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Nouvelle de 18 h

Le rêve de Marie-Rose pourrait se matérialiser

Le projet de la résidence des sœurs du Saint-Rosaire lui conviendrait parfaitement
La résidence des Soeurs du Saint-Rosaire, à Rimouski. (Photo: Pierre Michaud-archives)

Le type de résidence pour aînés à laquelle Marie-Rose Matte, une Rimouskoise ayant livré un témoignage sur son vécu d’aînée à faible revenu aspire existe, et il pourrait se concrétiser prochainement, à Rimouski.

Le député de Rimouski à l’Assemblée nationale, Harold LeBel, est particulièrement interpellé par un cas comme celui de madame Matte, qui se débrouille avec de minces revenus de 1 600 $ par mois, composés d’une rente du Québec et d’une rente du fédéral. Elle indique que le loyer d’un logement de trois pièces et demi dans les principales résidences privées pour aînés de Rimouski où elle s’est informée peut atteindre 1 900 $.

Pas de fonds de retraite = rien?

« Un responsable d’une résidence m’a dit d’oublier ça si je n’ai pas un fonds de pension en plus de mes revenus de base. On a l’impression qu’il n’y a aucune résidence pour aînés avec un minimum de services pour les gens à faible revenu », notait madame Matte dans le texte publié à 17 h.

Les souhaits de cette Rimouskoise sont de voir des résidences pour aînés publiques ou privées, avec services, être accessibles aux personnes seules en situation d’autonomie, mais avec de légers problèmes de santé, qui ont moins de 20 000 $ de revenus. Cette catégorie compte pour 32% des quelque 12 000 aînés de la MRC Rimouski-Neigette.

Pour ce dossier sur les besoins des aînés, le Journal Le Soir s’est adressé au député de Rimouski, Harold LeBel, qui a organisé le Colloque « Bien vieillir dans Rimouski-Neigette » en octobre 2019, pour réagir à ce témoignage.

Accès aux services et maintien

Depuis ce temps et même auparavant, monsieur LeBel est un ardent défenseur des droits des aînés. Il affiche un certain optimisme, car le comité de suivi de ce colloque est très actif et travaille sur des dossiers concrets qui permettront d’améliorer les conditions de vie des aînés de son comté. Monsieur LeBel est en faveur de voir des établissements comme celui demandé par madame Matte voir le jour, mais il prône aussi le maintien à domicile par une offre de services de soutien adéquate. Il veut aussi soutenir ceux qui résident dans les milieux ruraux pour qu’ils y demeurent.

« Au Colloque, on avait présenté un portrait de la population vieillissante dans la MRC et le Bas-du-Fleuve. En 2016, dans Rimouski-Neigette, 35% des aînés recevaient le Supplément de revenu garanti. Ça veut dire que ce sont des gens qui n’ont pas 20 000 $ de revenus annuellement. Dans les villages, comme à Trinité-des-Monts et Esprit-Saint, 94% des aînés résidents reçoivent ce même supplément de revenu. Au Bas-Saint-Laurent, cela représente 26% des aînés. Tout ça et le témoignage de la dame ne démontrent qu’une chose. On a une population vieillissante et une grande partie de cette population vit avec un revenu très modeste. C’est sûr que ces personnes-là n’iront pas chez Réseau Sélection », constate monsieur LeBel.

Marie-Rose Matte, du district Saint-Robert, à Rimouski, garde courage malgré les épreuves. (Photo: courtoisie)

Tous leurs revenus y passent

« Et il y en aura de plus en plus de cette population vieillissante. Chez les 65 ans et plus, on est une personne sur quatre au Bas-Saint-Laurent. En 2026, on sera une personne sur trois. Il faut réfléchir dès maintenant. Qu’est-ce qu’on fait. Est-ce qu’on peut augmenter les revenus? Oui, je pense qu’on peut revoir ça; il faut aider davantage les aînés. J’en ai vu des aînés qui sont dans des résidences privées, disons, meilleur marché, et tous leurs revenus y passent. Il reste à peine un petit peu d’argent pour aller se faire coiffer de temps en temps. Ils sont toujours en train de penser à leurs petites dépenses. Ce n’est pas drôle de vivre comme ça », observe le député.

Rester chez soi

« Bon nombre de personnes veulent rester dans leur demeure. Quand ils vont en logement collectif, c’est autour de 80 ans. Entretemps, il faut leur assurer des services. Ça se peut ce que demande madame Matte. On parle de logements sociaux, d’habitations à loyer modique (HLM) et autre. Il y a une liste d’attente à l’Office d’habitation Rimouski-Neigette d’environ 400 personnes. De plus en plus, les gens qui sont dans les HLM vont avoir besoin de services, aussi. Les plus vieux locataires veulent demeurer là, mais en plus, il n’y a pas d’autre place », témoigne Harold LeBel.

Modèle particulier

« Mais là, on a un beau projet qui s’en vient dans cette direction-là; c’est le projet de nouvelle vocation de la résidence des sœurs du Saint-Rosaire. J’ai confiance qu’on puisse le voir aboutir bientôt. La dame a raison et c’est exactement sur ce genre de projet qu’on travaille. C’est du logement abordable, du logement social pour des aînés sous le seuil de la pauvreté qui auraient accès à des services sur place. On a développé un beau modèle avec le projet des sœurs. Il y aura des logements, mais aussi des services de proximité, des activités culturelles et autres. Dans le projet du Saint-Rosaire, il y a aussi de la place pour un centre de la petite enfance. On se retrouvera avec un modèle où des aînés pourraient avoir un logement adéquat et où il y aurait de l’activité intergénérationnelle. C’est vraiment un beau projet », croit le député.

Le député de Rimouski à l’Assemblée nationale du Québec, Harold LeBel, lors du colloque Bien vieillir dans Rimouski-Neigette tenu en octobre 2019. (Photo courtoisie)

Maintien

« Ça ne veut pas dire qu’il faut délaisser le soutien à domicile. La Maison des aînés qui s’en vient sera un CHSLD Plus, mais je ne suis pas sûr que la solution de l’avenir soit d’envoyer tous les aînés dans de grandes résidences. D’ailleurs, on a vu ce que ça a donné avec la pandémie. Il y aura des situations particulières et ce sera bien correct de s’en occuper. Il faut travailler du logement collectif avec services, mais aussi sur le maintien à domicile. Notre comité de suivi du Colloque va continuer à avancer et des projets-pilotes seront mis en marche. L’hébergement et le maintien à domicile feront partie de nos points forts. Ce qui est arrivé avec le Colloque, c’est que les planètes se sont alignées. Les gens de la Fondation Saputo ont assisté au Colloque et ont trouvé que le niveau de discussion et concertation était exceptionnel. Un beau consensus s’en est dégagé et on va aller plus loin. La Fondation Saputo nous a dit de réfléchir à nos projets, qu’elle serait prête à y investir », rappelle-t-il.

Belle unanimité

« On a un bon comité de suivi. On a même des chercheurs qui nous appuient, plus les élus du Bas-Saint-Laurent et le Collectif régional de développement (CRD). C’est rare qu’on ait une aussi belle unanimité dans des dossiers aussi cruciaux. Je crois qu’on a des projets qui vont jusqu’à 2027 et qui ont une pérennité. Le logement collectif, oui, mais on a aussi des objectifs d’occupation de notre territoire. On ne va pas amener toutes les personnes âgées en ville. Il faut du maintien à domicile dans les municipalités rurales, notamment. On pourrait aussi faire des logements collectifs ou coopératifs dans les villages. Tout ça se tient et en plus, avec la faculté de médecine et la formation d’infirmières à l’UQAR, on aura bientôt plus de gens disponibles sur le terrain pour offrir des services de santé. Je pense qu’il y a une belle mobilisation régionale en ce sens », conclut le député LeBel.

On peut prendre connaissance du rapport sur le Colloque en ouvrant le document ci-dessous.

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