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« L’élastique est tiré au maximum »

Cri du cœur des Auberges… du cœur!
L’Auberge du Coeur Le Transit. (Photo: site Internet Le Transit)

L’Auberge du cœur Le Transit de Rimouski et le Regroupement des Auberges du cœur du Québec sonnent l’alarme et rappellent ensemble au gouvernement qu’il y a urgence d’agir pour des milliers de jeunes, dont la situation est empirée par la pandémie.

Ce, « Alors que les problématiques vécues par les jeunes plus vulnérables se sont considérablement alourdies et complexifiées depuis le début de la pandémie. En prévision du dépôt du prochain budget provincial, nous demandons un rehaussement du financement des Auberges du cœur de 25 M$ afin de nous permettre de réaliser pleinement notre mission et d’accompagner adéquatement les jeunes fréquentant nos ressources en hébergement », indique un communiqué du Transit.

« Les Auberges du cœur, qui soutiennent les jeunes de 12 à 35 ans en situation d’itinérance ou vivant des difficultés, accueillent et soutiennent annuellement plus de 3500 jeunes, mais se voient contraintes d’en refuser tout autant, faute de places et de financement. Par ailleurs, dans les maisons d’hébergement jeunesse communautaires du Québec, les impacts du sous-financement et de la pénurie de main-d’œuvre sont alarmants : taux de roulement élevé, épuisement professionnel, congés de maladie, personnel insuffisant, etc. », ajoute-t-on.

Faute de personnel

Faute de personnel, plusieurs Auberges se voient contraintes de fermer des lits ou d’arrêter leurs activités. Dans la dernière année seulement, les Auberges du cœur ont été obligées de fermer une centaine de lits, pour une durée de trois jours à plus de six mois. « Il est clair que l’élastique est tiré à son maximum. »

« Le plus grand défi pour une ressource d’hébergement 24/7 présentement n’est pas d’accueillir et d’apporter son aide aux jeunes, ça c’est notre mission. Notre défi est d’arriver à attirer des travailleurs et surtout à les garder auprès de nous. Sans eux, il n’y a pas d’hébergement, car il est impossible de diminuer nos heures d’ouverture. Il nous faut un financement qui nous permettra de leur offrir une rémunération et des conditions de travail décentes », soutient Lynda Lepage, directrice générale de l’Auberge du cœur Le Transit, situé au 186 avenue Rouleau à Rimouski.

Impacts

« La crise sanitaire nous a frappés de plein fouet et, tous les jours, nous constatons les impacts auprès des jeunes en situation de précarité. Malheureusement, ce sont les jeunes plus vulnérables qui en font les frais et c’est toute notre société qui en souffre », souligne Paule Dalphond, directrice générale du Regroupement des Auberges du cœur du Québec. « Le manque de financement des ressources d’hébergement jeunesse communautaire a assez duré et nous devons agir collectivement pour freiner cette hémorragie. Parce que chaque jeune compte, on ne peut pas se permettre d’en perdre un seul.»

Des bénéfices importants

« Bien plus qu’un simple toit, les Auberges du cœur jouent un rôle essentiel dans la prévention et la création d’un riche filet social, et ce, depuis plus de 40 ans.Elles agissent auprès des jeunes mineurs et majeurs, parfois même avec leur famille, souvent en amont et en aval de la Protection de la jeunesse. Elles accueillent une population variée avec des problématiques diverses et complexes, notamment de la toxicomanie, la violence, la santé mentale, l’exploitation sexuelle, l’itinérance, etc. »

Témoignage

Un bénéficiaire du Transit témoigne:

« Bonjour, je suis un jeune vivant actuellement au Transit à Rimouski. Suite à l’expulsion de mon logement par mon ancien propriétaire, je suis rentré aux soins intensifs à l’hôpital de Rivière-du-Loup. J’avais d’énormes problèmes de consommation d’alcool et cela m’a causé des problèmes de santé ainsi qu’un sevrage intense. Voulant changer mes habitudes et étant incapable de me trouver un logement, mon travailleur social m’a dirigé vers le Transit. Grâce au soutien du personnel, j’ai pu me concentrer sur moi et sur mon développement. Je continue d’être sobre et depuis quelques semaines je fais des démarches. Par exemple, j’ai finalisé mon curriculum vitae, établi un budget, et je suis à la recherche d’un emploi. J’ai aussi un mode de vie beaucoup plus sain, une routine et je suis pro-actif depuis que je suis au Transit. Je travaille sur mon anxiété et je suis désormais prêt à retourner sur le marché du travail après deux ans. Je suis plus confiant et j’ai même appris à cuisiner. Les intervenantes ont une bonne écoute et c’est facile de se confier sans être jugé. Je me sens supporté dans mes démarches et je sens vraiment que j’avance sur mon développement personnel. »

Pour découvrir d’autres témoignages et en apprendre davantage sur le rôle essentiel des Auberges du cœur, on se rend sur la page Facebook du Regroupement des Auberges du cœur du Québec. #Touspourlesjeunes

L’Auberge du cœur Le Transit accueille des jeunes adultes femmes et hommes de 17 à 30 ans, vivant différentes problématiques, en situation d’itinérance ou à risque de le devenir. Nousaccompagnons les jeunesvers une reprise de pouvoir sur leur vie en leur donnant un encadrement au quotidien, un suivi psychosocial et budgétaire. Un suivi post hébergement est offert à la fin du séjour. www.aubegeducoeurletransit.net

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