant. Nous nous retrouvons encore une fois en période d’extrême incertitude, tandis que la pandémie nous fait vivre une nouvelle série de hauts et de bas. Les niveaux d’anxiété et d’épuisement atteignent de nouveaux sommets pour bon nombre d’entre nous. »

Toujours selon madame Baynton, bien que les signes et les symptômes peuvent varier, l’épuisement professionnel est souvent caractérisé par la fatigue, le cynisme, la négativité et une efficience réduite au travail. « La situation est plus répandue chez les gens qui se fixent des attentes élevées, qui reçoivent des demandes déraisonnables ou qui sentent que leurs efforts ne sont pas appréciés. Bien qu’il ne constitue pas en soi une maladie mentale, l’épuisement professionnel peut être débilitant et durable. C’est pourquoi les stratégies de prévention et d’atténuation sont si importantes. »

Cinq secteurs critiques

Cinq secteurs d’activité affichent des taux d’épuisement professionnel supérieurs à la moyenne nationale de 35% :

  • Santé et soins aux patients (53%)
  • Transport (40%)
  • Finance, droit et assurance (39%)
  • Éducation et soins aux enfants (38%)
  • Premiers répondants (36%)

Dans l’industrie de la santé et des soins aux patients, une proportion faramineuse de 66 pour cent des infirmiers et infirmières a fait état d’épuisement professionnel. Les professionnels de santé mentale suivaient de près à 61%, tandis que tous les autres secteurs de l’industrie affichaient un taux d’épuisement professionnel supérieur à la moyenne canadienne de 35%.

« Les niveaux d’épuisement professionnel au sein du personnel infirmier canadien ont bondi pendant la pandémie », affirme Tim Guest, de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada. « Les niveaux étaient déjà élevés avant 2020 et la pandémie n’a fait qu’aggraver la situation. L’AIIC est profondément préoccupée et continuera de pousser pour l’obtention de ressources accessibles en matière de santé mentale adaptées aux besoins des professionnels de la santé. »

Troublant

L’étude fait également ressortir que peu de Canadiens estiment recevoir un soutien adéquat de leur employeur; seulement un tiers des répondants ont indiqué que leur compagnie s’engage à offrir un environnement de travail à faible niveau de stress.

« Le nombre élevé de répondants ayant signalé des lacunes en matière de soutien psychologique au travail est troublant », déclare Michael Cooper, vice-président, Recherche en santé mentale Canada. « Dans le contexte de pandémie, il est plus important que jamais pour les employeurs de considérer de nouvelles approches en matière de leadership pour venir en aide aux employés le plus à risque de souffrir d’épuisement professionnel. S’ils ne le font pas, les répercussions peuvent être considérables. »

Pour obtenir de l’aide en matière de prévention de l’épuisement professionnel pour soi-même et pour les autres, on consulte le site Stratégies en milieu de travail sur la santé mentale. Les employeurs ont également accès à des ressources et à des outils gratuits visant à réduire le risque d’épuisement professionnel en milieu de travail.

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